TRANSFORMATIONS DU DIAPHRAGME VENTRAL PRIMITIF
Au stade où nous en sommes arrivés, lequel est représenté par l'embryon de lapin de 10 jours, seul est formé le diaphragme ventral, c’est-à-dire la membrane qui sépare la cavité péricardique de la cavité abdominale, ou péritonéale; le diaphragme dorsal n’est pas encore ébauché, et, par suite, aucune cloison ne subdivise le cœlome en cavité pleurale, d’une part, et en cavité péritonéale, d’autre part. C’est ce cloisonnement qu'il convient d'examiner présentement, et l’on peut dire, en somme, que nous entrons dans la seconde partie de cette thèse, la première étant représentée par l’exposé relatif au draphragme ventral.
Mais avant d'abandonner l’histoire de ce diaphragme ventral, il est nécessaire d'indiquer certains changements importants survenus dans sa constitution même, précisément au cours du dixième jour.
Or ces changements sont la conséquence directe de modifications apparues dans la paroi ventrale de la cavité pariétale [lame précardiale (de His)] et amenant finalement la disparition du proamnios.
Disparition du proamnios.
Jusqu'à présent, la lame précardiale était formée par la splanchnopleure qui, étalée sur la vésicule ombilicale, passait directement dans la paroi ventrale du tube digestif antérieur, comme une serviette ou un linge qui est replié, embrassant ainsi la cavité pariétale proprement dite (Brachet) (1). Or, dans le courant du 10° jour, chez le lapin, la paroi précardiale quitte son revêtement endodermique, constitué par le faux amnios de Wolff, et acquiert un revêtement ectodermique (2).
Comment s'opère cette modification? C’est sur quoi tous les embryologistes ne sont pas d’un avis unanime.
I. Tout d’abord His, en 1881, se contente de constater que la lame mésodermique précardiale devient « libre » par le fait de la «pédiculisation de la vésicule ombilicale». Le feuillet glandulo-intestinal, ou faux amnios, c’est-à-dire l’endoderme qui la recouvre s’écarte d’elle et pendant un certain temps cette lame mésodermique est dépourvue de tout feuillet de revêtement, elle n’est plus, par conséquent, ni splanchnopleurale, ni somatopleurale, et l’on a une partie de la paroi du corps qui n’est tapissée ni d’ectoderme, ni d’endoderme; c’est là au moins une anomalie et un état tout à fait transitoire. Quant à la question des variations du proamnios, His n’en dit rien pour la raison qu'il ne décrit nulle part cet espace didermique; il est de même peu explicite sur la façon dont l’ectoderme arrive à recouvrir le mésoderme précardial.
II. Strahl et Carius (1889) et Ravn (en 1889) expliquent ce revêtement simplement par l’envahissement de l’ectoderme