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Têtards pris aux stades C /D (Rana Agilis)
F1G. 54. Métamorphose normale.
00 SEAYTONNE seule au 1 /10.000.000e€.
106. = au 1/10.000.000e he Diiodotyrosine au 1/10.000.000e. ET = = 1/1.000.000e.
Se — == œ — 1/100.000e.
Têtards pris au stade C (Rana temporaria).
F1G. 59. Métamorphose normale.»
100 Thyroxine au 1/100. 0001 000€ seule.
Elle Fe Dodotyrosime au 1/100.000.000e.
prenant 7 lots il y avait, associée à la thyroxine, de la diiodotyrosine à des titres 10 fois inférieurs, puis 10, 100, 500, 1.000 fois supérieurs à celui de la thyroxine.
Les doses employées pour les injections furent les mêmes que celles utilisées pour les bains.
Les têtards de Rana agilis furent pris au stade C-D, ceux de Rand lemporaria en grande majorité au stade C, puis au stade D. Quant aux têtards d’Atytes ils furent pris aux stades C, D et E et c’est aux animaux de ce dernier stade que les deux substances furent administrées en injection.
Quand on examine les résultats de ces séries d'expériences (voir tableaux 4,5 et 7 figures 54 à 83), on constate, tout d’abord, que l'effet antagoniste
218 PAROTH
de la diiodotyrosine s'effectue au maximum, sauf une seule fois (tableau 4), quand les deux substances se trouve | étre de litre égal et de leneur égale en iode. Si l'accélération de la métamorphose provoquée par la thyroxine n’est somato catopodique diminué, comparativement à celui obténu en mesurant les animaux ayant vécu dans les bains de thyroxine non additionnés de diiodotyrosine. Cette différence est fonction de la dimension des membres inférieurs qui sont plus longs alors que les dimensions du tronc restent les mêmes. J'ai même obtenu un retour au coefficient normal pour deux Alytes de la dernière série.
Quand on s’écarte de la dose optimum, le coefficient du rapport remonte, et avec une dose de diiodotyrosine 500 fois supérieure, on obtient un coefficient à peu près égal à celui déterminé par la thyroxine seule.
Donc, à part la discordance unique que j’ai signalée plus haut et qui tenait à une altération de la dissolution de diiodot yrosine, les résultats detoutes les autres séries concordent en ceci : que si les doses de diiodotyrosine 10 et surtout 100 el 1.000 fois plus fortes que les doses de thyrotine ne précipitent pas la vitesse des processus déterminés par cette dernière substance, elles ne les atténuent pas et arrivent même à aggraver les dysharmonies qu’elle provoque, alors que les doses égales et de litre égal en iode à celles de la thyroxine, agissent dans une certaine mesure, non sur la durée du processus mais sur l'arrêt de la croissance des membres inférieurs, un des effets capitaux de la thyroxine, et atténuent airsi la dysharmonie, aclion qui se traduit par
somato catopodique
J’ai cherché à établir le seuil de cet intéressant phénomène et, pour cela, j'ai soumis des têtards de Rana temporaria, pris au stade C, à une dose très forte de thyroxine (1 pour 10 millions) pour avoir de rapides résultats, additionnée de diiodotyrosine à des doses croissantes de 9, 8, 7,6, 5, 4, 3, 2, 1 millionième. Cette expérience m’a donné les résultats suivants :
pas freinée, le coefficient du rapport par contre est notablement
la diminution sensible du coefficient du rapport
Durée des processus Coefficient Thyroxine seule : 1 pour 10 millions... ......... 6 /8 jours 1,8 — + diiodotyrosine 1 p. 10 millions... 6/7 — 1,4 — + — 1p. 9 — 6/8 — 1,6 né “ta Le Li, Sn — Ho 1,66 At al lp 7 US) = 1 al à — 1p. 6 <= 6.8 — 2 | — Mn 6/8 — 2,3 = + + IEP SET = OR 2 SC RRURE À — 1p. SRE 7/8 — 1,9 ii — 1p. 2? — 6/8 — 2,2 RUES = ne Re 617 — 2,05
Comme on le voit, l’action de la diiodotyrosine se manifeste au maximum quand celle substance se trouve à dose égale et à teneur égale en iode à celle de
la thyroxine ; les ? doses voisines de 8 et 9 millionièmes ne délerminent
pas un abaissement comparable du coefficient du rapport ERA =, catopodique
On remarque également que, à partir de la dose de 1 pour 7 millions, le coefficient est supérieur à celui déterminé par la thyroxine seule.
