‹ Contribution à l'étude de l'Hydro-climatisme SocialChapitre 19 sur 47 · ÉTAPES · texte numérisé non relu

ÉTAPES

Pour les enfants non tuberculeux, mais sortant d’affections anergisantes, la question est également primordiale. Toute maladie requiert après le moment où l’organisme en a été victime, une période de convalescence.

Nous ne pouvons pas énumérer toutes les maladies susceptibles de préparer le terrain à la tuberculose, et indiquer les moyens curaleurs de la crénoclimatothérapie, car il nous faudrait faire le tour de la pathologie infantile. Nous avons montré, nous le pensons, combien l’hydro-climatisme était capable de solliciter, sans les fatiguer, les singulières forces que la nature place avec prédilection chez les êtres jeunes, et de faire ces miracles dont les médecins d'enfants n’ont pas cessé de s'étonner.

Certes, la liste des maladies susceplibles de laisser après elles la porte ouverte à la tuberculose, est longue : maladies infectieuses, pleurésies, affections pulmonaires, érythèmes noueux, ete. Mais nous voudrions surtout parler de la primo-infection tuberculeuse, qui parfois est ure maladie flagrante, parfois au contraire si inapparente, qu’il est alors nécessaire de la dépister par la euti-réaction de Von Pirquet et la radiographie. Nous voudrions surtout rappeler que cette primo-infection doit être guettée et systématiquement recherchée, et qu’alors la convalescence de cette affection, si bénigne qu'elle puisse paraître en apparence, doit être rigoureuse, doit bénéficier de la créno-climatothérapie et être parfaitement contrôlée médicalement. C’est 1à une mesure essen- Uelle de prophylaxie tüberculeuse.

Il en est de même pour l’érythème noueux, dont l’étiologie est encore discutée, el qui demande une convalescence {rès sérieuse.

L'hydro-climatisme apparaît, dans ces cas, notre plus puissant moyen pour relever rapidement une santé défaillante, el éviler des suites fâcheuses.

Celle hygiène el cette régénération de l'enfance est la base de la lulte antituberculeuse préventive. Le nombre croissant des œuvres de l'enfance, qui suivant les catégories sociales

enr ses

auxquelles elles s'adressent el au genre d'affection visée s’appellent soit préventorium, soit écoles de plein air, soit homes familiaux, soit maisons de repos, soit centres médico-pédagogiques, prouve l'importance de l'hydro-climatisme de l'enfance. Un tout récent arrêté du Ministre de la Santé Publique, de mai 1937, mettant encore la question au point, prouve combien elle est d'actualité. La fréquence de ces questions constamment soulevées dans les grands Congrès de Phtisiologie, de Pédiatrie, d'Hydro-Climatologie le montre également.

Cette lutte anlituberculeuse préventive de l'enfance se fait au moyen de

Maisons de repos,

Maisons de convalescence,

Préventoriums,

OEuvres de prévention de l'enfance,

Climatisme des crèches,

Ecoles de plein air,

Camps lhermaux el climaliques, el aussi indirectement par l'intermédiaire de loules les œuvres sociales qui tendent à faire vivre au grand air, comme le scoulisme, les sociélés de camping, de sports, elc., ete...

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Ses IR

b) LE RHUMATISME :

Le rhumatisme est un véritable fléau social, « c’est l’ennemi social n° 10 » comme l’appellent les américains.

Une lutte à la fois scientifique et sociale ést organisée dans tous les pays sous l'impulsion de la Ligue Internationale contre le Rhumatisme, dont le Docteur Van Breemen, d'Amsterdam, est le secrétaire. La fréquence et l'importance des Conférences [Internationales prouvent la nécessité où se trouvent toutes les nations de lutter activement :

Conférence internationale du rhumatisme progressif généralisé, Aix-les-Bains, juin 1934 :

4 Congrès du Rhumatisme, Moscou, mai 1934.

Congrès dé la Goutte et du Rhumatisme, Vittel, septembre 1935,

Congrès [International du Rhumatisme, Lund (Suède), septembre 1936,

Journée Internationale du Rhumatisme, organisée par la Ligue Française contre le rhumatisme, Paris, octobre 1937,

Congrès International du Rhumatisme, Oxford, mars 1938, pour ne citer que les plus importants et les plus récents. Presque lous les pays possèdent une Ligue contre le Rhumatisme. Pour rester dans notre cadre, nous ne pouvons toujours pas détailler les moyens mis en œuvre pour lutter contre cette maladie, mais nous nous contenterons d'indiquer par des chiffres particulièrement probants les ravages causés par le rhumatisme.

Ce problème ne peut, ni ne doit nous laisser indifférents. La France est soumise à la loi sur les Assurances sociales, el déjà les caisses ont pu chiffrer les dégâts et pousser le eri d’alarme. La lutte anti-rhumatismale doit être active : un tout récent article dans la Presse Médicale de MM. Laignel-Lavasline et Dejust, intitulé « Appel en faveur des rhumatisants dont la misère est très onéreuse, » met au point la question.

