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En 1786, l'Académie des sciences opinait pour fa direction est-ouest de l'axe des bâtiments. En fait, cette orientation doit varier suivant les pays. Pour J. Rochard, dans les pays du nord, il faut se mettre à l'abri des vents du nord, des bourrasques et de la pluie qui viennent de ce côté. Le grand axe des bâtiments doit donc avoir dans ces pays l'orientation estouest. De cette façon ils exposeront au soleil leur plus large surface. Dans les contrées du midi, il faut se prémunir contre le soleil.Ici,le grand axe devra donc présenter l'orientation nord-sud qui sera préférable.
Toutefois d'après Wosot, l'orientation devrait toujours être méridionale pour obtenir la plus grande somme d'aération et d'insolation.
Quelle que soit l'orientation adoptée, conclut M. Bondet « ce qui est indispensable, c'est que l'aération soitlargement assurée par ies faces opposées des bâtiments ».
L'orientation d’un hôpital est donc, on vient de le voir, variable avecles contrées où on le construira. Un seul point doit guider l'architecte : c'est que tout bâtiment hygiénique a besoin d'être ensoleillé mais non échauffé à l'excès.
Type de construction. — L'hôpital-monument doit disparaître pour laisser place à l'hôpitalchalet. Le typemoderne doit êtrel’hôpital fragmenté à pavillons sans étage.
M. Bondet admetle pavillon à un étage sur rez-dechaussée plein surélevé de 1 m.20 à 1 m. 50 audessus du sol.
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La disposition acceptée actuellement parles hygiénistes est celle des pavillons isolés et autant que possible à simple rez-de-chaussée. Si le rez-de-chaussée est affecté à des salles de jour, peut-êtredoit-on tolérer un étage.
Tollet a montré que le pavillon à rez-de-chaussée simple n'est pas plus cher, ne nécessite pas un plus vaste terrain d'assiette que les autres pavillons. Si l'on veut espacer les pavillons à une distance qui soit le double de leur hauteur, il faut à peu près autant de terrain dans les deux cas. Les principes posés par Tollet à cet égard sont acceptés aujourd'hui et les hôpitaux de Bourges et de Montpellier en fournissent les types.
M. Langlois ne proscrit pas cependant les pavillons à deux étages, si l'hôpital est bien situé et si les pavillons sont assez loin les uns des autres pour permettre une large distribution d'air et de lumière. L'hôpital Tempelhof où les plafonds séparant les étages sont constitués par des matériaux imperméables le satistont pleinement.
Ilest certain que les bâtiments destinés à abriter les services généraux, administratifs et le personnel peuvent être des pavillons à étage. Mais les pavillons de malades doivent être à simple rez-de-chaussée. En somme, avec J. Rochard, c'est le principe du système de pavillons bâtis surcaves à rez-de-chaussée surélevé qu'il faut autant que possible adopter.
Le système de pavillons isolés et le plus souvent à simple rez-de-chaussée, est celui qui a été adopté dans. la plupart des hôpitaux de construc-
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tion récente. L'hôpital Boucicaut est à pavillons isolés ; l'hôpital Bretonneau est à pavillons bâtis sur caves; le pavillon de la consultation, les pavillons de contagieux, le pavillon de chirurgie (non suppurants) sont à simple rez-de-chaussée. Tous les autres sont à un étage et même les pavillons de la direction, des services généraux et de la diphtérie sont à deux étages. Au nouvel hôpital Trousseau,les pavillons de la diphtérie,de médecine, de chirurgie sont à un étage, ceux des services géné raux à deux étages ; les autres sont à rez-de-chaussée et partout s'y montre l'harmonie des lignes et des tons. A l'annexe Pascal de l'hôpital Broca, tous les pavillons, sans exception, sont à simple rezde-chaussée. Les salles d'opération et le service de la consultation sont bâtis sur caves. Les salles de malades sont bâties sur terre-plein, sauf à la partie centrale, qui est occupée sur toute la longueur par un tunnel qui contient l'ensemble de la canalisation. L'hôpital militaire de Bourges, l'hôpital Saint-Eloi à Montpellier présentent aussi des types d’hôpitaux à pavillons séparés. En Allemagne, et en Russie le principe des pavillons isolés ou des baraques est depuis longtemps en usage : il suflit de citer le lazaret de baraques de Moabit, l'hôpital d'Urban, l'hôpital de l'Empereur et de l'Impératrice Frédéric, les baraques de Botkine.
