‹ Contribution à l'étude de l'action pharmacodynamique de la théophyllineChapitre 61 sur 70 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Action sur la diurèse

L'action diurétique de la théophylline est loin de constituer un fait nouveau, puisque c’est par cette propriété qu’elle s’est d’abord imposée à l’attention des médecins et des expérimentateurs.

De nombreux travaux ont du reste cherché à élucider le mécanisme intime de cette action diurétique : notons ceux de Nonnenbruch [80], J. Bauer et B. Aschner [5], Müôller [75], Curtis [21-22-231, Bliss, Richard et Morisson [10], Biancardi [9], P. Meyer [72], Molitor et Pick [74], Fulton, Van Auken, Parsons et Davenport [35], Teploff [101], pour ne citer que les principaux. k

Du reste, nous reviendrons sur cette importante question à la fin de ce chapitre.

Nous n’apporterons donc pas une contribution originale très importante sur ce point. Cependant, les mêmes considérations qui nous ont guidé depuis le début de notre travail nous ont amené à reprendre l’étude de cette action diurétique, en utilisant la solution aqueuse de théophylline à 1 p. 250, quelquefois sa solution à 2 ou à 5 p. 100.

A} CONDITIONS EXPERIMENTALES

1. - Nous avons essayé d’étudier tout d’abord les variations de la diurèse après absorption d’eau chez le cobaye et le lapin, en faisant ingérer à l’animal de l’eau pure — expé-

rience témoin — puis de l’eau additionnée d’une certaine quantité de théophylline, ou encore en faisant une injection sous-cutanée de purine, en même temps que l’absorption d’eau per os. £

Après de nombreux essais, nous avons dû renoncer à ces expériences, étant donné l’inconstance de la diurèse aqueuse, celle-ci étant même assez souvent nulle, malgré l'absorption de quantités d'eau relativement importantes 40 cm® chez le cobaye et 100 cm° chez le lapin.

Nous avons alors essayé de modifier les conditions expérimentales en faisant absorber à l’animal un poids déterminé d’une nourriture riche en eau (salade) pendant plusieurs jours, de façon à déterminer, en recueillant les urines, la diurèse moyenne, pendant un temps donné. Nous avions l'intention de lui faire absorber ensuite de la théophylline, en conservant la même alimentation.

Malheureusement, là aussi, nous nous sommes heurtés à une inconstance de la diurèse telle que nous avons dû abandonner encore cette méthode après de nombreux essais infructueux, la diurèse variant par exemple pour des lots de deux cobayes recevant 400 grammes de laitue par 24 heures, de 148 cm® à 284 cm° d’un jour à l’autre.

Enfin, dans une troisième série d’expériences, nous avons essayé d’obtenir des diurèses provoquées chez le lapin par injection intra-veineuse d’une solution de chlorure de sodium à 8 p. 1.000. Là encore, l’inconstance de la diurèse obtenue était telle que nous avons dû abandonner.

2. - Nous avons alors fait porter nos expériences sur le chien. Nous avons employé la technique suivante, qui est classique et dont nous empruntons en partie la description à Dautrebande et Philippot [24] :

Après avoir endormi l’animal par injection intra-veineuse de chloralose (0,10 gr. par kilo) dans la saphène externe, on le place sur le dos. Puis on pratique une incision médiane de la peau, longue de 6 à 8 centimètres, immédiatement audessus de la symphyse pubienne. On sépare les masses musculaires au niveau de la ligne blanche. On repère le péri-

En que

toine. On l’ouvre. On dégage la vessie : sur ses faces latérales postérieures, on repère l’origine des deux uretères. On dégage et dénude l’un d’eux par la sonde sur une longueur de 2 à 3-centimètres, On pose sur cet uretère une ligature proche de la paroi vésicale. Au-dessus de celle-ci, par une incision en V, on introduit dans l’uretère une canule large à bout mousse ; on la fixe par un fil On amorce l’écoulement de lurine en plaçant à l'extrémité de la canule un petit tube de caoutchouc rempli d’eau et muni d’une canule en verre terminale. Puis on rapproche les deux lèvres de l’incision de la paroi au moyen d’un pince à forcipressure.

Chaque goutte d’urine qui s'écoule tombe sur la cupule d'un rhéographe et s’inscrit par l'intermédiaire d’un tambour de Marey sur le cylindre enregistreur.

Dans la plupart de nos expériences, nous avons en outre placé un oncographe sur le rein correspondant à l’uretère intact pour enregistrer les variations du volume rénal, el nous avons également enregistré la pression carotidienne.

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