‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie généraleChapitre 20 sur 23 · PR A · texte numérisé non relu

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initié à ce genre de sommeil par un spécialiste.

Mode opératoire : La veille de l'opération, le malade mange légèrement vérs 16 heures et à 18 heures, il prend 30 grammes d’huile de ricin.

Le lendemain matin, 2? heures avant l'opération, on

ne

En: lui administre à une heuré d'intervalle, deux lavements avec de l'eau bouillie chaüde, jusqu'à ce que l’eau revienne claire et débarrassée de matières. Enfin 20 mi-

: nutes”avant l'opération, on fait une piqûre de chlorhydrate de morphine de 1 centigramme à 1 centi-

Se gramme 1/2. |

Le mélange anesthésique se compose de :

NA Huile d'olive. , : : .. 2 onces 66 grammes. BtRe ro RS er MIO EU 98 EE

Dose pour un adulte normal.

PRET PU eidioliyenN she ee D 3 aa Au BIOS RENE nt, b6 à 662) - Dose pour un sujet débile ou anémique.

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Dose pour un enfant.

8 onces (240 centimètres cubes) du mélange à 75 p. 100 donnent un sommeil qui dure ? à 3 heures: il ne faut jamais dépasser cette dose. À

On utilise toujours Fhuile d'olive, mais toutes les huiles, végétales ou minérales se mélangent très bien à l'éther, et peuvent être employées. . :

Il faut que l'intestin ne renferme ni gaz niliquide. Une demi-heure avant l'opération; on introduit une sonde en caoutchouc n° 25, bien vaselinée, dans le rectum;'et on l'enfonce à 15 ou 20 centimètres de profondeur ; le malade étant couché sur le côté gauche, la cuissegauche allongée, la cuisse droite fléchie sur le bassin, c'est-à-dire en position de Simms; au bout libre de là sonde, on

ajoute untube de verre qui sert de niveau, el un tube de

= 8 — caoutchouc de 25 centimètres, terminé par un entonnoir ‘en verre de 250 centimètres cubes. On remplit l’entonnoir avec le mélange éther-huile, et à l’aide d’une pince. posée sur le caoutchoue, le laisse couler à volonté -dans le rectum à la vitesse de 30 grammes par minute.

Le malade commence, au bout de quelques instants,

à perdre conscience, et, en 18 à 20 minutes, il dort ; la sonde reste en place perdant toute l'opération.

Le plus grand calme doit régner autour du patient dont les yeux sont recouverts d’une serviette. On surveille l’anesthésie comme si l’éther était absorbé par les voies respiratoires. L’odeur d'éther apparait dans l’haleine 5 à 19 minutes après l'introduction du lavement.

L'excitation peut exister, mais n’est que très modérée.

Si le sommeil ne venait pas, on pourrait aider, soit : en mettant une serviette sur la bouche et le nez du patient : on obtiendrait ainsi une demi-asphyxie, une hypercapnie qui aïderait à l’action de l’éther: soit en employant la méthode de la goutte ouverte pendant quelques instants. | Ÿ

S1 Ja respiration devenait légère ou même déficiente’

il faudrait lâcher immédiatement par la sonde-tout le lavement éther-huile. s |

On doit soulever le menton du patient pour faciliter Le. la respiration, comme dans une anesthésie ordinaire, pour que le malade n'avale pas sa langue. :

Pour réveiller le patient, ou retire, par la sonde, tout le mélange éther-huile; on le remplace par un lavement froid d'eau de savon poussé le plus haut possible :

dans le côlon. Une fois évacué, ce lavement est lui-

même remplacé par 2 à 4 onces (66 à 132 grammes) d'huile d'olive pour neutraliser toute trace d’éther qui aurait pu rester.

Si la méthode paraït, en principe, parfaite, nous . allons en donner cependant les nombreux inconvénients : 1° Elle est dangereuse, donc elle demande à ne pas être faite à la légère ; 2 r* : 5 2° Les préparatifs sont longs et ennuyeux pour le patient ; 3 Elle nécessité souvent une anesthésie par les voies respiratoires ; è

4° Elle ne peut être employée en position de Trende-

lenburg, car avec la distention intestinale, le mélange cherche à se frayer un chemin au delà des intestins;

5° Elle ne s'applique pas aux opérations d'urgence, puisqu'elle nécessite des préparatifs :

6° Elle est contre-indiquée dans le cas d’obstruction -

respiratoirh partielle, goître, obèses, etc. ; car la principale soupape de sûreté est la respiration libre;

7 Enfin, et le plus grave, c’est que la respiration peut faire un cercle vicieux; plus il y a “absorption d'éther, plus la: respiration devient superficielle ; :et,

- plus la respiration est superficielle, plus l’éther s'accumule dans la circulation. C’est la principale cause de mort par ce procédé.

Mais cependant, étant donné les avantages suivants de l’éther rectal en oto-rhino-laryngolôgie, c'est encore le procédé de choix :

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le Eloignement de l’anesthésiste du champ opératoire. ;

2 Suppression du danger d'inflammabilité de l’éther par les galvano-cautères, anses chaudes, etc…., très employées en laryngologie.

3 Possibilité d'endormir des cardiaques, des hémoptysiques, des pulmonaires en général.

4 Suppression de la sensation d’étouffement due au masque et de l’angoisse occasionnée par les premières bouffées d'éther ou de chloroforme.

o° Facilité d'être, à la fois anesthésiste et opérateur.

6° Il est très bien accepté par les timorés, et réussit admirablement aux obèses respirant bien et aux alcooliques.

Le D' Gwathmey, endormi par ce procédé, le préfère à n'importe quel autre.

Nous avons pu, à Dijon assister à trois anesthésies rectales, dont une faite par le D'Gwathmey dans le service du D' Cousteau, et nous convaincre de |’ efficacité de

cette méthode.

Ogs. 1. — Le patient, un moine de 26 ans, maigre, anémié, pésant seulement 55 kilogrammes, sobre et peu nerveux s’endormit en 17 minutes, d’une, facon calme, et l'opération (trépanation du sinus frontal), put être faite en 18 minutes, tamponnement nasal compris, tellement le malade était profondément endormi.

La respiration, le pouls, les pupilles, la coloration de la face, sont restés normaux, pendant toute la durée de l'opération.

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Après le lavement évacuateur, le malade s’est réveillé facilement et aurait pu regagner son lit tout seul.

Ogs. 2. — Le malade est un solide gaillard de 5 ans

environ, à opérer d'une trépanation du sinus maxil- Jaire.

Les quantités employées sont de 250 em° (huile 60 cm, éther, 190 cm); le malade s'est assoupi lentement, n’a pas été endormi complètement, mais a déclaré n'avoir rien senti. Il n’a eu que la sensation, très fugace d'ailleurs, et non pasla douleur, des coups de maillet et a cru qu’on lui arrachait une dent.

L'anesthésie aurait été certainement plus parfaite avec une piqûre de 1 cm° 1/2,de morphine au lieu de l:cm: : |

Réveillé immédiatement après l’évacuation du lavement, le patient a regagné son lit à pied et sans être

soutenu.

D'après ces deux observations on peut se rendre - compte des réels avantages qu'offre cette méthode facile et comprendre le profit qu'on en peut tirer.

Le Dr Cousteau et ses assistants en sont devenus les fervents adeptes et l’un d'eux nous a dédié ce sonnet humoristique par lequel nous nous permettons de terminer ce modeste travail.

Réflexions d’un Anesthésiste à propos

d'une anesthésie rectale.

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