INTRODUCTION
L'idée du présent travail nous a été suggérée par M. Démelin, chef de clinique de la Faculté, à lPoccasion d’une intervention dont nous fûmes témoin, intervention rapportée dans l'observation n. 3, nécessitée par des accidents gravido-cardiaques, et dont le résultat, eu égard aux difficultés liées à l’état du col, fait honneur à M. Démelin, ainsi que l’a dit M. le professeur Tarnier, dans la leçon clinique qu'ila faite en mars 1894, au sujet de cette observation.
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Il arrive parfois, en clinique obstêtricale, de se trouver en présence de quelques cas graves, où la conservation de la vie de la mère et de l’enfant est uniquement sous la dépendance de la rapidité plus ou moins grande avec laquelle on provoque l’accouchement. C’est ce qui se produit, par exemple, dans les cas d’éclampsie : une femme enceinte, arrivée au sixième, septième ou huitième mois de sa grossesse, devient albuminurique, sans s’en douter, à peine a-t-elle quelques maux de tête, quelques brouillards devant les yeux, mais ces symptômes du début sont si peu manifestes qu’elle ne s’en préoccupe nullement. Bientôt cépendant des œdèmes ne tardent pas à faire leur apparition à la figure, sur les organes génitaux externes, aux extrémités inférieures ; tout peut se borner à cela, surtout si la femme vient consulter et est soumise à un ré ime :ppiopri Mel:eureusement il n’en est pas to11jours ain’, et on voït parfois survenir très brusquement ces accès convulsifs si intenses, si graves, à la suite desquels la femme peut succomber.
L’accoucheur est appelè, et trouve la femme en proie à une forte dyspnée, avec un pouls irrégulier, fréquent, fiifrrme. Les accès se précipitant, le praticien essaie tous les moyens thérapeutiques que lui suggère son expérience, et ne tarde pas à s’apercevoir que ses efforts médicaux sont impuissants et que la situation de la mère s’'agorave aussi bier que celle du fœtus. La femme va succomber. Une indication formelle s’impose, c’est de vider le plus r'apidement possible la cavité utérine. A quel procèdè allons-
nous avoir recours ? La grossesse n’est pas à terme ; le col
a presque toute sa longueur, où bien encore il s’agit d’une
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primipare. C’est alors qu’il faut faire un choix parmi les moyens proposés pour provoquer l’accouchement.
Ce qui se présente dans les cas d’albuminurie, d’éclampsie, peut aussi arriver chez des fémmes enceintes atteintes de cardiopathies, lorsque s’aggravent les symptômes cardiaques; chez des femines atteintes d’affections de lPappareil respiratoire, de maladies infectieuses, lorsque les phénoménes généraux prennent rapidement une grande intensité, dans les cas de placenta prœvia, etc.
Du côté du fœtus, les causes qui déterminent son état de souffrance caractérisé par Pissue du liquide amniotique teinté de méconium, et les: modifications des bruits du cœur persistant dans l’intervalle des contractions utérines, peuvent également décider laccoucheur à inter— venir.
Quelle conduite tenir dans ces diverses circonstances?
D’aucuns, partisans de l’accouchement forcé, opinent pour une action résolument militante ; d'autre: limitent l'intervention à un ou plusieurs des cas précités.
Il y a également divergence d'opinions sur les moyens à employer et sur ce qu’on doit en attendre.
Nous nous proposons dans la présente étude de rassembler les avis de: principaux auteurs qui se sont occupès de ce point de dyctocie ; nous le- rapporterons dans l’ordre chronologique au chapitre historique.
Dans un de ‘ième chapitre, nous nous occuperons des indications : ous y discuterons la valeur des raisons émi-
ses en faveur de l’exp?ctation ou de la mise e2 œuvre
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des moyens propres à provoquer ou à accélérer la dilatation du col utérin.
Dans un troisième chapitre, réservé au manuel opératoire, nous décrirons les instruments utilisés, dans Paccouchement provoqué accéléré, et, après en avoir donné le mode d'emploi, nous dèéterminerons leurs indications, en nous basant sur leur mode d'action, leurs inconvénients et les conditions dans lesquelles on a à intervenir.
En dernier lieu nous chercherons à établir quels sont les résultats que nous sommes en droit d'attendre des moyens préconisès et nous en tirerons les conclusions qui nous paraissent répondre le mieux aux données du problème que nous avons pose.
Arrivé aux termes de nos études, nous nous sentons l’impérieux devoir d’adresser à nos maitres dans les hôpitaux : MM. Lannelongue, Reclus, Jalaguier, Brun, Nélaton, Léon Labbé, Terrier, Michaux, Duguet, l'expression de notre gratitude pour leur bienveillance et les conseils qu’ils nous ont prodiguës pendant notre passage dans les hôpitaux.
Nous avons été également l’éléve de Dujardin-Beaumetz à la mémoire duquel nous adressons un respectueux souvenir.
Nous devons exprimer particulièrement notre reconnaissance à MM. les professeurs Tarnier et Pinard qui ont fait notre éducation obstétricale pendant ces deux dernières années et nous ont appris à connaître et à aimer cette partie importante de notre art.
Nos respectueux hommages, avec nos sincères remerciements, à Mme Henry, sage-femme en chef de la