B) PARASITES SECONDAIRES
a) Parasites de l'A. glomeratus : Tetrastichus rapo Wal . Dibrachys boucheanus Ratz Dibrachys affinis Masi.
Catolaccus ater Ratz.
Homoporus luniger Nees, var. braconidis nov.
Pteromalus variabilis Ratz.
Psilocera obscura Walk. Habrocytus pæcilopus Crawf.
Schizonotus Pailloti n. sp.
Eurytoma appendigaster Dalm.
Monodontomerus dentipes Bob.
Hemiteles areator Grav.
Hemiteles fulvipes Gray.
Hemiteles submarginatus Bridgm.
Hemiteles micator Grav.
Pezomachus instabilis Fôrst.
Pezomachus nigritus Fôrst.
b) Parasites de VA. ebeninus : Tetrastichus rapo Walk. Pimpla alternans Grav.
c) Parasites secondaires Spilocryptus migrator F., var. des chrysalides : Spilocryptus Ferrieri n. sp.
d) Parasite des Tachinaires : Dibrachys affinis Masi. Pachyneuron sp. Ne ne Monodontomertis aereus Walk.
Nous avons fait connaître un parasite nouveau des œufs de la Piéride du Chou, le T. evanescens, espèce erratique, très répandue, dont l’action varie dans de larges limites dans l’espace et dans le temps.
Outre les deux parasites bien connus des chenilles, l'A. glomeratus et l'A. ebeninus, nous avons rencontré deux espèces nouvelles pour la France, A. rubripes et A. vulgaris, qui sont très voisins des premiers et ont dû être scuvent confondus avec eux; leur action dans la limitation des invasions de Piéride fut pratiquement nulle pendant la durée de nos observations,
Dans la nature, l'A. glomeratus, parasite électif de la Piéride, pond surtout dans les chenilles au premier àge. Il est remarquablement bien adapté à son hôte et il subit une attraction particulièré de la part des
Crucifères cultivées. Son action destructive de la Piéride est parfois intense. Par contre, l’À. ebeninus n’a semblé jouer qu’un faible rôle dans la destruction de la Piéride dans la région lyonnaise ces quatre dernières années; mais sous des climats plus méridionaux, il devient un auxiliaire précieux, à cause de son cycle évolutif bref qui lui permet de profiter du chevauchement des générations de la Péride.
Seul parmi les parasites des chrysalides, P. puparum est intéressant; il est un des éléments essentiels du complexe, par son adaptation parfaite à la Piéride et son affinité particulière pour cette espèce. C. femorata est un parasite occasionnel; P. instigator, bien que souvent associé à la Piéride, a une action irrégulière, pratiquement nulle.
La recherche des parasites secondaires nous a permis de dresser une : liste fort longue des ennemis de l’A. glomeratus dans la région lyonnaise : le groupement des amas de cocons, par suite des conditions topographiques régionales, favorise au plus haut point l’exploitation de ce Braconide par de nombreux. parasites. Seuls T. rapo, parasite électif, H. fulvipes et D. boucheanus, parasites normaux, ont un rôle actif. Tous les autres sont négligeables, soit qu’il s’agisse de parasites occasionnels, se substituant les uns aux autres en nombre et en qualité suivant les circonstances locales. soit qu’il s'agisse d’espèces obligées de disperser leurs pontes au hasard des rencontres. Cette étude nous a fait connaître des parasites nouveaux de l'A. glomeratus, le C. ater, l'E. appendigaster, le PL. variabilis, le P. obscura, V'H. pæœcilopus, te M. dentipes, l’'H. submarginatus, l'H. micator, le P. nigritus. Nous avons décrit une variété, l’H. luniger, var. braconidis, et une espèce, le $. Pailloti, comme nouvelles. Nous avons donné une nouvelle descripticn du P. variabilis et de l’'H. pœcilopus, espèces difficiles à différencier, qui ont dû être souvent confondues.
L’A. ebeninus, peu abondant et dipersé, ne nous a donné que deux parasites secondaires. Nous avons signalé deux ennemis nouveaux des parasites des chrysalides, le S. migrator et le S. Ferrieri; nous avons décrit-ce dernier comme espèce nouvelle.
Nous croyons avoir rencontré la presque totalité des espèces qui ont attaqué aux divers degrés la Piéride du Chou dans la région lyonnaise de 1922 à 1925. Nous ne doutons pas que de nouvelles recherches n’allongent la liste que nous en avons donnée. Nous sommes convaincu néanmoins que les espèces constituantes du complexe, dont le nombre est très restreint, sont maintenant bien connues.
