‹ Contribution à l'étude comparative des Résultats immédiats et éloignés de la Cholécystostomie et de la Cholécystectomie dans la lithiasie biliaireChapitre 20 sur 104 · LA VÉSICULE-FRAISE · texte numérisé non relu

LA VÉSICULE-FRAISE

La vésicule-fraise (« strow-berry gall-blader » des auteurs anglais et américains) est caractérisée par l’aspect de sa muqueuse qu'on à comparée à une fraise recouverte de ses akènes, ou mieux à l’intérieur d’une figue ouverte (LECÈNE). Elle doit cet aspect à la présence, dans le chorion de sa muqueuse, de petits grains jaunâtres, habituellement peu nombreux, de la taille d’une tête d’épingle ou plus petits, et correspondant à des amas lipoïdiques. EX

Cet aspect anatomique n'’ést pas rare, puisque Mac Carry, un des premiers qui l'ait étudiée, en 1910, l’a rencontré dans 18 % des vésicules enlevées (sur 3.000 cas), et il coïncide dans la moitié des cas environ (GossET) avec la présence de calculs dans la vésicule. Cette lésion vésiculaire, de connaissance récente, est diverse-

ment interprétée.

1° Vésicule prélithiasique (Gosset, Lœwi et Magron)

Pour ces auteurs, la vésicule-fraise réalise une lithiase cholestérinique pure et aseptique et n’est que le premier stade de la lithiase biliaire.

L'hypercholestérinémie, quand elle existe, devient disproportionnée avec le pouvoir sécréteur qu'a la cholestérine, et entraîne la précipitation des lipoïdes dans le chorion de la muqueuse. Ces « graines de calculs » conservent parfois une trame réticulée organique, se pédi-

culisent et deviennent libres par rupture du pédicule ou

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déhiscence de leur enveloppe épithéliale. On retrouve d’ailleurs des granules idéntiqués dans la bile vésicu-

laire, où ils constituent un centre de cristallisation.

do Vésicule de stase (Policard)

Cette théorie s'oppose à la théorie précédente, d’insuffisance sécrétoire de la cholestérine. Pour Poricars, la vésicule n’a, en effet, pas de rôle sécréteur, et les dépôts lipoïdiques sont dus à un excès de résorption, par stase

vésiculaire.

8° Théorie infectieuse

La vésicule-fraise, pour Mac Carry et Mao, pour Lecène et MouLonGugT, est une vésicule infectée.

L'infection est habituellement légère, et peut être difficile à mettre en évidence. Elle est prouvée néanmoins par l’épaississement de la couche celluleuse sous-séreuse de la vésicule, et par la présence de cellules dégénérées en voie de transformation graisseuse dans les villosités (LEGÈNE)

Cés grains jaunes peuvent aussi $e rencontrer dans les infections d’autres organes que la vésicule, par ékernple dans les salpingites chroniques (LEGÈNE).

Nous avons donc, pour la vésicule-fraise, les mêrnes hypothèses : troubles humoraux, stâse ou infections que pour la cholécystite lithiasique, à laquelle certains la rattachent. Et nous retrouverons à la discussiori de son trditérnent chirurgical, les mêmes divérgences éntre la cholécystectomie (Gosser, Mavo, Lun), et la cholécystos. fomie,

Les différents systèmes pathogéniques que nous avons énumérés ne satisfont pas complètement l'esprit et sont passibles d’objections cliniques ou expérimentales. Il semble, en fait, qu'il y ait non pas une, mais des lithiases biliaires, et que la précipitation des calculs puisse se produire dans des conditions variables, mais habituellement complexes. En tous cas, la formation des calculs n’est pas un phénomène exclusivement vésiculaire, et ceci nous expliquera certains cas de récidives — assez rares, il est vrai — après cholécystectomie. Ce qui revient à dire que le traitement de la cholécystite calculeuse n'est pas exclusivement opératoire, mais demande une étroite collaboration médico-chirurgicale avant et

après l’opération.

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