‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie générale: Variations de l'adrénaline, de la cholestérine et des 'lécithines' dans les organes et dans le sang du cobaye sous l'influence des anesthésiques générauxChapitre 4 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant tout le xix° siècle, les biologistes, PFLUGER (135) en tête, ont cherché surtout, dans l'étude des substances protéiques, à l’intérieur de la cellule ou en dehors d’elle à percer le mystère des phénomènes vitaux. Ii semblait que la multiplicité infinie de leurs transformations et leur exquise sensibilité à tous les agents étaient une condition suffisante des réactions PRYSOOgAqUEr et pathologiques des organismes.

C’est OVERTON (132) qui le premier, à la fin du xiIx° siècle, a montré le rôle important que pouvaient jouer en biologie ces substances appelées un demi-siècle auparavant lipoides, par KLETzINSKkI et qui, s’il faut en croire Ivar BANG (7) pourraient bien prendre dans l'avenir le rôle primordial attribué jusqu'ici aux albuminoïdes dans tous les phénomènes vitaux. Est-ce à dire toutefois qu'après avoir, pendant des années, considéré seulement les albuminoïdes, il soit nécessaire de tomber dans l’excès contraire et d’expliquer tout par les lipoides en exagérant leur rôle ? Non. Les lipoïdes forment avec les protéines des complexes et cette union fait naître indiscutablement des propriétés nouvelles (citons entre autres

l'augmentation du pouvoir hémolysant du sérum avec

ET

la proportion des lipoïdes, la sensibilité à l’action des venins sous l’augmentation des phosphatides, le pouvoir antihémolytique de la cholestérine en excès).

Ces propriétés nouvelles seront fonction de la constitution physico-chimique de ces complexes; que la quantité de l’un des constituants varie et les propriétés du complexe seront modifiées.

Sera-t-il prouvé un jour que toute variation d’équilibre entre les constituants des cellules et des humeurs amène l'apparition de nouvelles propriétés physiologiques ? Ii n’est pas téméraire de le supposer.

Mais alors, étudier les lipoïdes isolément en dehors de leurs complexes, semble vouer les chercheurs à une stérilité relative, car il n’est pas certain de retrouver dans les produits de dissociation les activités spécifiques des constituants. Ce serait, comme dit Linos- SIER (104), « vouloir extraire un rouage d’une montre pour étudier en dehors d’elle son rôle propre. Isolé, le rouage n’est qu’un morceau de cuivre inerte, il n’est rien en dehors de la montre et la montre n’est rien sans lui ».

Nous ne sommes pas complètement de cet avis ; les. protéines ont été étudiées en dehors de la cellule dans leurs produits de dégradation et les rudes efforts des savants (1) ont été récompensés par d’amples moissons. Il faut d’abord accumuler des faits; un esprit synthétique en tirera plus tard les conclusions. Toutefois comme .

le dit très justement JAVILLIER (83) (2): « Le chimiste

() Parmi lesquels : SCHUTZENBERGER, DRECHSEL (53), KosseL, E. FISCHER, HUGOUNENQ (78). :

(2) JavizziEr, Bulletin de la Société Chimique, vol. xxxvu, xxXVIII, mai 1925, page 589,

PAS 2 ARAC

biologiste ne saurait se contenter d'isoler des espèces chimiques, d’en pénétrer la constitution ; il doit encore chercher quels sont leur genèse et leur devenir, et quel équilibre doit régner entre eux pour réaliser ce singulier phénomène qu’est la vie. À chercher ainsi, peutêtre verra-t-on un jour s’en dévoiler le mystère, comme dans la belle statue de Barrias, se dévoile devant la

science, le visage harmonieux et serein de la nature. »

Avant d'aborder ce travail, qu’il nous soit permis d’exprimer notre vive gratitude à nos maîtres lyonnais de la Faculté de Médecine et de Pharmacie pour l’hospitalité généreuse que nous avons reçue auprès d’eux.

A M. le professeur HUGOUNENQ, pour les conseils hautement éclairés et l’intérêt qu’il a témoigné à nos recherches et le grand honneur qu’il noüs a fait en acceptant la présidence de notre thèse.

A M. le professeur MOREL, pour ses précieux conseils.

A M. le professeur BRETIN, pour l’appui inestimable de ses conseils et de sa bonté.

A M. le professeur LEULIER, à qui nous devons l’idée de cette thèse, pour l’amitié loyale qu’il nos a témoignée.

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