D GRO
Pour la teinture en indigosol, les échevettes furent passées dans un bain de foulardage ayant la composition suivanté (9)
5 gr indigosol O4B
L'gr :CONa*
50 gr de nitrite de soude à 20 %
Eau : quantité suffisante pour faire 1 litre.
Le bain de développement contient 20 em de SO#H°? à 66 Bé par litre; sa température est de 700.
Dans ce cas, c’est la soie mixte qui se tient le plus.
Colorants à la glace
Dans ces essais, le bain de foulardage a la composition suivante :
15 gr de Naphtol ASTR (naphtol dérivé de la 5 chloro
2 toluidine)
30 gr de sulforicinate de soude,
30 gr NaOH à 34° Bé,
Eau : quantité nécessaire pour faire un litre.
Le bain de développement contient le diazo de 12 gr de Base de Rouge Solide T R (5 chloro 2 toluidine) par litre.
La soie mixte absorbe comparativement plus de naphtol.
Colorants au soufre
Des échevettes de soie mixte et de soie viscose de 1 gr chaque sont plongées, à 90°, pendant 1 heure, dans des bains ayant les compositions suivantes :
Bain n° 1 Bain n° 2 0,05 gr 0,2 gr de Noir Immédiat V O1 gr 0,4 gr de COSNa?
O8 gr 3,20er de NaOH à 5 O4 gr 1,60 gr de Na°$ 50 cm° 50 cm* d’eau
Dans les deux cas c’est la soie mixte qui se teint le plus. Les colorants acides ne teignent pas la soie mixte
Les résultats peuvent être réunis dans le tableau synoptique suivant :
Résultat tinctorial comparé sur :
Colorants Soie viscose Soie mixte
Colorants substantifs
(rouge congo 0,5 % ou
3 %) se teint le plus Colorants basiques
(héliotrope au tanin) avec
mordançage se teignent également (héliotrope au tanin 1 % ou 3 %) sans mordançage| se teint le plus Colorants à cuves (indigo 3 %) se teint le plus (indigo 30 %) se teint le plus Indigosol — (indigosol O‘B) se teint le plus Colorants à la glace ....... se teint le plus Colorants au soufre ....... se teint le plus
Les essais standard (4) de solidité à l’eau, au savonnage, à la lumière des teintures obtenues avec colorants substantifs et basiques nous ont appris que l’amidon contenu dans la soie mixte n’influençait pas cette solidité.
En milieu alcalin, la soie mixte se teint mieux que la soie viscose.
CÉEAPTPEREETV
Comportement de la soie mixte en présence de solutions dégradantes
Avant teinture, la soie viscose est industriellement déparementée. Le déparementage a pour but d'éliminer l’amidon fixé sur la fibre pour faciliter le tissage; il s'opère soit par dégradation lente de l’amidon en sucre par un acide, soit par dégradation rapide par des extraits de malt, de la Rapidase, de l’Amidonit ou tout autre produit semblable.
Pratiquement, le déparementage s'opère, par exemple, en traitant la fibre, pendant 5 heures environ, par SO*H? à 2° Baumé.
Une solution de Rapidase à 5 gr au litre déparemente un tissu en 30 secondes environ, à 90°, en transformant l’amidon en sucre.
L'Amidonit transforme l’amidon en amidon soluble par traitement de 1 à 2 minutes à 1002.
“T1 était intéressant de rechercher comment se comporterait l’amidon de la soie mixte lors du déparementage. À cet effet, nous avons examiné les pertes de poids subies par les soies mixte et viscose dont les caractéristiques ont été données dans le chapitre précédent, par traitement, à 100°, pendant 1 heure, dans 250 parties d’eau, de SO*H? à 1 %, de
NaOH à 1 %; par traitement de 10 minutes, à 100°, dans 250 parties d’Amidonit à 2 gr au litre; par traitement à 90°, pendant 10 minutes, dans 250 parties d’une solution de Rapidase contenant 5 gr de Rapidase et 0,2 gr de COSNa? au litre.
