‹ Contribution à l'étude de l'Hydro-climatisme SocialChapitre 27 sur 47 · GONE · texte numérisé non relu

GONE

thérapie, où elles agissent de la même façon que dans le traitement mercuriel : c'est-à-dire, absorption et utilisation meilleures du produit injecté, action préventive et curative sur les acciderits buccaux, effets toniques et reconstituants sur l’organisme.

C'est ainsi que des observations multiples indiquent que l’on peut par l'association d'une eure sulfureuse au traitement bismuthique, faire supporter par les malades des quantités nettement plus fortes du médicament, el chez les malades intolérants, mener à bonne fin une eure qui autrement aurail été impossible.

Lés recherches de MM. Levaditi et Howard (Société de Biologie, février 1929) donnent un aspect expérimental à la question : ces auteurs établirent que des extraits d'organes riches en soufre, c’est-à-dire en glutathion, augmentent d’une façon considérable l’action du bismuth dans les spirochétoses.

Grâce au soufre, a dit le Prof. Gougerot, à la Société d'Hvydrologie de Paris, on peul atteindre avec le bismuth des doses plus fortes, prolonger les cures, éviter les intolérances, désaturer l'organisme, diminuer et traiter les accidents, ou obtenir par la même dose une action plus puissante.

La cure sulfureuse sera particulièrement indiquée dans les traitements intensifs par le bismuth, et dans les cas d’intolérance. Elle sera également indiquée pour lutter contre l’anémie et l’asthénie, causées par la maladie et la thérapeutique.

Cures hydro-minérales et arséno-benzols : L'action de la cure hydro-minérale est dans ce cas indirecte : car c’est essentiellement par son action sur le foie que la cure alcaline est bienfaisante. La tolérance aux arséno-benzènes réside presque essentiellement dans le fonctionnement du foie. Ce fait est clairement indiqué par la remarquable tolérance aux arséno-benzènes quand ils sont employés conjointement à des extraits hépatiques administrés par voie parentérale, ainsi que l’a souvent enseigné le Prof. Maurice Villaret.

Cette action du foie dans la thérapeutique arsenicale a été

Rp

souvent prouvée par des constatations anatomiques et cliniques : MM. Jeanselme et Bertrand, Morel et Mouriquand, Kohn-Abrest prouvèrent l’hépalotropisme de larsenic. MM. Queyrat, Ravina, Langevin et Brulé, Schamberg et Brown, Wolf, ont montré que les arséno-benzènes peuvent déterminer l'insuffisance hépatique. Les ictères différemment interprétés, il est vrai, observés au cours des cures arsénicales, pourraient également le prouver.

Des observations de M. Glénard et de M. Vauthey indiquent d’une façon nette que la cure alcaline augmente la tolérance du médicament.

« Maintes fois, dit le Prof. Gougerot, j'ai vu des syphilitiques qui ne pouvaient tolérer l’arsenic, la supporter après une cure hydro-minérale et en retirer un bénéfice vital. »

La cure alcaline pourrait également activer l'effet de a thérapeutique arsénicale en donnant des résultats identiques pour des doses moindres.

Ces données ont été expérimentées par MM. Puech et Roche (Presse thermale et climatique, sept. 1937), qui ont montré que le novarsénobenzol dilué dans de l’eau minérale était plus toxique pour des têtards et des Gambusia. L'eau minérale augmenterait la toxicité de ce produit. Les auteurs ont obténu par ailleurs une diminution de la toxicité du novar en administrant l’eau minérale non plus en même temps, mais préalablement à lui.

Les cures alcalines seront donc recommandées dans les cas où l’on voudra rendre un traitement plus actif, dans les cas d'intolérance même légère, chaque fois que le malade aura une insuffisance hépatique, même occulte.