L'étude d’aussi nombreux Hyménoptères parasites nous à permis de mettre en évidence certains faits généraux sur leur biologie :
a) Le parasitisme externe est le cas le plus fréquent sur les hôtes vivant abrités sous un couvert quelconque. Le parasitisme interne est la règle générale sur ceux vivant à l’air libre.
b) Les femelles des espèces sclitaires ne déposent toujours qu’un seul œuf à chaque ponte. Dans la très grande majorité des cas, les femelles de tous les Hyménoptères parasites ne reconnaissent pas les hôtes déjà parasités,
c) La taille des adultes dépend de la quantité de nourriture dont a disposé chaque larve; les espèces ies plus polyphages sont celles dont la taille varie dans les plus grandes proportions.
d) La nutrition des adultes revête les modaltiés les plus variées, tandis que la ponte présente une très grande homogënéité : la tarière doit donc été considérée comme un organe servant à la ponte et utilisé quelquefois pour Ja nutrition. L'usage d’un tube de succion est un phénomène fréquent : nous l’avons étudié chez le D. boucheanus, VE. appendigaster, l'H. luniger, var. braconidis, le P. variabilis, V'H. pæcilopus et le S. Palloti, La construction du tube est obtenue par des procédés variables avec les espèces. Ce n’est pas le seul mode de nutrition possible aux dépens de larves enfermées dans une loge close : l’H. areator et le P. instabilis, arrrivent, par une manœuvre spéciale, aidés de leur tarière, à faire sourdre le sang de la larve d’Apanteles hors de son cocon.
e) Empêchées de pondre pendant assez longtemps, les femelles peuvent réagir à des sensations qui normalement n’auraient pas déclanché les deux réflexes de la ponte : cette hypersensibilité permet d’expliquer des actes qu’on a nommés erreurs de l'instinct.
f) Les parasites d’un hôte donné se divisent en parasites normaux
et en parasites 6ccasionels. Dans leurs rapports avec leur divers hôtes, on distingue des parasites électifs, marquant une préférence pour unê espèces, et des parasites erratiques, ne témoignant aucune affinité spéciale pour l’un quelconque de leurs hôtes.
g) D’une facon générale, dans la nature, la durée du cycle évolutif diminue à mesure que la températur s’élève : seul l'E. appendigaster, dans nos élevages, a fait exception à cette règle. L’hibernation correspond, soit à un ralentissement des phénomènes vitaux sous l’action directe du frcid, soit à une période d’épuration physiologique.
Sauf peut-être les Maladies du noyau, encore peu étudiées, ce sont les Hyÿménoptères parasites qui jouent le principal rôle dans la limitation du taux de pullulation de la Piéride du Chou. L’A. glomeratus, le P. puparum, le T. rapo sont, en quelque sorte, les pivots du système. Leur influence est prépondérante; dans des recherches poursuivies sur un assez vaste territoire, elle voile les. actions beaucoup plus limitées des autres éléments du complexe,
Le rôle des parasites occasicnnels se réduit presque à rien : c’est une force capricicuse, qui ne devient effective que tout à fait exceptionnelle. ment et pour peu de temps. Les parasites normaux, autres que les espèces électives, ont une action plus soutenue, mais faible dans l’ensemble ils créent assez souvent des foyers où leur parasitisme est important, surtout pendant les périodes de multiplication excessive de l’hôte.
Jusqu’à ce jour, l’étude des associations de parasites d’un même insecte, nommées « séquences » par les auteurs américains, a été poursuivie pour lutter contre des Insectes phytophages accidentellement importés : on a introduit sur les nouveaux foyers les parasites jouant un rôle jugé suffisamment actif dans la région où on les avait isolés. Cette méthode
peut entraîner des échecs coûteux. L'étude minutieuse des complexes biologiques doit permettre de réduire ces risques au minfmum en mettant en évidence les éléments essentiels, qu’il est le plus rationnel d'utiliser tout d’abord. L’Insecte importé trouvera toujours des parasites indigènes qui remplaceront ses parasites occasionnels et même certains parasites normaux du pays d’origine.
L'étude des complexes biologiques formés par les grands ravageurs de l'Agriculture et leurs ennemis naturels mériterait d’être faite ou complétée. Elle montrerait les lacunes des faunes de certaines régions, et permettrait, par des importations heureuses, de stabiliser le taux de pullulation de beaucoup d’espèces ou tout au moins de réduire les amplitudes de leurs oscillations.
Station Entomologique du Sud-Est, Institut des Recherches agronomiques.
| Avril 1926.
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