OBSERVATION V
(Due à l’obligeance de M. le D' Weill.)
Marie Francine C.., âgée de seize ans, dévideuse, a perdu sa mère et son père qui sont morts tous deux, l’un à trente ans, l’autre à vingt-neuf ans, de tuberculose pulmonaire. Elle a deux sœurs bien portantes,
Elle a eu des adénites cervicales chroniques dans son enfance. De douze à quatorze ans douleurs dans les genoux et les chevilles.
Elle n’a jamais eu de crises nerveuses ni de paralysies ; mais depuis trois mois elle a une intolérance gastrique absolue, Presque aussitôt après l'ingestion des aliments, elle vomit tout ce qu’elle a pris. Le vomissement est précédé d’un certain degré de douleur épigastrique modéré, Les aliments épicés ne semblent pas augmenter la douleur, qui ne varie pas non plus par les changements de position.
Pas d’hématémèse; la malade dit pourtant avoir rendu deux gorgées de sang une fois.
Il y a environ trois mois, la malade a été trouvée le soir dans une église à l’heure de la fermeture des portes. Elle y aurait passé toute sa journée sans pouvoir dire dans quel but elle y était restée, Elle prétend n'avoir que de vagues souvenirs sur cette journée. Elle souffrait, dit-elle, d’un violent mal de tête; il lui semblait qu’elle avait le feu dans sa tête, suivant son expression.
C’est pour un rhumatisme articulaire qu'elle entre le 31 mai 1892 à la salle Sainte-Marthe. On lui donne le traitement du rhumatisme, Contre ses vomissements on lui ordonne la potion de Rivière. Au bout de deux jours ils disparaissent définitivement.
Comment faut-il interpréter le délire dont fut atteinte la malade pendant un jour entier ? A-t on afffaire à une absence épileptique ? Nous ne saurions le dire, bien que nous sovons tenté à le mettre sur le compte de l’épilepsie, les renseignements fournis par elle n’étant pas suffisants,
OBs&rvATION VI
(Due à l'obligeance de M. le D' Weill.)
Jeanne-Marie K..., âgée de vingtans, entre à l'hôpital le 18 novembre 1892.
Son père est mort à quatre-vingt-six ans.
Sa mère est bien portante, elle est très nerveuse. Une tante prenait fréquemment avant son mariage des crises de nerfs qui depuis ont cessé.
Deux de ses frères et une sœur sont morts en bas âge d’affections indéterminées.
Elle a actuellement un frère qui est en bonne santé mais fortement névropathe.
Dans les antécédents personnels on ne relève jusqu’à cette époque aucune affection ayant nécessité l’alitement.
Depuis trois ans, la malade d’un tempérament assez calme jusqu’alors est deveuue très impressionnable, elle rit et pleure pour un rien, et éprouve à la moindre contrariété un sentiment pénible de constriction à la gorge.
La malade n’a jamais eu de crises convulsives.
. Le début de ses manifestations névropathiques a coïncidé avec sa sortie de pension et le moment où elle a commencé à exercer le métier de tailleuse. ;
Le début des phénomènes pour lesquels la malade entre à l’h6pital remonte à dix mois.
Un matin, sans aucune cause apparente, elle ressentit des douleurs assez vives et rejeta immédiatement le déjeuner qu’elle prit dans l'espoir de soulager ses souffrances,
Les premières crises survinrent au commencement d’une période menstruelle et diminuèrent d'intensité sans toutefois cesser à la fin de cette période, D'ailleurs depuis lors la malade a remarqué qu’elle souffrait toujours davantage au moment de ses règles.
. Les crises gastralgiques surviennent le plus habituellement de suite après l’ingestion des aliments et durent autant que leur