[n’y a donc, à proprement parler, pas de « seuil » pour ce curieux phénomène qui se manifeste dans des limites très étroites.
Les résultats que j'ai obtenus me permettent de me ranger à l'opinion de ceux qui, comme UHLENHUTH, GADDUM, ABELIN, ABDERHALDEN, DE- MOLE, WEIL et BERNHEIM, van ZWEHL accordent à la diiodotyrosine, d’abord un pouvoir antagoniste spécifique vis-à-vis de la thyroxine, et ensuite une action très supérieure à celle de l’iode inorganique, soit dans la métamorphose des Batraciens, soit dans le traitement des hyperthyréoses. L'iodure de potassium et le Lugo] n’ont aucune influence sur la métamorphose des amphibiens (UHLENHUTH, GADDUM, DEMOLE) ; quant à leur action sur les byperthyréoses, elle a été prouvée (DAUTREBANDE), mais les résultats obtenus peuvent être fonction de destructions opérées au sein de la glande ; de telles destructions ont été observées par UHLENHUTH sur les corps thyroïdes de Salamandres et par WEiL et BERNHEIM sur ceux des cobayes.
L'efficacité de la diiodotyrosine n’est pas, comme le veulent ELMER et DELCOURT-BERNARD, uniquement liée à l’iode qu’elle contient, mais encore à la qualité de cet iode. Weiz et BERNHEIM ont (out à fait raison en écrivant que « l’action de l’iode est d'autant plus sensible qu’il entre dans une molécule la plus voisine de l’hormone élaborée par la glande ».
I1 me semble que cette question de l'efficacité de la diiodotyrosine a été mal posée et serait tout entière à reprendre.
Quel peut être le déterminisme de l’action de celte substance sur la métamorphose des Batraciens provoquée par la thyroxine et qui se manifeste d’une manière si spéciale ?
En examinant les formules de ces deux corps, on constate que la thyroxine se compose de diiodohydroquinone et de iodotyrosine avec élimination de deux molécules d’eau et que la teneur en iode de la thyroxine esL de 65,36 %, et celle de la diiodotyrosine de 54,14 % Seulement.
L'influence du groupement amino-acide se trouve modifié du fait de l'augmentation du poids moléculaire en faveur de 1a thyroxine (diiodotyrosine : 468,97-thyroxine 776,82), et c’est là qu’il faut, je crois, chercher la raison de la grande différence d'efficacité qui se manifeste entre les deux corps dans la métamorphose des Batraciens, d'autant que les deux atomes d'iode qui se trouvent en plus dans la formule de Ja thyroxine, sont à l'origine de la différence entre les deux poids moléculaires. ju
Mais, dans mes expériences, l'iode de la diiodotyrosine se trouve être à égalité de pourcentage avec l’iode thyroxinien ; neutralise-t-il, dans une certaine mesure, l’action de ce dernier, Landis qu’au contraire son action
s’y ajoute-t-elle quand il se trouve dans la diiodotyrosine à un pourcentage supérieur ?
D'éminents chimistes que j'ai eu l'honneur de consulter à ce sujet n’ont pu m'en fournir une explication plausible.
Je ne puis donc que constater actuellement que, si la diiodotyrosine à dose et à teneur égales en iode à la thyroxine a un pouvoir métamorphotique au moins 100 fois plus faible que celui de cette dernière substance, elle s’oppose partiellement, dans les mêmes conditions, à ses effets, sans pouvoir donner de ce phénomène une explication valable.