‹ Contribution à l'étude de L'Anorexie Nerveuse du NourrissonChapitre 13 sur 20 · HI. — OBSERVATION PERSONNELLE · texte numérisé non relu

HI. — OBSERVATION PERSONNELLE

Henriette M... née le L* novembre 1919, pesant un peu plus de 3.000 — à terme.

Rien de bien spécial dans les antécédents héréditaires, la mère fournit des tétées {rès insuffisantes (10 grammes en moyenne) qu'on complète avec du lait bouilli.

A 6 semaines, l'enfant atteinte de troubles digestifs, pèse 2.950. On à recours au citrate de soude, à la pepsine en paillettes, à Ia Kynosine, au lait Lepelletier. De plus, Penfant tousse et il faut en même temps soigner la bronchite. Le poids monte péniblement à 3.000, l'appétit fait défaut.

On fait une injection sous-cutanée d’eau de mer, un soir vers » heures. L'enfant est prise d’un sommeil irrésistible, impossible de là faire boire; le lendemain elle se jette sur son biberon. Vers le troisième jour, l'appétit décroit; nouvelle injection suivie des mêmes effets, el ainsi de suite, de 3 en 3 jours. #

On fait ainsi 7 injections, en augmentant progressivement les doses de 5 à 20 eme.

Le 15 février : Poids, 3.430.

Puis, en quelques jours, apparaît une intolérance digestive complète ; on donne du lait d'ânesse.

Le 15 mars : Poids, 3.600. Par raison d'économie, on donne

alors 2 tétées de lait d’ânesse et 5 de lait Lepelletier addi-

HE à UN

tionné d'eau de chaux, et enfin on passe au lait de la Belle- Etoile,

Peu de temps apres, poussée de furonculose el inappétence. On refait ? ou 3 injections de sérum Quinton, et tout s'arrange.

Le 12 avril 1920 : Poids, 4.100. Le 16 mai, 4.850,

Survient un nouvel aceroc : même thérapeutique et même succès.

Fin septembre 1920 : Poids, 6.430.

Fin février 1921 : Poids, 7.650,

L'enfant à 16 mois ; elle marche bien, son squelette n'offre aucun signe de rachilisine ; les fontanelles sont fermées, mais les dents manquent.

Ainsi, dans celte observalion, à différentes reprises, bien plus nombreuses que je ne les ai indiquées, l’anorexie à menacé de s'installer. Après une période d'ascension régulière rassurante pour à famille, l'enfant arrivait, en quelques jours, à ne plus prendre qu'un ou deux biberons. Aussitôt après l'injection d'eau de mer el les heures de somnolence consécutive, l'enfant reprenait son biberon, son appétit et son poids.

Dans les derniers mois, surtout, une seule injection suffisait à réveiller la fonction, et pourtant le trouble n'était pas passager, car nous avons essayé quelquefois d'attendre le retour spontané de l'appétit, mais nous avons été obligée d'en arriver au traitement habituel.

On ne peut parier ici d'anorexie mentale : lors des premières piqûres l'enfant élait si déprimée que je n'avais pas besoin d'aide pour la maintenir ; au moment des dernières, elle était suffisamment intelligente pour ne pas S'Y expose? en refusant de manger.

La rapidité d'action de l'eau de mer et Ia constance de ses

ER TI uEs

effets m'avaient presque surprise, mais depuis j'ai trouvé

le document suivant, dans un journal médical de mars 1913:

LCé

« Quinton à particulièrement insisté, dans sa conférence à la Sorbonne, sur la nécessité d'alimenter les enfants dès l'institution du traitement marin. Dans 80 pour 100 des cas, les nourrissons, pris au dernier état de l’intolé-

: rance digestive, acceptent et digèrent, une heure après

la première injection, un biberon calculé sur la ration

normale de leur poids et de leur âge. Les biberons

suivants, présentés à 2 ou 3 heures d'intervalle, sonb également acceptés. »

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