II. — Hérédité d’une insuffisance
Langheransienne
Les auteurs modernes considèrent que le diabète se transmet avec son substratum anatomo-physiologique. C’est l’hérédité de troubles gluco-régulateurs due à la transmission familiale d’un dysfonctionnement glandulaire dont l'insuffisance langheransienne serait l’élément essentiel.
Cette hérédité ne se manifeste évidemment pas dès Ja naissance. C’est encore en quelque sorte l’hérédité d’un potentiel diabétique.
Quelles sont alors les circonstances déclanchantes qui vont venir révéler le diabète chez l'individu ?
Priesel et Wagner montrent que l’activité considérable des îlots de Langherans réclamée par les pério-
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des actives du développement organique sont un premier facteur important. Ainsi le diabète apparaît souvent au moment de la puberté tant chez les garçons que chez les filles. C’est là un fait que nous avons pu observer nous-mêmes dans le service de notre maître, le professeur Rathéry. En particulier, nous avons pu retrouver, dans de nombreuses observations, l’apparition du diabète chez la jeune fille, au moment de l’apparition de règles tardives. Il nous semble important de rappeler que dans ces cas, le diabète apparaissait souvent avec une allure évolutive d'emblée grave, nécessitant un traitement diatétique énergique et des doses importantes d'insuline. Nous ne voulons que rapprocher ces quelques cas de l’opinion de Priesel et
Wagner. Au contraire, le professeur Labbé ne voit
aucune relation évidente entre la puberté et l’installation du diabète dans les deux sexes.
Voici donc un des premiers facteurs qui déclancherait cette insuffisance langheransienne latente.
La ménopause est encore un des révélateurs de l’affection et Joslin considère cette période comme un des facteurs les plus importants de l'installation du diabète.
Etablissant sa statistique sur une période de vingtcinq années, il montre la proportion du diabète s’élevant chez l’homme de 25 %, au contraire chez la femme dans des proportions beaucoup plus grandes, 117 %, avec une brusque ascension de la courbe au moment de la ménopause.
De même les infections, les intoxications, les schocks, la fatigue sont encore des révélateurs habituels de l’insuffisance langheransienne.
LR ERSS
Tous les auteurs insistent encore sur la fréquence du diabète dans les familles de gros mangeurs. Il est évident que l'insuffisance des organes glyco-régulateurs, si elle reste latente quand l'apport alimentaire est modéré, est rapidement démasqué par ses excès. C’est là un facteur non négligeable, surtout dans l’apparition des diabètes bénins, et qui rend difficile la discrimination de l’hérédité réelle.
En résumé, dans l’ensemble, les auteurs modernes tendent à considérer l’hérédité diabétique comme une hérédité d’insuffisance -langheransienne révélée par les épisodes de la vie génitale, les infections, les intoxications, et dans une certaine mesure par la surali-
mentation.
III, — Notion d’une hérédité hétérologue
L'hypothèse d’une hérédité langheransienne, si elle explique un des éléments essentiels du problème, ne semble pas répondre à tous les aspects de la question. L'hypothèse de l’hérédité d’une diathèse avait le mérite de montrer la fréquence dans l’hérédité rhumatismale, d'accidents de déséquilibre vago-sympathique tels que l'asthme ou ses équivalents. Existe-t-il donc une hérédité plus vaste que l’hérédité d’une insuffisance glandulaire des îlots de Langherans ? Quatre observations que nous rapprocherons des sché- -mas classiques de Landouzy semblent bien mettre en lumière l’existence, à côté de l’hérédité diabétique, d’une hérédité de déséquilibre vago-sympathique sem-