‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie locale: par le chlorhydrate de pseudococaïne droite (Delcaïne) en oto-rhino-laryngologieChapitre 10 sur 78 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L’anesthésie locale, très en faveur actuellement auprès du monde médical, utilise de nombreux corps, parmi lesquels la cocaïne occupe la première place. Cette dernière doit sa prépondérance à l'intensité de son activité anesthésique locale, qui, jusqu’à présent, n’a jamais été égalée par l’un quelconque de ses succédanés.

Cependant l'emploi de la cocaïne n’est pas exempt de graves inconvénients dus à sa toxicité et aux troubles psychiques qui résultent de son absorption, troubles qui dégénèrent bientôt en une redoutable toxicomanie.

Depuis que, pour la première fois, ces inconvénients ont été signalés, les pharmacologistes, aidés de l’industrie chimique, ont cherché à remplacer la cocaïne. Un nombre considérable de produits ont été créés, mais l’expérimentation et l'application clinique ont démontré qu'aucun de ces anesthésiques ne remplissait les conditions de sécurité et de commodité que le praticien pouvait escompter.

En 1923, après les remarquables travaux de Willstätter sur la synthèse des corps cocainiques, Gottlieb attira l’attention des pharmacologistes et des cliniciens sur les propriétés particulièrement intéressantes d’un isomère de la cocaïne : la pseudococaïne droite, qui fut présentée au corps médical sous forme de tartrate appelé psicaïne. Ce produit s'étant montré inconstant dans son activité anesthésique locale, M. le professeur Mercier a repris l’étude pharmacologique du sel de pseudococaïne droite qui avait été étudié et obtenu en France à la même époque que Willstätter, non pas par synthèse comme chez ce dernier, mais par transformation directe des alcaloïdes lévogyres de la coca en alcaloïdes dextrogyres par une double isomérisation stéréochimique (Roques et Tirard).

Ces travaux ont démontré que le pouvoir anesthésique local de ce nouveau produit est égal à celui de la cocaïne et que sa toxicité est 2,5 fois moins grande, grâce à sa destruction rapide dans l’organisme. De plus, la pseudococaïne droite est dépourvue de pouvoir stupéfiant.

Notre maitre, M. le D' H. Bourgeois, nous a facilité l’étude de la

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