TRAITEMENT MÉDICAL DE FOND
Le traitement chirurgical. a agi sur les calculs, il n’a pas eu d’action sur la lithiase. L’opéré reste un « dyshépatique » et est justiciable de surveillance postopératoire. C’est à l’absence de ce traitement ou de ce régime que sont dus nombre de ces « lendemains douloureux » de l'opération. |
Il faut faire comprendre au malade que le résultat définitif va dépendre maintenant de la façon dont il se traitera. Ce traitement, d’ailleurs, assez strict au début, pourra être relâché ou supprimé dans un nombre important de cas : un quart ou parfois un tiers des anciens
opérés.
a) Le régime
Le régime devra à la fois combattre la lithiase (c'està-dire le trouble humoral et l'infection), et les troubles dyspeptiques associés. |
On essaiera de faire baisser l’hypercholestérinémie par
la suppression des œufs (0 gr. 25 de cholestérine par
jaune, 20 grammes par kilo), des cervelles (20 grammes par kilo), du beurre (4 grammes), des abats (2 à 4 grainmes), du boudin et du civet.
On supprimera aussi les graisses qui sont manifestement nocives pour le lithiasique, el qui seraient également cholestérinogènes : fribures, viandes grasses, conserves à l’huile. La cuisine ne sera pas faite à la graisse, à l'huile ou au beurre cuit.
Le chocolat, à cause de sa teneur en corps gras, sera également défendu.
On défendra enfin les aliments qui, par leurs germes ou leurs toxines, peuvent léser la cellule hépatique | chareuterie, gibier faisandé, conserves, fromages faits.
Notre malade pourra prendre, par contre, des viandes maigres grillées ou rôties, des poissons maigres bouillis, du lait écrémé et des laitages, du beurre cru et en petite quantité, des pâtes, des pommes de terre et presque tous les légumes (sauf les petits pois et les choux de toute espèce), le beurre leur étant rajouté dans l'assiette ; des fromages blancs, des fruits crus, secs ou cuits, des blancs d'œufs, des gâteaux de riz ou de semoule.
Les boissons seront prises en petites quantités et à la lin des repas (CuiRA*x) : bière légère, cidre, extrait de malt, vin blanc ou rouge, tisanes chaudes surtout.
Pour lutter contre la stase, les repas seront nombreux ct pelits (GILBERT), par exemple cinq par jour. Mais le régime, s’il ne doit pas suivre la tendance restrictive de certains sujets, devra toujours rester parfaitement adapté
à leurs capacités digestives ou hépatiques.
D SR EP SOS Er FE.
b) Hygiène
Les sports, l’auto, les voyages prolongés n’ont plus les mêmes dangers qu'avant l'opération et seront repris progressivement. On pourra stimuler là nutrition générale par des exercices modérés et des frictions à l’alcool (mais épargnant l’hypochondre droit). Les ptosiques por-
teront une sangle de Glénard.
c) Traitement hydrominéral
1° EAUX BICARBONATÉES SODIQUES
a) Chaüdes. — C’est Vichy. Sés eaux ont üie action sédative sur les manifestations doulouretises, ét stimu: lante sur les fonctions hépato-biliaires. Elles font parallèlement baisser l’hypercholestérinémie (Biscexs et RouzauD) et l’urobilinurie, et augmenter le rapport azoturique (MAUBAN).
Vichy est la station thermale de choix de ces opérés ; on commencera par la source Hôpital (33°) et on continuera, si le traitement a été bien supporté, par la source Chomel (42°). La source Grande-Grille (41°,3) risque d'entraîner de violentes réactions.
Carlsbad (Karlovy-Vary, en Tchéco-Slovaquie) est une station alcaline chaude aussi (Sprudel, 73°,2), mais plus excitante et moins sédative.
b) Froides. — Les eaux de Vals (type Précieuse) con-
viendraient aux opérés diabétiques.
29 FAUX BICARBONATÉES CALCIQUES (ET SODIQUES) FROIDES
Celles de Pougues, aux opérés chez lesquels prédominent les troubles gastriques,
3° EAUX SULFATÉES CALCIQUES FROIDES
A des propriétés sédatives voisines, ces sources ajoutent une action diurétique. On leur enverra donc les opérés à tendance hypertensive, ou bilithiasiques.
Ces stations comprennent en France surtout Contrexeville (source du Pavillon), Martigny et Vittel (source
Hépar).
4° EAUX CHLORURÉES ET SULFATÉES SODIQUES
Ces eaux, représentées surtout par Brides, sont cholagogues, décongestionnantes, laxatives et diurétiques. Elles conviendront aux opérés obèses, pléthoriques, ou
à troubles colitiques subaigus.
5° EAUX CHLOROBICARBONATÉES
Châtelguyvon est indiqué toutes les fois que le facteur intestinal semble prédominer dans la lithiase biliaire.
Mais il ne faut pas perdre de vue que toutes ces stations n’ont que des indications secondaires. C’est Vichy, station active, supérieurement installée pour la cure hydrominérale comme pour les traitements associés (diathermie) qui devra toujours être conseillée d'abord aux cho-
lécystectomisés.
d) Traitement médicamenteux
Dans le traitement de ces opérés, le régime et la cure hydrominérale ont la part prépondérante. On devra être très sobre de médicaments à cause de la susceptibilité particulière de l'appareil digestif et du système hépato-
biliaire de ces opérés.
La médication litholytique (Scnane) est actuellement abandonnée.
Les antiseptiques biliaires sont surtout l’urotropine, à la dose de 2 ou 8 grammes par jour, et le salicylate de
soude, suivant la formulé de CHAUFFARD :
Salicylate de soude.............. 10 gr.
Benzoate de soude.............. 20 gr.
à diviser en 30 cachets ; 2 cachets par jour.
Les cholagogues agiraient soit en excitant la sécrétion hépatique, soit en fluidifiant la bile.
L'huile de Haarlem ne sera prescrite que longtemps après l’opération, et en l’absence de tout phénomène inflammatoire, à la dose de une ou deux capsules (de 0 gr. 20) par jour ; mais on risque une réaction un peu vive.
Le calomel sera donné à doses réfractées, par comprimés de 0 gr. 02 ou 0 gr. 05.
On pourrait employer encore l’atophan (BruGscH) et la glycérine. Enfin, le combretum et le boldo agiraient en fluidifiant la bile.
Les produits opothérapiques ont une action souvent énergique : on emploiïera des cachets de poudre de foie (cachets de 0 gr. 10), si on a constaté des signes légers d'insuffisance hépatiques, ou, à l’intervention, un foie un peu anormal. Les extraits de bile de bœuf (en pilules glutinisées de 0 gr. 05) et de sels biliaires, en général spécialisés, seront donnés très prudemment, et en cas de
constipation.
e) Drainage biliaire médicai
Pour Lxon et Cniray, il est indiqué après lintervention, pour « achever la restauration du tractus biliaire ».
Il sera obtenu, suivant les cas, par la méthode de Merrzer-Lyon (sulfate de magnésie) ou la méthode de Srepp (peptone). Il agirait surtout en eas de spasme du sphincter d’Oddi.