Presse médicale, 12 février
= —42— Le 10 mars 1896, Pinard (1) présentait à l'Acadé-
mie de médecine au nom de MM. Varnier, Chappuis, Chauvel et Funck-Brentano, une note relatant les résultats obtenus en radiographiant un utérus gravide de trois mois et demi, conservé dans l'alcool depuis quinze mois environ; on voyait sur le cliché la silhouette du fœtus « plus nettement qu'il n'apparait à l'oeil nu à travers sa seule enveloppe chorioamniotique, lorsqu'il a été expulsé de l'utérus dans un avortement en un temps »
Le 24 mars 1896, l'inard, au пот des mémes
auteurs, présentait à l'Académie la radiographie d'un utérus gravide de 24 centimètres de haut et 14 cm. d'épaisseur ; le squelette foetal était visible avec une grande netteté.
. Au mois d'avril 1896, dans une note publiée en ‚ collaboration avec Chappuis, Professeur de physique ‘au Collège de France, Varnier (2) écrivait : « des expériences dont nous avons montré les premiers résultats aux Professeurs Fochier, Hergott, ес prouvent ; 1? que Гоп peut obtenir dès maintenant à l'aide des rayons X, la silhouette détaillée du bassin et de la colonne vertébrale à travers les parties molles contenues et contenantes.
« 2° Que Гоп peut, de cette facon, faire le dia- | gnostic de la symétrie ou de l'asymétrie pelvienne.
« Ces expériences préliminaires de pelvimétrie par les rayons X ont été faites sur le cadavre d'une
/ 1. Annales de Gynécologie et d'Obstétrique, 1896. 2. Annales de Gynécologie et d'Obstétrique, 1896.
is
femme morte d'obstruction intestinale neuf jours ,
aprés l'accouchement ».
C'était là le premier essai de pelvigraphie par les rayons X; il avait nécessité trois heures de pause.
Les résultats sont donc déjà encourageants ; cependant sur la femme vivante enceinte, insuccés complet, malgré des pauses de une heure et demie. Oudin, Barthélemy, Varnier sont arrêtés ; aussi, au commencement de 1897, Levy-Dorn pouvait-il écrire: « l'obstétrique n'a encore tiré aucun profit des rayons X ; il ne semble pas qu'il ait été fait de tentatives de mensuration de bassin rétréci ; l'utérus n'a pas été radiographié sur la femme vivante ; on n'a pu obtenir quelque chose que sur de petits animaux, ou sur des utérus extirpés ».
En 1897, Varnier (1) faisait part de son premier succès de radiographie sur la femme vivante; les conclusions étaient: « les essais de radiographie faits sur la femme grosse, au cours de la deuxième moitié de la grossesse, ne nous ont donné que des épreuves. inutilisables au: point de vue qui nous occupe ; l'épaisseur à traverser est trop considérable pour les sources de rayons dont nous disposons actuellement. j ;
ç C'est sur la femme non gravide, ou grosse de moins de six mois, que nous avons pu faire de la
pelvigraphie; les clichés que nous avons apportés montrent que Гоп peut, dès à présent, obtenir dans
1. Varnier, XIIe Congrès de Moscou (séance du 21 août 1897). *
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tous les cas, une silhouette nette et détaillée du bassin et de ses connexions fémorales et vertébrales, silhouette permettant d'en prendre une idée d'ensemble aussi précise que si l'on regardait directement le squelette à quelques mètres. Vous voyez par là, qu'il est possible de diagnostiquer d'une facon précise, dans les cas qui laissent des doutes: au clinicien le plus expérimenté, la symétrie ou l'asymétrie pelvienne, le siege et le degré de l'asymétrie, la présence ou l'absence d'atrophie sacrée et d'ankylose sacro-iliaque. »
Cette importante communication présentait un autre intérét : Varnier en profitait pour exposer le premier essai de pelvimétrie radiographique (pelvimétrie par comparaison).
En juillet 1898, Bouchacourt, dans sa thése inaugurale, présenta une étude compléte sur la radiolo-
gie. Toute une partie de cette étude est consacrée à
lendodioscopie à lumière interne. Bouchacourt
s'inspirant des idées de Destot, fit construire le premier des tubes de Crooks, pouvant être introduits dans ies cavités naturelles du corps, en particulier dans le vagin, et permettant d'explorer aisément la ceinture pelvienne, notamment le sacrum et la symphyse pubienne. `
Le 31 mars 1899, Varnier (1) apporte à la Société d'Obstétrique, de Gynécologie et de Pédiatrie, de nouvelles conclusions: « nous pouvonsactuellement