‹ Contribution à l'Étude de l'Anesthésie par le Bromhydrate de Scopolamine et le ChloroformeChapitre 17 sur 18 · ER · texte numérisé non relu

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respiration ; ce dernier présentait, par moments, au cours de l'intervention des périodes d'apnée qui duraient quelques secondes. Quant à la dose de chloroforme adminisirée, elle est très latble, et en rapport avec la durée de l'opération. Mais nous croyons qu'elle est bien plus influencée par la susceplibilité individuelle,

La narcose scopo-morphinique est suivie au bout d’un cer-

Lain temps, de perte de Ja sensibilité, qui laisse le malade indif-

lérent aux soins pré-opératoires. Ces derniers sont de la sorte facilités, et évitent au chirurgien une perte de temps parlois. considérable, surtout lorsqu'il s'agit de faire la toilette d'un malade inquiel et énervé.

Enfin, il nous reste à signaler comme autre avantage, linnocuilé de Ta méthode, qui permet de l'employer chez les tuberculeux, les cardiaques et les cachectiques.

Dans une communicalion faile à la séance du 21 juin 1905 de la Société de chirurgie M. Terrier cite le cas de deux malades dont un atteint d'insulfisance aortique et l'autre, un vieillard de soixante-six ans, atlemt de myocardite, ayant bien supporté la scopolaminisation.

Quant aux inconvénients que présente la scopolamine, 1ls sont peu nombreux el facilement surmontables, par la méthode d'une seule injection.

Le premier de ces inconvénients que présente la scopolamine, est la variabilité d'action selon les cas, les sujets, et le produit utilisé, signalé par Dirk, Israël et Terrier. Comme l'ont observé ces derniers et comme nous l'avons constaté chez les malades faisant l'objet de nos observations, l'anesthésie ne produisait pas toujours le même effet : chez les uns, elle était suffisante pour permettre l'opération, tandis que chez d'autres malades il fallait continuer par l’anesthésie chloroformique. Nous avons remarqué également que son ac-. tion est plus efficace chez les sujets non éthyliques, et qu'elle

laisse moins de troubles chez ces derniers que chez les alcooliques.

M. Terrier attribue la cause de cette variabilité d'action à l'emploi de solutions altérées.

D'autres inconvénients, tels que Ta vaso-dilatation superficielle el la contracture des muscles de Fabdomen, contracture qui rendait la scopolamine inutilisable pour les faparotomies, disparaissent par le procédé d'anesthésie mixte de M, Terrier

Des vomissements ont également été signalés par les expérimentaleurs : cel inconvénient, peu fréquent il est vrai, mais désagréable, est dù à l'allération des solutions employées.

M. Terrier indique de la facon suivante la manière de les éviler : «Je veux, dial également, dire un mot des vomissements qu'on à signalés, que J'ai moi-même vus dans 3 cas après une série de 43 cas sans la moindre nausée.

» J'ai remarqué que pour ces trois cas, on s'était servi d'une solution anciennement préparée. Or, on sait, je l'ai signalé antérieurement, que la Scopolamine est un corps instable, S'allérant à la lumière et à Fair.

» Mais il v a plus : la solution emplovée a été stériisée à 120 degrés. Or, à celle température, la morphine contenue dans Ja solution se décompose peu à peu et donne de lapomorphine qui, comme on le sait, est un corps éminemment NAUSÉCUX.

» En outre, la scopolamine elle-même se dédouble également et donne de lhyoscine et de l'atroscine, qui ne possèdent plus les mêmes propriétés physiologiques que la scopolamine, Mais ces dédoublements se font fort lentement, ce qui explique que, au début, je n'ai pas observé de vomissements, alors que J'en ai relevé trois cas plus récemment.

» Il est un moyen simple de remédier à cet inconvénient :

l'en est même deux. Le premier consiste à emplover pour la

— D — solution de l'eau stérilisée auparavant, et à ne pas restériliser la solution une fois faite. Le second consiste à tyndalliser la solution, c'est-à-dire à. la porter six fois à la température de 70 degrés. On évitera ainsi les dédoublements que je viens de signaler ». |

Les éludes faites par les chirurgiens montrent que la narcose par la scopolamine-morphine est moins nocive que les autres procédés employés Jusqu'à ce jour.

