OBSERVATION II
NEPVEU et VERNEUIL. — Contribution à l'étude du lymphanyiome de la langue. Société de chirurgie, 1877.
Louise PI....., 52 ans, coloriste, n'ayant jamais fait de graves rialadies, ne portant aucune trace de syphilis, ni de scrofule,
mais seulement dyspeptique et névropathique, vint à l'hôpital
re
de la Pitié consulter pour ses maux d’estomac. C’est par hasard qu'un élève, ayant constaté la lésion linguale, qui lui parut curieuse, amena la malade à M. Verneuil, qui la reçut dans son service, où nous pûmes l’examiner à loisir.
Elle assigne à son affection une origine déjà ancienne. S'’étant par hasard, en mangeant, mordu la langus il y a 18 mois, elle constata la présence, sur le bord gauche de l’organe, d’une tumeur du volume d'une amande, tout à fait indolente spontanément et à la pression, elle ne fit guère attention à ce mal, qui resta longtemps stationnaire et n'a fait quelque progrès que dans ces derniers mois.
Voici ces caractères au mois de Janvier 1877, tumeur chlongue à grand axe oblique d'avant en arrière, mesurant en ce sens à peu près trois centimètres sur deux et demi transversalement, faisant à la fois saillie sur la face dorsale, sur le bord gauche de la langue, au niveau de son tiers moyen et en bas sur le plancher de la bouche dans le sillen gingivolingual.
Elle est mollasse, flasque dans toute son étendue, sans fluctuation, ni rénitence, et semble s’affaisser sous l'influence de la pression pour reprendre au bout d’un certain temps son volume primitif, à la manière des tumeurs erectiles ; l'effort toutefois n’accroit, ne distend, ni ne durcit la masse ; quoique bien apparente à la vue, elle se distingue mal par le toucher -du reste de la langue quand celle-ci est au repos ; mais si on fait contracter les muscles, on reconnaît qu’ils manqüent au niveau de la tumeur comme s'ils avaient éprouvé une perte de substance, en d’autres termes, la masse musculaire est comme échancrée largement sur le bord gauche de l'organe.
La muqueuse sous-jacente n’est point altérée et paraît seulement un peu amincie ; les papilles ne sont ni atrophiées, ni Rypertrophiées, nulle part on ne constate de vésicule transparente, ni de réseau vasculaire, ni de translucidité.
Loin d’être bleuâtre ou violacée, la teinte générale est pâle, d'un blanc sale tirant sur le jaune.
Du reste, l’indolence est absolue et la gêne irsignifiante. Les mouvements s'exécutent de telle façon qu'aucun des usages de l’organe n'est entravé.
Le reste de la lañgue est sain, sauf ça et là, quelques sillons inter-papillaires un peu profonds, Les parties voisines sont également indemnes. Les ganglions du cou n'offrent aucune modification et n’en ont jamais offert ; en un mot, sauf l’existence de la tumeur, tout est négatif, aussi la malade est-elle surprise de l’insistance avec laquelle on l’examine pour un
mal qui ne la préoccupe nullement,