‹ Contribution à l'étude de l'adénome du col de l'utérusChapitre 8 sur 34 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L’adénome du col n’est pas spécialement décrit dans les traités classiques de gynécologie. La plupart des auteurs étudient, dans un chapitre d'ensemble, les adénomes de l’utérus. En réalité, ils ont en vue surtout les adénomes du corps. Ils se contentent de signaler la possibilité d’un processus analogue au niveau du col. Les adénomes du col et ceux du corps sont cependant bien différents.

Histologiquement, les muqueuses dont ils dérivent ne sont pas du même type. Cliniquement, ils donnent des aspeets très dissemblables.

Cependant, en 1916, Forgue et Massabuau étudient de façon plus précise les adénomes exclusivement cervicaux. Ils en mentionnent deux formes : l’adénome kystique et le polype glandulaire.

L’adénome kystique avait été déjà signalé par Ségalin, Michel, Schubert. Bouilly en avait isolé un type sous le nom d’hypertrophie kystique du museau de tanche.

Le polype glandulaire du col, souvent confondu avec des polypes d’autre nature par Fritch, Montfumat, avait été cependant déjà individualisé par Birnbaum et Nadal.

Ces deux formes d’adénomes, adénome kystique et polype glandulaire, bien que les moins fréquentes, doivent

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à leur aspect clinique très particulier d’avoir été décrites les premières.

Au contraire, les formes plus communes, qui devaient être étudiées plus tard sous le nom d’adénomes diffus, ont été d’abord rangées, suivant les cas, soit dans le cadre des métrites (métrite polypeuse de Cornil, Pozzi, de Sinety), soit dans le groupe du cancer, en particulier par les auteurs allemands. |

La création du terme d’adénome malin a entretenu longtemps la confusion entre l’adénome et le cancer glandulaire endocervical.

La distinction ne tarde cependant pas à se faire. Déjà en 1905 MM. Hartmann et Lecène avaient rapporté, à la Société d’obstétrique et de gynécologie l’observation d’un adénome du col ayant simulé cliniquement un cancer, Ces auteurs analysent les observations plus anciennes de Morestin et de Mansfeld et montrent que chez leur malade la tumeur présentait un certain nombre de caractères qui faisaient présumer de sa bénignité, |

En 1924, MM. Hartmann, d’Allaines et Surmont rapportent, dant le Bulletin de la société d’obstétrique et de gynécologie, le cas d’un adénome pédiculé du col utérin. Leur observation est particulièrement intéressante par ce fait qu’il existait un début de transformation cancéreuse.

En 1914, à propos d’un cas de Pozzi et Rouhier, M. le professeur Champy publie un travail d’un intérêt biologique considérable (1)

(1) CHAMPY et COCA. — Pathologie du cancer et cultures du tissu. Journat @e Physiologie et de Pathotogie générale. Tome XVIII, page 549. Année 41919 et 1920.

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En effet, partant d’un adénome du col uterin, Champy parvient à reproduire, par le procédé des cultures de tissu, | le cancer dérivé de cet adénome.

En 1922, Moukayé étudie, dans le laboratoire de Champy, les différents types histologiques de l’adénome, leur degré de bénignité et leur transformation histologique en cancer (2).

Auvray, en 4925, rapporte les travaux de Moukayé et

dicte, dans l’article du Précis de gynécologie, la conduite du chirurgien en présence de l’adénome du col.

Enfin, tout récemment MM. Douay (1) et Soïmaru, à propos d’une série de cas observés dans le service de notre Maître M. le Professeur J. L. Faure, consacrent à la question de l’adénome cervical un important travail d’ensemble. |

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(2) MOUKAYÉ. — Recherches sur les néoplasies des glandes cervicales, Gynécologie et Obstétrique. Tome V, no 1, 1922. É

1) DOUAY et SOIMARU. — L’adénome du col. Gynécologie et obstétrique. Tome XII, no 4. Année 1926.

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ETIOLOGIE

L’adénome du col uterin est assez fréquent. Parmi les observations recueillies au cours de ces trois dernières années, dans le service du P' J. L. Faure, Douay en relève 40 cas confirmés par l’examen histologique du P° Champy.

À ces cas nous ajouterons les 12 observations inédites qui font le sujet de cette thèse. Les malades dont nous publions les observations ont été suivies au point de vue clinique et opératoire par le D' Douay. Chaque cas a été étudié histologiquement, par le P° Champy. É

L'âge auquel on observe cette affection est ordinairement compris entre 30 et 50 ans. Mais on peut l’observer plus tôt ou plus tard.

Entre 20 et 30 ans, Douay a observé 8 cas d’adénomes. Trois de nos malades avaient 29 ans.

Il n’est pas rare de constater l’adénome après la ménopause. Un cas de Douay concerne une femme de 72 ans présentant un adénome kystique. Deux de nos observations ont trait à des malades ayant dépassé 50 ans.

Sur 52 observations, la fréquence de l’adénome se répartit ainsi suivant l’âge :

de 20 à 30 ans : 11 cas de 30 à 40 ans : 14 cas

de 40 à 50 ans : 22 cas après 50 ans : 5 cas

Le maximum de fréquence s’observe de façon très nette, ainsi que Douay l’a noté, au voisinage de la ménopause, donc à un âge très voisin de celui du cancer.

Certains auteurs considèrent la métrite cervicale comme étant toujours la cause première de l’hyperplasie glandulaire. Nous avons recherché chez nos malades la métrite cervicale et les causes susceptibles d’avoir déterminé ou entretenu une métrite : blennoragie, infection puerperale, traumatisme obstétrical.

Dans nos 12 observations, nous relevons 7 cas avec métrites, salpingites, accouchements.

Dans les 5 autres observations, nous ne trouvons pas d'infection cervicale ni de commémoratifs permettant de penser que cette infection ait existé à un certain moment.

Sur 52 cas du service du P*' J. L. Faure, nous trouvons 14 nullipares sans enfants, ni fausses-couches, ni métrites, soit un peu plus de 1/4 des cas. Douay a publié l’observation d’une malade de 40 ans avec hymen intact et qui présentait un adénome végétant simulant un cancer.

Nous pensons que la métrite cervicale, l’ectropion de la muqueuse cervicale, la puerpéralité, les traumatismes sont susceptibles de déterminer, dans certains cas, un processus de prolifération glandulaire évoluant parallèlement au processus de régénération. Ce processus peut être le primum movens de l’évolution adénomateuse. Mais ces facteurs, infections, traumatismes, ne nous paraissent pas se rencontrer avec assez de constance pour être considérés dans tous les cas, comme à la base de l’hyperplasie glandulaire.

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Champy, se plaçant au point de vue de l’anatomie pathologique, est arrivé à des conclusions assez semblables. « Si on trouve souvent des adénomes coexistant avec des lésions inflammatoires et paraissant favorisés par elles, ils peuvent aussi exister sans traces de lésions inflammatoires. D’autre part, les vieilles infections du col sans adénomes sont communes. L’adénome n’est pas une conséquence obligatoire de la métrite ».

Quant à la cause réelle de la transformation adénomateuse des glandes cervicales, elle nous échappe, de même que celle de toutes les néoplasies épithéliales.

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