Les essais ont donné les résultats suivants :
Pertes % subies par les :
Nature du traitement Soie viscose | Soie mixte
SO'H?, 1 , 100°, 1 heure
NaOH, 1 %, 100°, 1 heure
Amidonit, 2 gr au litre, 100°, dix minutes
Rapidase, 5 gr au litre, 90°, dix minutes
L'essai à l’eau est comparable à ce qui se passe lors de la teinture. Les pertes à l’acide et à la soude sont importantes pour la soie mixte, mais, lors de la teinture, on n’a jamais de solutions aussi concentrées; les conditions envisagées sont limites. L'essai à l’Amidonit a donné une perte de 25 % de l’amidon de la soie mixte mais il est vrai que le traitement a duré dix fois plus longtemps qu'industriellement ; de plus, si cette soie mixte avait été enrobée, comme dans les conditions ordinaires de tissage, l’amidon de cet enrobage aurait été le premier attaqué et il est probable qu'il aurait joué un rôle de protection pendant au moins une période du traitement, qui est d’ailleurs de courte durée en usine.
Les pertes à la Rapidase sont minimes surtout si l’on observe que le traitement a duré 10 minutes, au lieu de 30 secondes ordinairement, et que la soie mixte étudiée était non enrobée et très riche en amidon (50 %).
Le déparementage d’une soie mixte peut donc être effectué sans pertes très appréciables surtout par emploi de Rapidase.
Qu'il nous soit permis, ici, de remercier M. Zwilling, assistant au Laboratoire de Chimie tinctoriale de la Faculté des Sciences de Nancy, pour l’aide qu’il nous a apportée dans ces deux derniers chapitres.
Conciusion
Dans l’état actuel de nos connaissances, il nous est permis de dire que :
La viscose d’amidon en mélange avec la viscose de cellulose peut servir à la préparation des textiles chimiques et matières plastiques artificiels.
Une viscose mixte d'amidon et de cellulose avec une forte proportion d’amidon est surtout avantageusement indiquée pour la fabrication de la laine, du crin, de la paille, des pellicules et rubans artificiels.
Une viscose mixte de 80 parties en poids de cellulose pour 20 parties d’amidon peut déjà être employée présentement à la préparation de la soie artificielle. Cet emploi ne donnerait que des avantages et ne demanderait aucun matériel spécial ; il est à la portée de toute usine travaillant par le procédé « VISCOSE ».
Notre méthode peut baisser d’une façon très sensible le prix de revient des produits synthétiques à base de viscose de cellulose.
En effet, suivant des calculs précis, que nous ne pouvons citer ici, la viscose de cellulose revient au minimum à 630 fr. la tonne (matières premières, main-d'œuvre, force, etc..), elle permet pratiquement de régénérer 80 kilogrammes de soie artificielle, ce qui porte le prix de revient du kilogramme à 7 fr. 875. Comparativement, une viscose d’amidon d’une tonne revient à 400 fr., au maximum, et elle permet de régénérer 80 kilogrammes de soie.
Dans le tableau suivant nous avons groupé les prix de revient et les bénéfices réalisables au kilogramme par utilisation de viscose mixte.
% d'amidon Prix de revient Bénéfice dans au kilogramme au kilogramme la soie mixte en francs en francs 10 7,5875 0,2875 15 7,443 0,432 20 7,30 0,575 25 Z:150 0,719 re 7.0125 08625
Une fabrique de crin et de laine artificiels, par exemple, pouvant travailler avec 50 % d’'amidon au moins, réaliserait un bénéfice minimum de 1 fr. 4375 au kilogramme.
Ces prix sont calculés avec de l’amidon sec, à 2 fr. 50 le kilogramme, mais il existe des amidons coloniaux à moitié prix et français.
SECONDE THÈSE. — Proposition donnée par la Faculté : Nécessité, organisation et fonctionnement de Laoratoires de Recherches et d'Éssais, annexés aux usines fabriquant les textiles chimiques par le procédé « viscose ».
Vu :
Nancy, le 29 Mai 1934.
D Vu et permis d'imprimer
l’Assesseur, ee :
Signé : E. GAIN. Nancy, le 30 Mai 1934.
Le Recteur de l’Académie :
BRUNTZ, Président du Conseil de l'Université.