COLORATION NATURELLE
Examiné dans une goutte de bouillon ou de liquide physiologique, le Bacille est incolore; cependant DanGEarD (1909), dans ses belles études sur les Bactériacées vertes, range B. chlororaphis parmi celles-ci. Dans un intéressant travail, cet auteur rappelle qu'il à décrit, en 1890, un organisme filamenteux sous le nom d’'Eubacillus multisporus; il montre ensuite comment on peut réunir, dans ce groupe des Æubacillus, cinq autres espèces décrites par L. Kzein et il ajoute : nous connaissons encore deux Bactéries vertes : l’une est le Bacillus chlorinus ENGEL- MANN (1882); la seconde est le Bacillus chlororaphis GuiGNaARD et SAUVAGEAU.
Nous n’avons pas à nous occuper ici de Bacillus chlorinus,
mais, en ee qui concerne B. chlororaphis, je rappellerai que Guienarp et SauvaGEau l'ont considéré comme « complètement incolore par lui-même ». Les observations de ces savants ont été confirmées depuis par les quelques auteurs qui ont eu l'occasion d'observer B. chlororaphis et le type que j'ai étudié m'a conduit aux mêmes conclusions.
Que dans certaines conditions de cultures anormales (présence de NH.) les cellules paraissent légèrement colorées en bleu pâle, le fait est possible, mais jamais on n’observe, dans quelque culture que ce soit, une coloration verte des bacilles, si faible soit-elle.
Pour donner plus de garantie à mon assertion, J'ai montré diverses préparations non fixées et non colorées de B. chlororaphis à plusieurs micrographes éminents et aucun d'eux n’a pu découvrir de cellules bactériennes teintées en vert.
J'ajouterai que, pour éviter toute équivoque, je me suis rigoureusement astreint à ne pas employer le mot pigment (1) dans l'étude de la xanthoraphine, de la chlororaphine et de l’oxychlororaphine. On ne saurait d’ailleurs rapprocher la chlororaphine des chlorophylles: ces substances n’ont de commun qu'une coloration voisine; B. chlororaphis ne peut donc être rattaché au groupe des microorganismes verts décrits par ENGELMANN (188?) (Bacterium chlorinum), par Van TiEeGHEM (1880) (Bacterium votride, Bacillus virens), par DANGEARD (1891 et 1909) (Eubacillus multisporus, Bacillus virescens).
Au contraire, par ses caractères morphologiques et de culture, ses propriétés bio-chimiques et son pouvoir pathogène, il doit être considéré comme un bacille fluorescent. Enfin, par sa fonction chromogène, il peut être rapproché de B. pyocyaneus: c'est ce que je démontrerai dans un prochain travail.
(4) À propos du choix des qualificatifs applicables aux substances colorées observées dans les cultures microbiennes, je ferai remarquer qu’en bactériologie on abuse du terme de matière colorante en l’appliquant fréquemment aussi bien aux chromogènes qu'aux véritables colorants, c’est-àdire aux corps possédant, outre leur couleur propre, la propriété de teindre (Voir ON. Wrrr: Berichte d. deutsch. Chem. Geselsch. 1876).