‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie généraleChapitre 9 sur 23 · CHASSIN · texte numérisé non relu

CHASSIN

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l'estomac complètement 6 à 10 heures après le réveil el on obtient ainsi, un lavage d'estomac parfait sans les ennuis du tubage.

De cette façon nous n’avôns jamais de complications hépatiques et nous en proposons l'explication suivante : l'opéré étant à jeun depuis 12 heures au moins, l’action irritante du chloroforme absorbé par réflexe par les voies digestives, est telle que la bile reflue dans l'estomac à travers le pylore pour tempérer la brûlure gastrique qui doit être grande si l’on en juge par les érosions produites sur les lèvres par la : compresse. Les vomissements, toujours verdâtres, sont provoqués par cette cuisson aiguë et l’estomac se débarrasse du chloroforme dilué dans un peu de bile, d'où la couleur verte.

Si, par ingestion d'eau, on obtient in pivo une eau chloroformée faible, l’action dù poison est minime, les vomissements sont diminués, la toxicité à l'égard du

foie est moins grande et l'anurie est également com-.

battue. |

Nous avons dù souvent lutter pour faire appliquer cette méthode dans les services hospitalie: rs où .nous opérions et plus encore dans les maisons de Santé où

trente ans de routine avaient ancré les principes immua-

bles de la diète absolue post-anesthésique.

Nous avons eu le plaisir de contaster que partout où le personnel traitant a bien voulu suivre nos conseils, malades et gardes s’en trouvaient évidemment mieux.

Nous n’osons pas insister sur l’anesthésie chloroformique, craignant de décrire des procédés connus déjà décrits; nous dirons un mof de quelques constatations

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personnelles faites au cours de nombreuses anesthésies. Il est classique de présénter dans anesthésie chloro-

-formique une période d’excitalion; or, à notre avis :

excitation — intoxication.

; i ©) "1 £ s LA Le malade ayant aspiré lentement quelques bouffées

— de chloroforme avec calme cherche, tout d’un coup à arracher son masque : c’estle premier geste d’excitation,

puis il soulève sa tête comme pour s'asseoir, ses yeux

mobiles, s'injectent, il se cyanose légèrement et articule des mots incohérents, à ce moment l’anesthésiste aug-

mente la dose: les infirmiers sont alors obligés de tenir le malade solidement quelquefois et pendant un temps plus ou moins long suivant le poids, l’âge et les habifudes d’intempérance de ce dernier, enfin, il retombe sur la table, ses mains ont encore quelques trémulations, ‘ses pupilles se rétrécissent, il dort.

Telle est la façon dont se passent beaucoup d’anesthésies chloroformiques, tant à la compresse qu’à l'appareil de-Ricard.

Mais, si au moment où le malade donnait des signes vagues d’ excitation, au moment où il cherchait à s’asseoir, on Jui avait supprimé la -compresse où l'appareil de Ricard, il aurait fait 2 ou 3 erandes inspirations d'air pur, aurait secoué la tête dans le vide comme un homme ivre, -et se serait endormi d’une facon calme,

‘sans cyanose et sans aucun des phénomènes d’excitation

cités plus haut.

Done, si, en supprimant le chloroforme on atteint. plus rapidement et sans réaction violente la résolution mus-

culaire, c'est que l'excès de chloroforme produit une Ë $

Re fee intoxication cérébrale par voie sanguine, d’où l’excitation. à

Nous avons constaté et fait constater le fait, bien des fois, par nos chefs, étonnés de voir que l’air endormait mieux à un certain moment que le chloroforme en sursaturation.

C'est dans ce but que nous n’obturons que très rarement le 4 trou d'admission d'air du Ricard; car la proportion de chloroforme par rapport à l'air est considérablement augmentée par la fermeture du 4° trou. En admettänt, par exemple, que le rapport chloroforme air soit pour 1 trou fermé de ? p. 100,

pour ? trous il sera de 5 p. 100, pour 3 trous il sera de 7 p. 100, etpour le 4 trou de 20 p. 100 au moins.

Certes la durée d'anesthésie se trouve augmentée, lorsque l'on veut amener le patient jusqu'au seuil du sommeil, en rationnant la dose de chloroforme; mais c'est du temps de gagné, car outre qu’on évite la période d’excitation, une anesthésie bien commencée se continue toujours bien au bénéfice du malade, de l'opérateur et du chloroformisateur; mieux vaut perdre cinq minutes avant une opération que d'avoir un maladé qui pousse, vomit et remue pendant tout le temps de l'opération et vous attire à juste titre les reproches du chirurgien.

La position du malade a une grande importance pour le sommeil chloroformique.

Toute femme, qui dort profondément en position horizontale, se congestionne, ronfle, et avale sa langue dès qu’on la met en position inclinée de Trendelen-

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burg; en effet, l’afflux sanguin,. provoqué par cette position, augmente l’action du chloroforme sur les centres nerveux supérieurs, et la quantité d’anesthésique qui est nécessaire pour avoir le sommeil, devient excessive, d’où intoxication, ivresse, mouvements, gêne respiratoire, ronchus, et même asphyxie, nécessitant la pince à langue, et amenant fatalement hoquets, vomissements, contractions intestinales, d’autant plus génantes pour l’épérateur que la position de Trendelenburg implique une intervention abdominale.

En général, plus la femme est grasse, plus la masse sanguine est considérable, et plus les ennuis cités plus haut se produisent.

Les chirurgiens habitués à notre manière de faire, admettent très bien, les deux minutes de répit que nous leur demandons pour laisser la malade inhaler un peu d'air avant de la basculer en Trendelenburg, et, inversement, deux minutes encore pour la réendormir avant de la redresser en position horizontale pour les sutures.

Il faut très peu de chloroforme pour entretenir le sommeil anesthésique d’un malade en position de Trendelenburg, et le rôle de l’anesthésiste est de donner de Pair lorsque le chirurgien croit souvent qu'il faut du

‘chloroforme et insiste pour qu’on en donne.

Signalons enfin qu'il y a deux sortes d'opérations chirurgicales pour lesquelles le patient réagit, même avec une anesthésie poussée aussi loin que possible. Ce sont : le temps des sutures du moignon utérin dans l'hystérectomie, à cause de la traction sur la Douglas; et la dilatation anale.

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, Mais si la traction sur le cul-de-sac utéro-rectal 'ne dure qu’un temps très court, la dilatation anale, beaucoup plus longue, est la cause de réactions de la part du malade. Aussi ce temps opératoire est-il la terreur des anesthésistes, tant par la erainte de la « syncope réflexe » clasSique, que par le mécontentement du chi-

rurgien qui, gêné par les mouvements de l’opéré, exige :

à grands cris un sommeil plus complet et de fortes doses de chloroforme. Or c’est vet excès de chloroforme, qui, à notre avis, est la seule cause de Houie et de mort. mi

Nous avons assisté, au début de nos études médicales à deux accidents arrivés au cours de cette intervention et nous en avons gardé le triste souvenir. Nous croyons,

et en avons fait l'essai, que l’on doit endormir son

malade suffisamment pour qu'il ne perçoive pas l'intro-. duction du dilatateur métallique ou des deux pouces de l'opérateur dans a dilatation manuelle; mais il faut

supprimer tout chloroforme et ne laisser respirer que de Pair pendant Lout le temps de la dilatation.

C'est la polypnée, provoquée par la douleur réflexe, absolument inconsciente du reste, étant donné l’état de sommeil du patient qui augmente subitement et dans de fortes proportions la dose de chloroforme et pisse la syncope, puis la mort.

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