RECHERCHES PERSONNELLES
Nous avons, nous-même, utilisant la technique de Uzan et Bronstein, et le correctif de la vitropression de Roubinet, tenté de déterminer chez un certain nombre de militaires, dont le régime est connu, Pétat d'équilibre vitaminique C correspondant,
Nous avons utilisé dans nos recherches, des ampoules fabriquées par Hoffmann-La Roche, contenant 3 milligr. 4 de dichlorophénol-indophénol, dont on peut aisément dissoudre le contenu dans 5 centimeétres cubes d’eau distillée. Il est préférable de n’employer que des solutions préparées extemporanément; mais nous devons dire qu’il est possible de conserver au besoin la solution en prenant simplement la précaution de la maintenir en glacière et à l’abri de la lumière.
Pour faire l’intradermoréaction, nous avons utilisé comme aiguille, aiguille à biseau court bien tranchant de 4/10° de mm. de diamètre et de 1 à 2 centimètres de longueur maximum. Comme seringue, il est préférable d’avoir recours à des seringues à huile grise ou à insuline, de 1 centimètre cube de capacité et dont les divisions correspondent à 1/20° et même
1/40° de centimètre cube. Seringuc et aiguille sont stérilisées comme d’usage. On remplit la seringue en ayant bien soin de ne pas emprisonner de l’air, non seulement dans la seringue elle-même, mais aussi dans l'aiguille. Nous avons en effet remarqué que l'introduction d’air en même temps que le dichlorophénol sous le derme peut parfois modifier le temps de réduction. On nettoie la peau de la partie antérieure du bras avec de l’alcool, puis de l’eau bouillie stérile, sans frotter et toutefois sans provoquer aucune rubéfaction. On laisse sécher. On tend la peau entre le pouce et l’index de la main gauche et de la main droite tenant la seringue armée de son aiguille, on pique presque parallèlement à la peau, le plus superficiellement possible dans l’épaisseur du derme : on voit alors la pointe de l’aiguille par transparence. On injecte doucement 1/20° de centimètre cube de telle sorte que l’on arrive à obtenir une boule d’œdème de 2 millimètres environ de diamètre, bien palpable en relief et dont on apprécie bien la couleur bleue. On fait partir dès la fin de l'injection l'aiguille du chronographe. On surveille ensuite la décoloration. Pour en apprécier, vers la fin, la réalité, nous avons eu recours à la vitropression préconisée par Roubinet. Il y a intérêt à utiliser pour cela le verre de montre ou, à défaut, une lame de microscope ; la pression doit être modérée. Il faut se préoccuper aussi d’avoir un bon éclairage : une lampe placée latéralement donne de bons résultats.
Chez les sujets à peau très brune, le cercle au crayon dermographique jaune autour de la boule
NF
d’œdème, conseillé par Uzan, permet de mieux accuser les contrastes.
Nous avons, conformément à ce que nous avons dit au chapitre précédent, considéré comme non carencés les sujets décolorant le réactif avant la cinquième minuie et comme carencés ceux chez qui le virage demande plus de 10 minutes.
Pour les cas intermédiaires, nous avons utilisé la méthode de surcharge, injectant aussitôt après 300 milligrammes d’acide ascorbique dans les muscles et renouvelant l’intradermoréaction après deux heures de repos sans addition d'aucune nourriture. Tout sujet qui ne ramène pas le temps de décoloration à un chiffre normal ou nettement inférieur au premier a été considéré comme carencé.
Dans ces conditions, voici les résultats obtenus chez
60 sujets étudiés par nous :
HOPITAL COMPLEMENTAIRE N° I