On à cependant reproché à la méthode des cas mortels s’élevant au nombre de 12 sur 1488 anesthésies : ce qui représente une léthalité S'évaluant à 1 % alors que la léthalité due au chloroforme, d'après les statistiques allemandes, s’élèverait à 1 pour 2075 et celle de l'éther à 1 pour 5112.

Dans ces cas, on incriminat seulement la scopolamine et non l'affection parfois grave du sujet.

MA. Desjardins et Terrier ont, dans un article paru dans la Presse médicale du # mars 1905, examiné les douze cas de mort.

Leur analyse démontre qu'un seul cas peut être imputé à la scopolamine, et encore ce cas est-1l douteux. Il résulte de cette même analyse, que les autres morts sont dues à lépusement, à des lésions cardiaques, à des affections des poumons ou des reins dont les sujets étaient porteurs.

A ce sujet MM. Desjardins et Terrier s'expriment ainsi « Telles sont, résumées, les douze observations de « mort notoire » par la scopolamine : il ressort clairement de leur lec- Lure qu'aucune ne peut-être d'une façon certaine attribuée à l'anesthésique.

» Nous ferons seulement remarquer que les cas choisis pour l'expérimentation de la nouvelle méthode n'élaient pas ce qu'on appelle de « beaux cas » : il semble qu'on ait choisi des cas désespérés, et il n’est pas surprenant alors que la scopolamine n'ait pas ressuscité les malades. En outre, le chirur-

gién à une tendance, qui se conçoit, à mettre sur le comple de l'anesthésique plutôt que sur le sien, des morts survenant plusieurs jours après l'opération et qu'avec un autre anesthésique il serait obligé d'attribuer à une faute opératoire, à une hémorragie, à l'infection ».

Dirons-nous, après lout ce qui précède, que la scopolamime

st le meilleur anesthésique ? Evidemment non. Dans pres-

que lous les cas où on l'a employée on a dû avoir recours au chloroforme pour terminer l'opération : mais, associée à cel anesthésique, elle constitue à notre avis une méthode destinée à devenir excellente. De nombreux chirurgiens le reconnaissent.

Si son emploi a été suivi d'accidents, cela lient évidemment à l'impureté de la solution et à l'injection d’une dose excessive de ce médicament.

Les chimistes, espérons-le, ne nous feront plus attendre longtemps des solutions rigoureusement pures et de toute sécurité.

Par làlonnements, on arrivera aussi à apprécier la tolérance de chaque individu pour la scopolamine et à déterminer | exactement les doses à injecter.

CONCEUSIONS

I. À côté des nombreux procédés d'anesthésie. chirurgicale connus jusqu'à ce jour, il en existe un autre basé sur” l'emploi du bromhydrate de scopolamine associé à la morphine et au chloroforme.

IT. Celte méthode offre de grands avantages au chirurgien, elle le dispense d'avoir recours à un chloroformisateur expérimenté, sa technique est simplifiée, la prolongation de l’'anesthésie permel d'opérer les cas graves sans crainte d'accident.

IIT. L'opéré en bénéficie également, en ce sens qu'il absorbe moins de chloroforme d'où suppression de la syncope el des vomissements, suppression de Fappréhension et de Ta période d’excitation, sommeil calme et réveil agréable. Pas de contre-indications.

IV. Sans doute, la méthode présente quelques inconvénients, variabilité d'action, vaso-dilatation, quelques vomissements. Ces légers inconvénients sont heureusement alténuables par quelques modifications, entre autres celles imdiquées par M. Terrier et par une sérieuse appréciation de l’âge du malade, de la dose du médicament et du degré de tolérance.

V. Les avantages paraissent donc l'emporter sur les mconvémients : cette méthode constitue, à notre sens, un progrès

sérieux en chirurgie et mérite d'être prise en considération.

Vu el permis d'imprimer : Vu el approuvé :

Montpellier, lé 9 Février 1906. Montpellier, le 9 février 1906 Pour le Recleur, le Doyen déléyué, Le Doyen,

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