CONCLUSIONS
I. — L’'anesthésie par éthérisation intra-rectale présente l’avantage incontestable de supprimer la phase d’excitation cérébrale et médullaire. !
IT. — Elle met à l'abri des accidents susceptibles de se produire, avec l’anesthésie par inhalation, soit au début, soit au cours, ou après la narcose (syncope, asphyxie, affections broncho pulmonaires).
III. — Dans les cas favorables elle donne au chirurgien une si grande liberté de mouvements, le sommeil est tellement calme et régulier, la respiration bien rythmée donne une si grande sensation de sécurité, qu’elle peut être pratiquée toutes les fois que son emploi paraît justifié, c’est-à-dire dans les cas spécifiés au cours de cette étude ou lorsqu'on est obligé de se passer d’un anesthésiste.
IV. — Elle offre l’inconvénient de déterminer : à des doses égales ou inférieures à 125 centimètres cubes d’éther, une rectite sèche, banale et passagère, se traduisant cliniquement par une légère constipation et rectoscopiquement par de la rougeur et de la sécheresse de la muqueuse.
Cette rectite guérit spontanément dans l’espace de
LR huit à quinze jours, et ne constitue pas, à notre avis, une contre-indication à l'emploi de cette méthode.
V. — Mais à des doses plus élevées et principalement chez les sujets prédisposés par des lésions antérieures du rectum ou du côlon, elle peut provoquer des phénomènes de rectite ulcéreuse grave avec hémorragies intestinales consécutives.
VI. — En résumé, cette méthode d’anesthésie, employée suivant une technique bien définie, à des doses ne dépassant pas celles que nous avons indiquées, est susceptible de rendre au chirurgien des services appréciables.
VII. — Si la narcose est incomplète, elle permet avec une quantité infime d’anesthésique donnée en inhalation, de poursuivre ou d'achever l'intervention dans d'excellentes conditions.
VIII. — En réduisant au minimum les inconvénients de l’anesthésie, elle réalise un des principes fondamentaux de « l’anoci-association » de Crile.
IX. — A ce titre, elle mérite de prendre rang parmi les autres procédés d’anesthésie générale.
Le Président de la thèse, GOSSET Le Doyen ROGER Vu.et permis d'imprimer Le Vice-Recteur dé l’Académie de Paris