Avant de voir la façon dont nous sommes médicalement armés, regardons déjà ce qui se passe à l'étranger.

En Suède : où la lutté anti-rhumatismale semble bien or-

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ganisée, des statistiques claires indiquent l'étendue du mal. Le Professeur agrégé Kahlmeter de Stockhoim rapporte que la Direction des Pensions, organe des Assurances sociales, a publié des statistiques parues dans l'Acta Medicana Scandinava, tome 59, 1923. Ces statistiques ont montré que le rhumalisme est une maladie plus importante, au point de vue social, que la tuberculose et que le rhumatisme chronique est la cause la plus fréquente d'invalidité précoce. Il en est ainsi dans 9 % des cas. Le chiffre fut établi après examen de 20.000 certificats médicaux signés du Dr Kahlmeter, done parfaitement justes.

Une enquête analogue effectuée en 1929, donne le chiffre de 12,4 %. La Suède accorde chaque année 5.000 nouvelles pensions d'invalidité pour rhumatismes incurables. La longévilé des rhumatisants est souvent assez grande, il est possible de se rendre compte des charges que cette affection peut occasionner à l'Etat.

En Allemagne : D'après le Professeur Guzdent, de Berlin, il fut publié en 1928 une importante élude du rhumatisme et de ses conséquences économiques et sociales (Editions Rémar Hobling, Berlin, 1928, par Arnold Zimmer). Ces chiffres concordent avec ceux des autres pays. Le Professeur Guzdent, dans son livre sur « La Goutte et le Rhumatisme », établit que 10 % de toutes les affections rentrent dans le rhumatisme et que le nombre des rhumatisants est 8 fois plus grand que celui des tuberculeux.

En Angleterre : D'après M. W. $. C. Copeman, de Londres, le Ministère de la Santé publique publia dès 1924 un rapport intitulé « Incidence of rhumatism ». Ce rapport donnait une étude des graphiques d'assurance de certains districts. En 1928, au Congrès de Bath, Sir Walter Kinnear donna les premières statistiques officielles, maintes fois reproduites depuis, el bien connues. En 1927, les secours pour maladie ou impotence distribués par les Sociétés de bienfaisance officielles en Angleterre, Ecosse et Pays-de-Galles montaient à 20.000.000 de livres sterling, ce qui équivallait à

moe

34.000.000 de semaines d'incapacité. Mais en tenant compte de tout, ce chiffre pourrait atteindre 35.000.000 de semaines; sur ce nombre 5 millions et demi de semaines peuvent être attribuées au rhumatisme. Chaque année 35 millions au moins de livres sterling sont donc payées pour le rhumatisme. Cette somme ne comprend pas les dépenses faites pour les malades en traitement qui ne sont pas impotents: elle ne comprend pas le coût des traitements et hospitalisations ;’elle ne couvre que partiellement le prix des traitements des malades âgés de plus de 70 ans, qui sont plus élevés. Cette évaluation élant uniquement faile sur les assurés, les dépenses doivent

être en réalité plus importantes et difficiles à évaluer.

En Autriche: D'après le Docent Dr E. Freund, de Vienne, la lutte antirhumalismale ne semble pas moins active et le fléau moins redoutable. Les Assurances sociales étant divisées en plusieurs branches, et chacune avant une façon différente d'établir ses statistiques, il est moins aisé d’avoir une vue d'ensemble. Pour les Assurances sociales et les Assurances des ouvriers de Vienne, il semble que les dépenses faites pour les affeclions pouvant êlre rangées dans la classe rhumalismale alleignent 7 9%. des dépenses Lotales:

Aux Etats-Unis d'Amérique : Ainsi que le rapporte M. Malhieu-Pierre Weil (Osgood, 1932, Bigelow et Lombard, 1933), près de 12 % de la populalion souffre de rhumalisme. Dans le Massachusells, Ta proportion des rhumatisants est de 3,2 pour cent, le chiffre dépasse celui de la tuberculose, du cancer, des maladies de eœur réunies. Dans l’Elat de Nebraska (U.S. A.); sur une populalion ouvrière, 19 , des arrêts de travail sont impulables au rhumatlisme (Thomson, 1932). Dans la ville de New-York-Cilv, il existe 8.000 rhumatisants absolument impotlents (Douglas Taylor, 1934). Le rhumaüisme el la goutte donnent des proportions d'invalidité de 16,6 pour cent et de 19,6 pour cent, si on fait entrer dans la. statistique les cas de rhumalisme musculaire, D'après Flechter, le rhumalisme coûlait en 1922 la somme de 200 millions de dollars aux Elals-Unis d'Amérique.

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