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mique du sous-nitrate vendu par un pharmacien détaillant. Nous avons examiné à ce sujet du sous-nitrate acheté dans diverses officines de Paris et de la banlieue parisienne : nous avons trouvé des différences de 15 à 20 o/o relativement à la leneur en acide azotique. Une seule fois nous avons trouvé un chiffre voisin de celui indiqué par le D'Le Grix ; il s’agissait d’un échantillon que nous nous étions procuré chez un spécialiste de la fabrication des sels de bismuth, en juin 1921. Nous avons conservé cet échantillon dans une armoire, simplement enfermé dans un sachet de papier : cinq mois après, en novembre 1921, la proportion d'acide azotique trouvée dans ce même échantillon était tombée de 19 à 14 0/0. A quoi est due cette altération ? Nous n’en avons pas recherché la cause, nous bornant à la constater. Il serait intéressant de savoir si ces différences dans la teneur en acide azotique ont une influence sur l'élimination du bismuth par l'organisme humain. Nous ne l’avons pasrecherché. 3
La toxicité du bismuth fut d’abord étudiée en 1887 par MM. Dalchéet Villejean au moyend'injectionsde sous-nitrate de bismuth chimiquement pur. À vant eux, en 1886, Brun, dans sa thèse d’agrégation avait signalé des accidents imputables au sous-nitrate de bismuth employé. dans le pansement des plaies. MM. Dalché et Villejean ont rappelé ces faits eñ tête du mémoire qu’ils publièrent à ce sujet dans les Archives générales de Médecine en août 1885 : « Depuisqu’en chirurgie le sous-nitrate de bismuth est
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employé comme antiseptique, on trouve dans la littérature médicale de ces dernières années quelques observations où sont signalés des accidents de néphrite, d’entérite et une stomatite avec coloration noire des gencives pouvant devenir gangréneuses. »
Bien que ces auteurs aient employé le sous-nitrate en injections et que nous ayons seulement pour but dans le présent travail d'étudier son action lorsqu'il est ingéré, nous retiendrons des recherches de MM. Dalché et Villejean les résultats qu'ils ont trouvés à l’autopsie de leurs sujets. Ils ont recherché le bismuth métallique dans les organes au moyen d’une méthode électrolytique que nous aurions bien voulu avoir à notre disposition pour compléter notre travail.
Ils ont obtenu les chiffres suivants :
Foie :
Poids de l'organe frais. . . .. ... 450 grammes Bismuth métallique. . . . . . .. .. 54 milligr. Oxyde de bismuth correspondant, . 61 — Reins :
Poids de l'organe frais. . . . . . .. 120 grammes Bismuth métallique... ....:. 45 milligr. Oxyde de bismuth correspondant. . 50 — Rate.
Poids de l'organe frais. . . . . . .. 30 grammes Bismuth «métallique Reno 17,5 milligr.
Oxyde de bismuth correspondant. . 1q — Glandes salivaires :
Poids de l'organe frais. . . .. . .. 15 grammes Bismuth métallique. , ........ 5 milligr.
Oxyde de bismuth correspondant. . 6 —
2 Qt
En rapportant ces chiffres à un même poids d'organe, on trouve :
potes Rp NUL 2 milligr. d'oxyde par 15 gr.
Glandes salivaires. . 6 — HOT NE Rte 6 1/3 — ANS 2 RE a 1/2 —
« Ces chiffres montrent d’une façon nette que le bismuth tend à se localiser de préférence dans la rate et que l'élimination du poison se fait très activement non seulement par le foie et le rein, mais aussi par les glandes salivaires. Cette dernière cir= constance est à retenir car il est difficile de ne pas voir en elle le point de départ de la stomatite bismuthique. »
Cependant le sous-nitrate de bismuth peut provoquer par ingestion des accidents aussi redoutables que ceux obtenus par injections par MM. Dalché et Villejean. M. le professeur Richaud écrit dans son Précis de Thérapeutique et de Pharmacologie : « Le sous-nitrate de bismuth administré par la voie buccale peut rencontrer dans l’estomac un milieu suffisamment acide pour entrainer la dissolution et le passage de l’organisme d’une petite quantité de bismuth... « MM. Gérard et Daumic ont fait à ce sujet des recherches tellement intéressantes que nous n’hésitons pas à reproduire ci-dessous la communication qu’ils ont fait le 8 mai 1897 à la Société de Biologie « sur la possibilité d’une intoxication lente après ingestion de sous-nitrate de bismuth dans certains états pathologiques ». Voici cette note :
G. Bernard