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pression complète des-vaisseaux ombilicaux. Il semblerait donc que ce soit la constriction par la bride qui ait amené la mort du fœtus.
Dans le cas de MM. Pinard et Varnier, l'enfant présentait des malformations variées. La main gauche ne présente que trois doigts bien conformés, le pouce, l’index et l’auriculaire. Le médius est réduit à l’état de moignon. La main droite présente également des malformations du médius et de l’annulaire qui sont réduits à l’état de moignons de quelques millimètres de saillie. Cet enfant qui était jumeau fut expulsé macéré. La macération du fœtus paraissait remonter à six semaines. Que trouva-t-on au niveau du cordon? « La bride forme autour d’une anse du cordon un nœud très serré qui l’étrangle au point de le rendre filiforme, mettant par
conséquent un obstacle absolu à la circulation funi-
culaire. »
Il semble bien que dans ces cas le nœud enserrant le cordon ombilical a fait l'effet d’une ligature posée sur ce cordon et a déterminé la mort de l’enfant pendant la grossesse.
Dans le cas de M. Couvelaire les choses se sont passées autrement, la grossesse a évolué jusqu’au bout sans incident. L'enfant était vigoureux, très bien constitué, long de 55 centim. , pesant 3,850 grammes ; ils’était donc très bien développé, il n’a pas souffert pendant la grossesse. [la été expulsé frais mort, non macéré, il semble bien qu'il soit mort pendant le travail. De plus,
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il n'était pas couvert de méconium, le délivre non plus. IL semble donc que la mort de ce fœtus ait été subite comme celle d’un enfant qu’une grosse hémorrhagie rétro-placentaire tue d’un coup.
Or, le nœud que formait autour du cordon la bride amniotique était, sur la pièce recueillie au moment de la délivrance, très serré, il déterminait un sillon très marqué. En effet, le diamètre moyen du cordon oscillait entre 20 et 25 millim., tandis que, au niveau de l’étranglement, ce diamètre était réduit à 7 millim.
M. Couvelaire a fait sur le cordon ainsi ligaturé quelques expériences. Îl a poussé une injection d’eau dans la veine ombilicale {qui était d’ailleurs ectasiée dans les deux sens) après section de l'insertion placentaire du cordon. Eh bien, faite dans les deux sens, c’est-à-dire soit par le bout placentaire, soit par le bout fœtal, l'injection a passé, mais il a fallu exercer une forte pression. Il résulte de cette expérience que sur la pièce examinée après la délivrance, la constriction exercée sur le cordon par les trois tours de bride et le nœud, entravait dans une très forte mesure la libre circulation des liquides dans la veine ombilicale.
Il semblerait, d’après tous ces faits, qu'on doive se poser la question de savoir si la mort du fœtus qui s’est produite dans ces quatre cas, soit pendant la grossesse, soit pendant le travail, soit après la naissance, est en rapport avec les constrictions du cordon par la bride amniotique dont l'existence a été constatée sur le délivre.
pie
C'est là une question qu'ilest bien difficile de résoudre
d’une façon absolument certaine. Et si nous sommes très
naturellementtenté de rattacher la mort du fœtus à cette cause, en l’absence de toute autre, d’ailleurs, nous ne voulons donner à cette explication d'autre valeur que celle de l'hypothèse la plus vraisemblable.
Cette question se rattache immédiatement à celle si
controversée des nœuds du cordon et de leur influence
sur Ja vie du fœtus. Cette question des nœuds du cordon
a donné lieu à des discussions très intéressantes à l’Académie de médecine, en décembre 1880 et janvier 1881. Cette discussion fut provoquée par une observation de M. Guéniot. Il s’agissaitde deux jumeaux venus au monde mort-nés. |
Leurs cordons entremêlés étaient noués, et M. Guéniot faisait dépendre de ce nœud la mort des deux jumeaux.
Au cours de cette discussion, M. Tarnier, M. Depaul, se déclarèrent peu enclins à admettre cette influence si nocive des nœuds du cordon. M. Tarnier, en particulier, rapporta à l’Académie quelques expériences qu'il avait faites alors qu'il rédigeait l'article « Cordon » du Diction naire Jaccoud :
«J'ai pris, disait:1l, un cordon frais, et j'ai pratiqué
sur lui un nœud aussi serré que possible, puis j'ai poussé une injection dans les vaisseaux ombilicaux et le bquide a traversé facilement toute la longeur du cordon. Il en est de même avec deux nœuds très serrés et très rappro-
chés. Avectrois nœuds, le liquide passe encore, mais avec une certaine difficulté. »
M. Tarnier concluait que l’on ne devait pas trop faeilement accorder une importance trop grande à ces nœuds et leur attribuer toujours la mort du fœtus. Il peut très bien y avoir simple coïncidence et non rapport de causalité.
Nous ne serons donc pas plus affirmatif qu'il ne convient, et nous ne formulerons aucune loi générale sur la
conséquence des constrictions du cordon ombilical par
les bridesamniotiques. Nous dirons simplement qu’il est vraisemblable que les constrictions puissent déterminer des troubles dans la circulation funiculaire, troubles capables d'entraîner la mort du fœtus.