Matériaux de construction. — Le principe de la construction par pavillons étant adopté, il nous faut maintenant étudier la manière de construire
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ces pavillons. Nous considèrerons ici le pavillon de malades, en général, devant revenir ensuite au cours de ce travail, sur la division et l'aménagement de chaque pavillon en particulier.
I] faut renoncer à la pierre monumentale dans la construction de l'hôpital modèle pour recourir au fer et à la brique c'est-à-dire à des matériaux dont le prix de revient est faible et qui tout en assurant une solidité et une dureté suflisantes n’excluent pas cependant tout à fait le côté architectural. C’est l'opinion de M. Bondet.
La terre argileuse, convertie en briques par la cuisson au four, forme une pierre artificielle sufhisamment dure, si elle est bien cuite, légère, sèche et peu poreuse. Du reste, ce sont les circonstances locales, qui, bien souvent, font choisir tels ou tels matériaux. « Au point de vue de la pureté de l’atmosphère intérieure, dit E. Trélat, les meilleures parois sont les murs, composés de matériaux, perméables à l'air et imperméables à l’eau. Le type est le calcaire tendre 2
Le bitume, l'asphalte fondu et mélangé de sable seront employés pour les revêtements qui doivent être imperméables, de même que les ciments de Vassy et de Portland.
L’ardoise formera d'excellentes toitures. La terre cuite et montée en tuiles creuses ou plates se présentera dans les mêmes conditions, mais sera moins solide. En somme, tuile ou ardoise, peu importe pourvu que la toiture ait une disposition, propre à assurer l'égalité de la température dans les salles.
Roue Nous y reviendrons, du reste, dans un instant.
La charpente en bois sera remplacée par le fer . qui est incombustible et imperméable aux bactéries.
En résumé, la brique et le fer, tels sont les matériaux que nous adopterons pour nos constructions.
Si nous employons la pierre, ce sera tout au plus pour le bâtiment d'entrée, comme à Boucicaut, où, du reste, tous les autres pavillons sont en brique et en fer sur soubassements en meulière.
Murailles. — Tollet, pour les pavillons d'hôpitaux, préconise le mur à double paroi: une paroi extérieure de o m. 25 de largeur et une paroi intérieure de o m. 11 entre lesquelles se trouve une couche d'air de o m.20 formant un véritable matelas contre la déperdition du calorique, matelas dont la puissance est encore augmentée par l'usage des briques creuses dans fa construction de ces deux parois. Pour Tollet, cette triple paroi de o m. 56 équivaut, comme puissance de protection, à un mur plein de o m. 80. S'ils'agit d’une construction légère, telle que le pavillon à simple rez-de-chaussée, il suffit que la muraille soit ainsi constituée : une paroi extérieure de om.tI, une intérieure de © m. 05 séparées par un espace vide de o m.05. Certains pavillons Tollet sont formés d’une paroi constituée à l'extérieur par des briques pleines, doublées, à l'intérieur, d'un revêtement de briques creuses qui viennent ajouter à la paroi un véritable matelas d'air. On a pu ainsi limiter l'épaisseur des murs à o m. 15.
Pour M. Bondet, il faut des murs d'épaisseur et
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d'imperméabilité suffisantes, des murs pleins et non a double paroi.
Dans les pays froids, comme à Berlin, on pourra avec avantage doubler extérieurement les murailles des pavillons d'un revêtement en liège ; c'est ce qui a été fait à l'hôpital Baginski et y donne d'excellents résultats.
Pour le revêtement des parois, les enduits hydrofuges, les vernis, les peintures au goudron et à la laque seront en honneur.
Les revêtements intérieurs seront imperméables ou, en tous cas, faciles à laver ; les peintures vernies se lavent facilement à la lance et sont très acceptables. Elles doivent être à l'huile à base de blanc de zinc et d'un ton très clair, qui ne dissimule aucune tache, ni souillure. Dans certains endroits, les parois intérieures doivent être revêtues de stuc, de briques vernissées, de carreaux émaillés, de faïence, de façon à ce qu'elles soient réfractaires à l'imprégnation miasmatique et qu'elles puissent être débarrassées, par des lavages convenablement et aseptiquement faits, de toutes les matières qui peuvent se déposer à leur surface. Telles doivent être les parois des lavabos, water-closets, etc.
Les parois doivent être lisses et se rencontrer en s'arrondissant et non à angle droit. Les angles horizontaux que déterminent le parquet et la muraille doivent être de même. |
L'hôpital Moabit, à Berlin, est en briques et en bois. Les murs des pavillons de l'hôpital Boucicaut à Paris sont formés de deux parois, séparées par une