INTRODUCTION
La question de la rachianesthésie à fait depuis 12 années tant en France qu'à l'étranger l'objet de nombreux travaux. Nous n'avons pas l'intention de les passer tous en revue, ni de condenser dans ce travail tout ce qui a été dit ou fait en matière d'anesthésie lombaire.
Nous ne voulons point faire ici l'historique de la question de la rachianesthésie ; cependant nous nous ferions un reproche d'entreprendre une étude sur ce sujet, sans rappeler au moins les noms de ceux qui ont-créé la méthode et de ceux aussi qui l'ont perfectionnée et accréditée ensuite.
L’anesthésie rachidienne fut la conséquence naturelle de la découverte de la ponction lombaire par Quince en 1880, et si CorniNG le premier en 1885 se servit de la ponction lombaire pour introduiredes substances analgésiques dans le canal rachidien, on peut dire que le professeur Brer, de Berlin, fut en réalité le promoteur d’une méthode d’anesthésie nouvelle, dont la place est aujourd'hui consacrée entre les méthodes d’anesthésie générale par le chloroforme
et l'éther d'une part, et d'autre part la méthode de
un Le
l'anesthésie locale. Cette place entre ces deux groupes de méthodes anesthésiques, générale et locale, est d'ailleurs assez difficile à préciser et le terme d’anesthésie générale localisée sous lequel on a cru pouvoir l'étiqueter, ne nous semble pas à l'abri de toute critique.
Nous pensons d’ailleurs qu'on ne peut guère définir l'anesthésie rachidienne, que par une phrase moins concise, en disant d'elle, qu'elle est une anesthésie étendue à un segment considérable du corps, qu'on peut d'ailleurs étendre plus ou moins à volonté, jusqu'à même la généraliser, anesthésie qui respecte les centres nerveux supérieurs(cerveau et bulbe) laissant aumalade l'integrité dela conscience.
Si Brer, fut le promoteur de la rachianesthésie, c'est à Turrier que revient l'honneur d’avoir introduit la méthode en France, en 189et de l'avoir perfectionnée et vulgarisée ensuite.
Après lui, on peut dire que la méthode rachianesthésique était créée et les perfectionnements qu'on y a apportés depuis, ne sont que des détails de technique.
CHAPUT a pratiqué un nombre considérable de rachianesthésies et s'il n'a point apporté de modifications importantes à la technique opératoire, il n’en a pas moins contribué pour beaucoup à faire admettre en France la rachianesthésie, dont il fut un apôtre convaincu, en même temps que par ses nombreuses statistiques opératoires, il apportait une contribution importante à l'étude des résultats obtenus par cette méthode.
Le regretté D' Guixarp en 1901, a apporté à la méthode un perfectionnement, en faisant précéder l'injection de la
solution anesthésiante, de l'évacuation d’une quantité
SANT eut
variable de liquide céphalo-rachidien, afin de prévenir les accidents dûs à des phénomènes d’'hypertension intrarachidienne.
Enfin, depuis ces auteurs et les mémorables discussions qui eurent lieu à la Société de Chirurgie en 1901 et les années suivantes, on peut dire que la pratique de la rachianesthésie est tombée dans le domaine public et il n'est guère de chirurgiens quin'aient point essayé dela méthode. Certains d'entre eux l'ont adoptée et en ont fait, tant dans leur service hospitalier que dans leur clientèle urbaine leur méthode anesthésique habituelle ; d'autres ne l'ont acceptée que comme une méthode d'exception ; d'autres enfin l'ont complètement rejetée.
Nous ne voulons point rouvrir les discussions auxquelles la valeur de la méthode a donné lieu. Cependant nous ne pouvons terminer ce court exposé historique sans rappeler les travaux de Monsieur le Professeur Jonnesco, de Bucharest, qui en 1908, au II° Congrès international de Chirugie}de Bruxelles, faisait l'exposé de sa méthode personnelle de rachianesthésie, méthode qu’il a modifiée d’ailleurs les années suivantes ainsi qu’en témoignent ses communications au Congrès français de Chirurgie en 1909 et en 1910. La technique nouvelle proposée par M. Jox- NESCO, ainsi que les importantes statistiques qu'il a publiées ont donné lieu à de violentes discussions, et beau- | coup d'auteurs se sont élevés contre les procédés opératoires de ce chirurgien roumain.
Notre maître, Monsieur le docteur HALMAGRAND, chirurgien de l'Hôtel-Dieu d'Orléans, après avoir pratiqué en
1901, dans son service, un certain nombre de rachicocaini-