ETUDE CLINIQUE
Le début est des plus insidieux. Les malades viennent ordinairement consulter pour des pertes. Elles se plaignent parfois aussi de sensation d’endolorissement, de pesanteur lombaire comme dans une métrite. Mais il n’y à jamais
# douleurs véritables.
Signes fonctionnels
Les pertes constituent donc les seuls symptômes fonctionnels, Aussi leurs caractères méritent-ils d’être précisés.
Ce sont des glaires filantes, blanchâtres ou transparentes. Par suite d’une quantité minime de sang, elles prennent souvent une coloration légèrement ambrée. En les recueillant sur une compresse, on met mieux en évidence leur aspect rosé.
Ce n’est que dans les cas d’adénomes infectés qu’elles prennent un aspect purulent, rappelant alors les sécrétions de métrite (voir observation IV-IX).
Ces pertes glaireuses sont abondantes, quelquefois même continuelles. Très souvent elles ont été attribuées à une métrite. Mais elles se montrent rebelles au traitement des métrites, C’est un de leurs caractères. Les pansements et les injections antiseptiques ne donnent qu’une amélioration de peu de durée (voir observation VIT).
MSN no)
À ces pertes glaireuses peuvent s’ajouter des pertes rouges. Le plus souvent il s'agira seulement de quelques filets de sang mêlés aux glaires décrites précédemment. Enfin parfois peuvent apparaitre quelques métroragies, ou bien au toucher on constate que le col saigne facilement. Nous verrons au chapitre du diagnostic combien ces cas posent des questions difficiles. Il faut en effet toujours se méfier en présence de ces hémorragies, surtout vers la ménopause. Lorsque, par certains de leurs caractères, elles se rapprochent des hémorragies cancéreuses, il faut penser à la possibilité de dégénérescence de l’adénome en épithelioma, (Voir observations HI, V, X).
Au cours de cette évolution l’état général reste bon.
Signes physiques Ï. — L'’ADÉNOME DIFFUS
Il est le plus fréquent, aussi l’étudions-nous en premier lieu.
A) Adénome diffus simple
Au toucher : on trouve un col gros, régulièrement hypertrophié. Sa consistance est partout régulière, élastique, sans aucune induration, Cette élasticité spéciale du col adénomateux est plus marquée dans sa partie centrale voisine de l’orifice cervical. Le toucher ramène des glaires et ne provoque pas d’hémorragies.
À l'inspection : le col est d’un rouge sombre, avec souvent des arborisations vasculaires. La surface n’est
nor
pas lisse, mais légèrement irrégulière, un peu grenue. Cette surface ne saigne pas au contact de la pince.
Au total c’est un gros col, rouge foncé, à surface un peu irrégulière et sans aucune réaction inflammatoire à son voisinage.
B) Adénome diffus infecté
Un deuxième aspect de l’adénome diffus est celui que donne l’adénome diffus infecté. Dans ce cas l’erreur est la règle avec la métrite. L’aspect du col est nettement inflammatoire, le doigt ramène des glaires purulentes. Seule la biopsie ferait reconnaître la nature de la lésion en montrant l’importance de l’hyperplasie glandulaire (Obs. IX).
C) Adénome diffus végétant et adénome diffus ulcéré.
A ces deux premiers types : adénome diffus simple et adénome diffus infecté, il nous faut ajouter deux autres formes dont l’aspect peut dans certain cas rappeler l’aspect néoplasique,
L'adénome diffus végétant n’est pas exceptionnel. Alors que l’adénome diffus simple présente un aspect légèrement grenu, dans certains cas le processus de papillimatose plus intense peut réaliser un aspect bourgeonnant. Ces bourgeons n’ont pas la dureté des néoformations cancéreuses. Ils sont moins friables et ne saignent pas au toucher (Voir observation IIT et V.).
L'Adénome diffus ulcéré est rare. À la surface d’un col hypertrophié on trouve quelques ulcérations. Mais ces pertes de substances diffèrent de celles du néoplasme.
On les voit au spéculum, on ne les sent pas au toucher car elles sont souples, sans bords cartonnés, sans induration à la base ; elles ne saignent pas.
Dans certains cas cependant, leur aspect peut rapprocher ces ulcérations de celles du cancer, d’où la nécessité absolue d’une biopsie (Obs. I).
IT. — LES ADÉNOMES LGCALISÉS
En cas d’adénome localisé, l’examen physique montre un des trois types décrits plus haut et sur lesquels nous r’insisterons pas de nouveau.
A) Adénome localisé végétant. — Il se présente au spéculum sous la forme d’une petite tumeur faisant ordinairement saillie sur la lèvre antérieure du col, rouge, légèrement grenue (obs. I); au toucher cette tumeur est ferme, élastique, non saignante,
B) Polype adénomateux. — Par suite de sa présence à l’intérieur du canal endocervical, il se révèle parfois par des coliques utérines, C’est une tumeur faisant saillie à l’orifice du col, rouge foncé, ferme et ne saignant pas au toucher (V. obs. VIIT). Il est donc bien différent cliniquement du polype muqueux, rose, lisse, et de consistance molle.
Le polype adénomateux peut s’infecter, donner lieu à