‹ Contribution à l'Étude de l'HelminthiaseChapitre 33 sur 46 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

HYGIÈNE DANS L’ASCARIDIOSE

L'étude de la biologie des Ascaris, de leur évolution à l’extérieur et à l’intérieur de l’être humain, amène à envisager des mesures de prophylaxie générale, aussi bien que des prescriptions ayant plutôt un caractère de défense de l'individu.

Ces mesures de prophylaxie individuelle consistent en somme à éviter l’ingestion d’œufs embryonnés, ces œufs étant principalement contenus ou transportés par l’eau, les légumes ou les fruits poussant à ras de terre.

Il conviendra donc dans ce sens, de :

I. S'assurer de l’innocuité de l’eau de table et de l’eau de lavage des légumes et fruits.

IT. Éliminer les œufs des légumes et des fruits.

IIT. S’abstenir de la consommation des légumes et fruits crus de provenance suspecte.

IV. Assurer la protection des aliments contre les agents vecteurs (mouches, etc.).

L’eau

Le problème de l’innocuité de l’eau est essentiellement un problème d'hygiène rurale. En effet, dans les conditions normales, l’eau des villes, filtrée et traitée convenablement, peut être considérée comme ne véhiculant aucun œuf de parasite.

Nous n’avons pas à traiter ici de la question de l’approvisionnement en eau des campagnes. Mais nous pouvons tout de même souligner certains principes qui doivent guider dans le choix des sources.

Les puits artésiens ou les sources dont l’eau provient d’une grande profondeur assurent en quelque sorte une filtration naturelle à travers les différentes couches minérales. La nécessité d’éviter la souillure par les différents détritus et matières fécales doit faire rechercher des sources éloignées le plus possible

Er 00r—

des lieux d'évacuation. Entre autres, les puits artésiens jouissent d’une sorte de protection naturelle qui, dans une certaine mesure, assurent la potabilité de leur eau. Dans tous les cas douteux, et spécialement après des périodes d’inondations, la filtration et l’ébullition prolongée permettront d’assurer l’inocuité des eaux suspectes. Ces mesures présentent l’avantage d’être des traitements facilement réalisables, et s’avèrent suffisant pour éliminer les œufs embryonnés d’Ascaris. Il n’en est pas de même des différents traitements chimiques et, dans la plupart des cas, les responsables se contentent d’assurer une protection uniquement anti-bactérienne, sans se soucier autrement des conséquences de l’ingestion d’une eau parasitée.

Cette nécessité d’employer une eau non parasitée ne s’applique pas seulement à l’eau de boisson. L’eau d’arrosage peut également constituer un important agent de transmission de l’ascaridiose en polluant les légumes et les fruits. Pour cet usage, il faudra donc aussi procéder à une sélection qui écartera l’eau des grandes surfaces (étangs) et celles des rivières en aval des grandes villes. Chaque fois que l’on se trouvera dans l’obligation de recourir à l’emploi de telles eaux, on ne manquera pas de procéder à un filtrage approprié. L’eau de puits, de citerne (pluie) semble présenter le plus de garanties en dehors de l’eau des installations municipales.

Légumes et fruits

L'interprétation de nos statistiques nous a amené à souligner l’importance des légumes et des fruits dans la transmission des œufs d’Ascaris.

Cet aspect de la question n’est pas particulier à Lyon. Vovancan (42) indique que 4 % des salades vendues aux halles de Marseille sont souillées par des œufs d’Ascaris.

Pour éliminer cette voie de propagation de l’Ascaridiose, il faut, d’une part, mettre les consommateurs en garde contre la consommation des crudités malgré l’apport de vitamines qu’elles comportent et, d’autre part, interdire aux maraîchers revendeurs l’emploi de l’engrais humain.

Pour les légumes cuits, la question de la contamination ne se pose pas, la cuisson assurant l’inocuité.

Il n’en est pas de même des crudités (salades vertes, carottes râpées, etc.), même préparées avec du vinaigre. Il ne faut pas compter sur une faible dose d’Acide acétique pour suffire à tuer l'embryon dans l’œuf d’Ascaris.

En fait, il faut éliminer l'œuf lui-même.

Cette élimination s’obtiendra dans la mesure du possible, par un lavage prolongé sous une eau courante (action mécanique) suivi d’un essorage.

Page 1