‹ Contribution à l'étude de l'emploi du plasma sec, humain, normalChapitre 3 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce court exposé n’a d’autres prétentions que de faire connaître les conditions d'emploi du plasma sec, humain normal, préparé par l’U. S. Army et l’U. N. Navy, ainsi que l’intérêt de son utilisation dans la guerre mécanisée que nous venons de traverser. Il voudrait mettre en valeur, en premier lieu, l’intérêt indéniable de l’utilisation, au lieu même de la blessure et sans délai, des propriétés curatrices du Plasma humain pour la prévention et le traitement du choc traumatique chez le grand blessé. Nous avons personnellement eu l’occassion de pratiquer dans ces conditions une centaine de transfusions d’urgence au cours de la campagne de France, avec les meilleurs résultats permettant l’évacuation sur le Field-Hospital le plus proche : mais il nous manquait, en tant que médecin de sous-groupement d’attaque, bien des éléments pour apprécier le devenir des blessés que nous avions été amené à transfuser sur place. C’est pourquoi l’aide du Médecin-Commandant BIECHELER, Chirurgien consultant de la 2° Division Blindée, le plus souvent détaché auprès du « Platoon Américain » qui traitait les blessés de notre brigade blindée, nous a été précieuse entre toutes, en nous permettant de reconstituer l’histoire clinique de quelques-uns de nos blessés.

Cette collaboration nous a permis également de nous instruire sur le rôle du Plasma au cours des soins pré- et post-opératoires, qui prennent souvent une importance de premier plan dans ces ambulances chirurgicales avancées. Nous serons donc amené à diviser cette étude en trois parties :

1° Un aperçu rapide de l’organisation du Service de Santé dans le cadre d'une grande unité tactique, pour permettre au lecteur de réaliser ce que nous pouvions prendre comme part du traitement général à notre échelon.

2° Un exposé sur l’utilisation du plasma aux deux échelons les plus intéressants : celui du médecin de sous-groupement, qui

Le es

fut le nôtre et dont nous avons pu apprécier vraiment la portée; celui du « Platoon », c’est-à-dire de l’ambulance chirurgicale avancée, à laquelle est confié le traitement des cas urgents tels que : blessés thoraciques, abdominaux, polyfracturés, brûlés et, en général tous ceux chez lequel le choc est à redouter de façon imminente.

3° Enfin un chapitre sur le rôle et les effets du Plasma envisagés d’un point de vue général et à la lumière de ce qui nous est parvenu sur l’opinion des chirurgiens alliés dont l’expérience porte sur un nombre impressionnant de cas à travers tous les théâtres d’opérations de cette guerre.

On peut se demander pourquoi l'injection de Plasma a été si longtemps différée en chirurgie de guerre. La question jouit, jusqu’à ce jour, d’assez peu de faveur auprès des publications françaises. Il est vrai que l’on n'était pas parvenu, jusqu’à présent, à un emploi rapide et rationnel de ce Plasma, dont la conservation posait un grave problème dans les conditions propres au combat. Il nous a fallu êfre enclavés dans le Service de Santé de l’Armée Américaine pour avoir à utiliser ce plasma humain normal desséché, avec sa présentation particulièrement étudiée en vue d'un emploi judicieux sur la ligne de feu même.

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