FACTEURS MÉCANIQUES
Le décollement prématuré du placenta a pu être attribué soit à un traumatisme externe, soit à une brièveté du cordon entrainant, lors des mouvements du fœtus, le tiraillement sur le placenta et son décollement, soit à -une torsion de l’utérus entraînant des lésions d’apoplexie et le décollement placentaire.
Le traumatisme externe joue un rôle incontestable dans la production de certains décollements placentaires. Les observations de Lepage, de Champetier de Ribes, etc, ont la valeur de véritables expériences. Est-il capable de déterminer une
AS
apoplexie utérine? Dans nos 72 observations, le traumatisme externe à été noté trois fois.
Mais il coexistait deux fois avec des signes de toxhémie gravidique ; il ne semble donc pas devoir être retenu comme cause habituelle. |
La brièveté du cordon, absolue. ou relative, a semblé pouvoir entraîner le décollement du placenta.
Le cas figuré dans l’atlas de Pinard et Varnier a été, en l’absence de toute autre cause reconnue, attribué à cette brièveté.
La brièveté du cordon a été notée une fois (Fraipont), sans qu'il y eut en même temps traumatisme, ni aucun signe d: toxhémie.
Par contre, quelques auteurs, Ahlstrôm, Essen-Môller, font observer qu'il est impossible de décoller le placenta en tirant sur le cordon sans le rompre. Il resterait à vérifier que cela est vrai pendant la gestation. De plus, les brièvetés relatives qu'on constate d’une façon courante, n’entraînent en général pas de décollement placentaire.
En conséquence, ce rôle paraît très discutable et ne semble pas devoir être retenu.
La torsion de l'utérus a été invoquée comme cause d’apoplexie utéro-placentaire (Morse).
Il est exact qu'elle peut entraîner des lésions analogues à l’apoplexie utéro-placentaire, témoin le cas de Mazzini :
Obs. MaAzzINI (résumée).
Histoire clinique. — Primipare de 22 ans au sixième mois de la gestation. Douleurs. Pas d'hémorragie externe. Pas d’albuminurie. Pas d'æœdème. Pas de bruits du cœur fœtal.
Excision d'une corne utérine gravide d’un utérus didelphe tordue à 80°. = Enfant mort. Guérison.
ep Peur
Constatations anatomiques. — Infiltration de la paroi utérine. Hémorragies ponctiformes de la trompe et de l'ovaire gauche. Infiltration du ligament large gauche. | .
Examens histologiques : Utérus. — Dégénérescence uniforme des fibres musculaires. Thrombose de quelques vaisseaux. Les parois de quelques autres présentent une apparence homogène. Congestion des vaisseaux sous-Séreux.
‘Dans un cas analogue de Giinski, il y avait décollement partiel du placenta, l'utérus était congestionné et saignait extérieurement, mais il n'y avait pas de signes nets d’infiltration du muscle. La torsion de l'utérus atteignait 210.
Dans la pratique vétérinaire, des faits analogues ont été constatés.
Expérimentalement, Morse a produit des lésions d’apoplexie sur des utérus de lapine. Une torsion de 180° amène un décollement du placenta sans lésions d'’apoplexie utéro-placentaire. L'infiltration sanguine du muscle n'apparaît que lorsque la torsion atteint deux tours complets.
Mais, dans aucun cas de notre série on n'a constaté de torsion utérine. et dans ses trois observations, M. Couvelaire spécifie que l'utérus apoplectique était en situation normale. Elle ne semble donc pas devoir être retenue.