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déceler la présence du parasite au plus vite. Ceci suppose un contrôle méthodique des fèces, et peut-être une systématisation des analyses coprologiques dont nous allons parler maintenant.
Les matières fécales
GRADWOHL et KoURY (52) rappellent, fort utilement, que lorsqu'on recherche des éléments parasitaires dans les matières fécales, il faut toujours se rappeler, lorsqu'on pense au Taenia, que celui-ci ne libère pas d’œufs en dehors de ses anneaux (nous excluons dans notre étude le Bothriocéphale). I1 convient donc de recueillir la totalité de l’émission de matières, ce qui revient à dire que pratiquement, l’examen macroscopique, à condition qu’il soit pratiqué systématiquement, suffit à déceler le parasitisme.
Quand on veut bien se souvenir qu’un seul individu porteur d’un Taenia, expulse en un an 600.000.000 d’œufs qui, s’ils sont contenus dans des anneaux au moment de l’émission, n’en sont pas moins rapidement libérés, on se rendra aisément compte du danger que comporte l’utilisation en guise d’engrais des matières renfermant un tel nombre d’éléments parasitaires.
Du péril fécal
Les chiffres que nous venons d’indiquer pour souligner le potentiel pathogène que peuvent constituer certaines matières fécales, nous amènent à dépasser le cadre de cette troisième partie de notre étude prévue initialement pour certains Plathelminthes et à nous appliquer à esquisser une vue d’ensemble de ce que certains hygiénistes comme RocHaix (53) ou encore des parasitologues comme CoUTELEN (54) appellent le « péril fécal ».
Les matières fécales en effet, ne véhiculent pas seulement des œufs d’Helminthes, mais également un grand nombre d’autres éléments parasitaires et microbiens, dont il ne nous appartient sans doute pas de faire ici le bilan, mais desquels le rôle pathogène n’en est pas moins considérable. En fait, l’hygiéniste soucieux de l’application des mesures prophylactiques en temps ordinaire, comme en période d’épidémie, sait l’importance parfois capitale que confère cette puissance pathogène aux excréments humains, et que ce n’est pas simple emphase oratoire que de parler en certaines occasions d’un véritable péril fécal.
S'il ne s’agissait que de neutraliser les matières fécales, comme pourraient trop souvent le penser ceux qui se cantonnent dans une perspective de citadins, la question serait résolue par leur destruction. Mais, leur problème se complique du fait de l’utilisation en tant qu’engrais, des différents excréments. Il s’agit alors de neutraliser les éléments parasitaires tout en laissant subsister le pouvoir
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fertilisant des fèces. C’est ainsi que le problème se pose actuellement, car dans la plupart de nos campagnes, non seulement les excréments animaux sont utilisés et répandus dans les vergers, les jardins et les champs, mais également le contenu des tinettes où des différents lieux d’aisance réservés à l’évacuation des matières humaines, à supposer que de tels lieux existent, car bien trop souvent, on se contente de déverser régulièrement le contenu du seau familial sur le fumier.
Un sérieux effort d'éducation et d’équipement de nos campagnes est à faire sous cet angle. Nous ne nous proposons pas d'étudier ici l’opportunité de tel ou tel choix, quant à l'installation des lieux d’aisance, mais ce que nous voudrions faire remarquer, c’est la nécessité de prendre en considération les dangers que constitueraient des installations qui n’assureraient pas une destruction, à la fois des parasites adultes et de leurs germes.
C’est dans cette perspective qu’il convient de proscrire absolument l’usage du puits perdu dont le contenu s’infiltre dans le sol et va contaminer la nappe d’eau souterraine.
Quant aux fosses fixes curables, elles présentent d’abord l’inconvénient de dégagement gazeux dangereux au moment de la vidange, et, si elles assurent la destruction des micro-organismes, il n’en demeure pas moins que, grâce à l’épaisseur de leurs membranes externes, la plupart des œufs de parasites y résistent.
L’emploi de fosses mobiles ou tinettes, sans être une solution définitive, nous paraît être par l’action de matières absorbantes, un réel progrès.
Si l’on peut dire que pour les petites villes où, malheureusement, trop souvent n'existe pas le tout à l’égout, le problème est sensiblement le même que dans nos campagnes, pour les localités où ce système fonctionne les données sont nettement différentes.
Il s’agit en somme d’épurer les eaux d’égout lorsqu'elles doivent être récupérées comme engrais. L’épuration chimique ne peut entrer en ligne de compte, car la quantité de désinfectant qu’il faut ajouter exclut l’utilisation comme engrais des matières traitées. La nitrification par action bactérienne semble être une solution valable.
Cependant, il convient d’ajouter que sous un angle de prophylaxie antiparasitaire, la réalisation d’un traitement à 100° pendant quelques minutes constituerait une défense définitive contre toute propagation des éléments reproducteurs.
Nous ne voudrions pas omettre, avant de conclure ce paragraphe, de mentionner les dangers d’infestation qui accompagnent l’acte de la défécation, danger dont nous avons eu particulièrement l’occasion de parler dans notre chapitre consacré aux Oxyures.