‹ Contribution à l'étude de l'action de la thyroxine et des substances antagonistes dans la métamorphose expérimentale des batraciens anouresChapitre 21 sur 42 · II. LA DIIODOTYROSINE · texte numérisé non relu

II. LA DIIODOTYROSINE

Définition. — La 3,5 d-l-diiodotyrosine est un des deux produits de la dissociation hydrolytique de la substance thyroïdienne. D’après HARING- Ton et RANDALL, elle constituerait la partie soluble dans les acides, alors que la thyroxine en représenterait la partie soluble dans les alcalis. Ces deux auteurs, en partant de 250 grammes de thyroïde sèche, ont retiré 300 milligrammes de thyroxine et 225 milligrammes de diiodotyrosine, avec une perte de 73 % d’iode au cours des manipulations, perte due à la lahilité de la diiodol yrosine el de la thyroxine,

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Ces deux substances seraient contenues dans la thyréoglobuline qui, d’après OswaLp, serait la véritable hormone, car seule cette substance a une action sur le système neurovégétatif du chien, pouvoir que ne possèdent ni la diiodotyrosine, ni la thyroxine.

Pour OswaLD, BARGER, HARINGToN, la diiodotyrosine, très labile, se transformerait en thyroxine.

Historique. — C’est ABELIN, en 1921, qui a constaté, le premier, que la diiodotyrosine avait, comme la thyroxine, une action sur la métamorphose des Batraciens et, en 1922, ABDERHALDEN et SCHIFFMANN précisaient que c'étaient la 3, 5, d-1 diiodotyrosine qui agissait sur la métamorphose de têtards de grenouille à peu près comme la substance thyroïdienne elle-même et les produits de sa dissociation hydrolytique et non la 2,5 d-1 diiodotyrosine dont l'effet était beaucoup plus tardif. Cinq ans plus tard, ABDERHAL- DEN et HARTMANN constataient que l’action de la diiodotyrosine était plus faible que celle de la thyroxine avec le même matériel. Cette opinion a été confirmée depuis par CANIZANELLI et RAPPORT, puis par SIMONNET qui affirme que, dans le cas de la métamorphose des têtards, les doses de diiodotyrosine devaient être 100 fois plus élevées que les doses de thyroxine pour produire les mêmes effets. Enfin, d’après JENSEN, la diiodotyrosine n’aurait aucune influence sur la métamorphose de l’Axolotl.

Les travaux d’ABELIN, d'ABDERHALDEN et de son école suscitèrent de nombreuses recherches surtout quand on songea à utiliser la diiodotyrosine comme agent thérapeutique dans le traitement des hyperthyréoses, recherches dont voici les principales : :

Tout d’abord celles d’ABELIN lui-même, qu’il reprit en 1931 et d’où il conclut à l’utilité de la diiodotyrosine dans la thérapeutique des hyperthyréoses. En 1936 il obtint en ne poussant pas à fond l’hydrolyse des tissus du corps thyroïde, en même temps que de la thyroxine, une autre substance iodée sous une forme peptonée, capable d'amener le rétablissement d’un animal hyperthyroïdisé. Dans plusieurs séries d'expériences faites avec des rats mâles, il obtint des rémissions nettes dans la plupart des cas, en administrant, aprèshyperthyroïdisation préalable, cette substance qu’il prénomme: diodotyrosine thyréopeptonée. De plus, il constate, fait important, que l’iode inorganique, sous forme d’une solution de Lugol, non seulement n’amène aucune amélioration dans l’état des animaux, mais l’aggrave car elle causa la mort de l’un d’eux. Cet auteur donne peu de précisions sur la nature exacte de cette nouvelle substance, elle contiendrait (par suite de l’hydrolyse imparfaite) plus de diiodotyrosine que de thyroxine, ou encore de la diodotyrosine contenue dans une thyréoglobuline imparfaitement dissociée.

ELMER ne trouve aucune différence entre l’action de la diiodotyrosine et celle de l’iodure de potassium sur les corps thyroïdes de cobayes ayant reçu des injections de thyréostimuline, Fo$rer confirme et KoMMEREL nie toute action antagoniste de la diiodotyrosine vis-à-vis de la thÿroxine, mais comme

cet auteur avait administré la diiodotyrosine « per os » et la thyroxine en «injettions » (méthode qui, d’après TERROINE et BoNNET, faitrendre à cette substance son maximum d'effet), cette erreur me dispense de tenir compte de ses conclusions.

DELcourt-BERNARD cherche à montrer que l’iode inorganique (IK) est un agent thérapeutique supérieur à la diiodotyrosine dans le traitement des hyperthyréoses. Il critique l’école allemande qui attribue à la diiodotyrosine une action supérieure à celle de l’iode inorganique et qui considère cette substance comme un agent actif et précieux entre tous et il se rapproche, bien qu’il s’en défende, de l’école américaine qui, tout en reconnaissant l’action sédative de la diiodotyrosine sur les hyperthyréoses, ne lui accorde qu'une valeur thérapeutique uniquement liée à liode qu’elle contient. Pour lui l’iode, sous forme de composé inorganique (Lugol), a une action supérieure à celle de la diiodotyrosine, composé organique iodé.

Cependant UHLENHUTH avait montré (1922) que, si une dose d’iodotyrosine correspondant à O0 mmg. 03 d’iode par litre (190 y) déterminait la mise en train de la métamorphose de l’Axolot] 13 jours après le début de l’expérience, des doses 33 à 96 fois plus fortes d’iode inorganique restaient sans effet, et cet auteur concluait :« que ce n’était pas l’iode inorganique tel quel, qui constituait le principe actif de l'hormone thyroïdienne ».

GaDppum, en 1927, montrait que l’iodure de potassium n’avait qu’une action temporaire sur lestêtards, plongés dans une solution d’IK, ces animaux absorbaient une grande quantité d’iode, maïs cet iode était rapidement excrété, et DEMOLE, en 1931, constatait que l’action de la diiodotyrosine sur la métamorphose des têtards était égale à celle de lathyroxine, mais à condition que ces deux substances eussent une teneur égale en iode, l’iodure de potassium éfant inopérant, ainsi qu: la molécule de thyroxine dépourvue d’iode (désiodo-tyrosine ou tyronine).

Enfin Werc et BERNHEIM ont montré que des doses minimes de thyroxine produisaient des effets supérieurs à ceux des doses d’iodure de potassium représentant plusieurs centigrammes d’iode et que la diiodotyrosine paraît agir de façon intermédiaire, et ces auteurs concluent : «que l’action de l’iode est d'autant plus sensible qu’il entre dans une molécule plus voisine de l’hormone élaborée par la glande ».

Comme on le voit, on se trouve en présence de deux tendances nettement opposées et il est à remarquer que les auteurs qui estiment égaux les effets de l’iodure de potassium et de la diiodotyrosine n’ont pas opéré sur des larves de Batraciens, «test exquisément spécifique », comme l’a écrit PENDE.

C’est en fonétion de ce test que j'ai repris cette question.

30 Technique spéciale. — J'ai employé la diiodotyrosine Roche qui contient deux molécules d’eau de cristallisation, conformément à la for-

mule :

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