INTRODUCTION
Nous nous proposons idl’étudier le syndrome de l’apoplexie utérine, associée au décollement prématuré du placenta par apoplexie interutéro-placentaire et aux hémorragies viscérales mulüples au cours de la gestation.
La participation de la paroi utérine aux infiltrations hémorragiques, bien que signalée ou entrevue par quelques auteurs, a été mise en lumière par M. Couvelaire dans un mémoire présenté à la Société obstétricale de France en 1911.
Les deux seules observations françaises antérieures au mémoire de M. Couvelaire sont l'observation de Ribemont- Dessaignes et Le Lorier et l'observation de Bar et Kervily.
Dans l'observation de MM. Ribemont-Dessaignes et Le Lorier, au cours d’une césarienne conservatrice pour hémorragie rétro-placentaire, il avait été noté que la face antérieure de l'utérus était rouge violacé, ponctuée de « petites ecchymoses », qui correspondaient à une « infiltration hémorragique légère ». -
Dans l'observation de MM. Bar et Kervily, il avait été simplement signalé qu'à l'examen de l'utérus, sa « paroi paraissait ecchymotique ».
Ces lésions, quoique très légères, rentrent très certainement dans le cadre de ce qui devait être décrit par M. Couvelaire, sous le nom d’ « apoplexie utéro-placentaire ».
La description de M. Couvelaire, basée sur une observation anatomo-clinique complète, a fixé l'attention des accoucheurs. Depuis cette époque, des faits semblables se superposant très exactement à la description de M. Couvelaire, ont été publiés en tous pays. Nous avons pu en recueillir 72 observations. Une
observation inédite nous a, été communiquée par MM. Vignes et Chavany, qui ont eu l’obligeance, dont nous leur sommes très reconnaissant, de nous en confier l'étude anatomique.
L'existence non exceptionnelle de ces apoplexies utérines, leurs rapports avec les états toxémiques qui sont susceptibles de déterminer des hémorragies multiples au même titre que des convulsions, les altérations qu'elles déterminent au niveau de la paroi utérine dont la contractilité est par elles profondément altérée, leurs rapports avec certaines fissures péritonéales signalées sous le nom de rupture externe de l'utérus (Le. Lorier), les conséquences thérapeutiques qui en découlent peuvent être aujourd’hui confirmées par de nombreuses observations. |
L'étiquette d’apoplexie utéro-placentaire a été en général adoptée. Signalons les synonymies, infarctus hémorragiques (Kolisko), hémorragie toxhémique ante partum (Fitz Gibbon) qui ont été données. ;
Nous conservons le terme d’ « apoplexie utéro--placentaire », en spécifiant qu'il s’agit d’une apoplexie utérine associée au décollement du placenta et à des hémorragies viscérales multiples relevant d’un état toxhémique d’origine gravidique.
Nous essaierons d'en tracer un tableau d'ensemble, en rappelant que depuis les observations fondamentales de M. Couvelaire, cette question a été particulièrement étudiée par Essen- Müller, W. Williams, Shaw, Gordon Ley et Wilson.
Cette étude comprendra cinq chapitres.