‹ Contribution à l'Étude de l'Hôpital ModèleChapitre 4 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Comme le fait très bien remarquer Richard, l'hôpital doit être l'habitation hygiénique type. Elle doit remplir rigoureusement toutes les conditions essentielles à Îa salubrité des habitations. Là, plus qu'’ailleurs, les eaux saines, l'air, la lumière, doivent s’y trouver en abondance. É

Dans un travail important sur la construction des hôpitaux, Leroy disait à l'Académie des sciences : « Une salle d'hôpital est une véritable machine à traiter les malades. Si l'on excepte l'espèce de soubassement sur lequel je propose d'établir les salles pour qu’elles soient suffisamment élevées au-dessus du terrain, elles pourraient être bâties très légèrement,même en bois, si on le voulait. Comme ces salles n’en auraient certainement pas d’autres audessus d’elles, elles ne demanderaient à être fondées, nitrès solidement, ni avec des murs très épais. Une extrême propreté et un air aussi pur que possible, c'est la vraie et seule mesureà prendre. »

C’est en 1777 que Leroy parlait de la sorte, Il a

0e fallu cependant nombre d'années pour que Îles vérités les plus élémentaires de l'hygiène hospitalière fussent connues et il en faudra nombre d'autres pour qu'elles soient appliquées !

Nous ne savons si à Lyon, particulièrement,ona mis plus longtemps qu'ailleurs pour Îles connaître, mais 1l est bien certain que, si on les connait, .on ne les applique point !

En flänant sur les quais du Rhône, l'architecte et l'amateur peuvent rester en contemplation devant la façade monumentale de l'Hôtel-Dieu.S ils y pénètrent legrand dôme et son crocodile peuventleshypnotiser. Mais de tout cela, l'hygiéniste ne saurait que gémir !

L'hôpital lyonnais est, en effet, l'hôpital antihygiénique par excellence. C'est le type de l'hôpital, tel qu'il ne doit pas être. L’Hôtel-Dieu,la Charité, l’Antiquaille se disputent à l’envi la pierre monumentale, les recoins obscurs et poussiéreux,les salles basses et les salles hautes à perte de vue encombrées de malades qui viennent chercher parfois le salut, trop souvent le tombeau !

Une partie de l’Antiquaille, néanmoins, se présente sous un nouveau jour, depuis qu’elle compte parmi ses chefs de service un professeur d'hygiène. C'est l'hôpital Saint-Pothin, qui a subi une véritable transformation. Qui a visité Saint-Pothin il y a deux ans, qui le revoit aujourd'hui est stupéfait et se demande comment on a pu tirer ainsi parti de ce qui existait sans démolir et satisfaire à de nombreux desiderata de l'hygiène. C'était une « masure », onen a fait un hôpital.

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