INTRODUCTION
L'emploi de plus en plus fréquent des métaux colloïdaux électriques et les résultats surprenants obtenus avec eux chez quelques malades de son service par M. le professeur Carrieu, nous ont donné l’idée de ce travail.
Le sujet était intéressant, témoins les innombrables travaux fournis déjà par les maîtres de la thérapeutique moderne. |
Et pourtant l'application thérapeutique des métaux colloïdaux électriques est relativement récente.
Crédé, le premier, en 1897 étudia, en Allemagne, l'argent colloïdal et l'introduisit dans le domaine thérapeutique, sous le nom de collargol.
Mais c’est à Netter que revient le mérite d’avoir le premier en France, en 1904, attiré l'attention sur les colloïdes et mis en lumière leurs propriétés.
Un peu plus tard, en mars 1904, MM. Albert Robin et Bardet (1) étudièrent l’action des métaux à l’état coiloïdal et des oxydases artificielles sur l'évolution des maladies infectieuses.
Victor Henri, du Collège de France, et ses collaborateurs, montrèrent les propriétés physiologiques et thérapeutiques des métaux colloïdaux électriques.
MM. Iscovesco, Charrin, Victor Henri, Monier-Vinard, Chirié, David et M'° Cernovodeanu, étudièrent successi-
\ (1) Albert Robin et Bardet, Bulletin de Thérapeutique, 1904.
te
vement l’action de l'argent colloïdal sur les divers agents infectieux, bacille pyocyanique, pneumonique, staphyloccoque, bactéridie charbonneuse, eberth, colibacille.
Déjà nos maîtres, M. le professeur Hédon et M. le professeur Bertin-Sans, de l’Université de Montpellier, avaient expérimenté sur des chiens l’action d’une solution de platine colloïdal et montré que les métaux colloïdaux ne sont pas toxiques. Victor Henri et Gompel démontraient, de leur côté, que les injections intraveineuses et sous-cutanées des colloïdes étaient inoffensives.
Une des premières applications thérapeutiques de ces métaux fut faite par MM. Chirié et David, internes à la Maternité : ils traitèrent des abcès du sein sans incision, par l'injection de colloïdes électriques. Puis MM. Caussade et Joltrain les emploient avec succès dans diverses manifestations méningées. Tout récemment M. Iscovesco faisait, avec de nombreuses expériences à l'appui, une remarquable communication au Congrès de Médecine de Paris.
L'élan était donné et depuis lors de nombreuses observations ont été publiées réalisant cette prophétie que fait le professeur Alb. Robin (1) dans la préface de son opuscule sur les métaux colloïdaux :
« On ne pouvait concevoir, dit-il, que quelques centiè- « mes de milligrammes d’or, de platine, de palladium ou « d'argent, fussent capables de produire les puissants « effets que j'annonçais et que rien dans la pharmacody- « namie, connue de ces métaux, ne laissait pressentir. « Mais, depuis lors, les faits ont parlé par eux-mêmes et « entraîné déjà bien des convictions ; aussi l'heure ne
(1) Les métaux colloïdaux et leur emploi thérapeutique, Albert Robin, Décembre 1907.