2°) La crénothérapie peut être utile pour corriger les troubles déterminés par les traitements : Evidemment, comme nous venons d'essayer de le montrer, les cures thermales peuvent éviter jusqu'à un certain point les accidents de la chimiothérapie et au besoin les guérir. Mais en faisant une division un peu schématique de traitements sulfurés comme adjuvant des cures mercurielles et bismuthiques, et cures alcalines adjuvantes des cures arsénicales, nous

ET À CEE

n'avons fait que répéter les notions classiques el maintes fois rediles sur l’aide de la crénothérapie à la chimiothérapie de la syphilis. En réalité, les choses se passent différemment et la question est beaucoup plus complexe, parce que :

— d'une part, on ne se contente plus de soigner un malade par un seul médicament, comme cela se produisait autrefois avec le mercure, et qu’actuellement la thérapeutique pluri-médicamenteuse est la plus généralement prescrite ;

—— et que, d'autre part, comme nous allons essayer de le montrer, le mercure, le bismuth ou l’arsenic ne touchent pas électivement un seul organe ou une seule fonction, en respectant les autres, et qu'il peut se produire des accidents très divers contre lesquels une crénothérapie appropriée doit être prescrite.

C'est dans ces deux ordres d’idées que nous pouvons rap-

peler l’action anti-toxique générale du foie, depuis longtemps connue et qui expliquerait des lésions possibles dans l’hydrargyrisme. M. Fiessinger a en effet montré qu’au cours d’intoxications mercurielles expérimentales, on observait une dégénérescence granuleuse des cellules du centre du lobule hépatique, puis de la zone périportale, Le mercure lèse également le rein. La néphrite mercurielle est trop connue pour que nous nous y attardions. Il semble done que pour le mercure hors de la thérapeutique sulfureuse, une crénothérapie appliquée soit au foie, soit au rein, pourrait avoir ses indications.

Il en est de même pour le bismuth. Les travaux bien connus de MM. Sézary et Lenègre, Gougerot, etc., la thèse de Violette Heimann, Paris, 1933, ont montré la nocivité du bismuth sur le rein. Les travaux de Levaditi, d'autre part, ont montré l’action plus grande du bismuth associé aux extraits hépatiques. Une crénothérapie judicieuse du foie ou du rein, pourrait avoir également ses indications dans la bismuthothérapie.

L'heureuse action de la cure alcaline sur le foie doit être utilisée dans le traitement par les arsénobenzènes, elle permettrait peut-être de signaler moins d’arséno-résistances ct

de cas d’intolérance. Si la cure alcaline est indiquée comme complément de ces (raitements, MM. Charles Flandin, Poumeau-Delille, Turiaf et Boyer ne viennent-ils pas de faire à la Société de Dermatologie et de Syphiligraphie une communication d’un grand intérêt pratique sur l’action « empêchante » des combinaisons soufrées vis-à-vis des accidents provoqués par les arséno-benzènes ?

La question ainsi envisagée semble très vaste, et il paraît possible de dire que, si certaines indications thermales sont évidentes, action du soufre dans l’intoxication mercurielle par exemple, il est des cas où une déficience organique ou fonctionnelle devra modifier les indications ou faire associer les traitements thermaux.

Il semble possible de dire qu'il s'agisse de l'une ou l'autre thérapeutique médicamenteuse, qu'il ne paraît pas exister de cas qui ne pourrait tirer profit appréciable de la crénothérapie, si le praticien, quidé par ses eœamens cliniques, les réactions du malade pendant le traitement, ses intolérances, fait un choix judicieux de la cure.

Enfin, ne croit-on pas qu’accessoirement, après un traitement médicamenteux actif, une climatothérapie, soit d’altitude, soit mariné, ne pourrait pas combattre utilement l’anémie et la fatigue causées par la chimiothérapie et la maladie ; et ne pourrait permettre aussi à l'organisme de récupérer lés ressources nécessaires à l'effort, pour lutter contre l'infection, déclenchée en lui par la chimiothérapie...

3°) La crénothérapie peut avoir une action sur le terrain dont on a si souvent indiqué l'importance dans le traitement de la syphilis et dans sa guérison: Or, c’est justement cette notion de « terrain », qui aujourd'hui généralement admise, semble permettre quelques autres considérations.

Si la thérapeutique agit grâce à lui et par son intermédiaire ;

Si parfois, très exceptionnellement, il est vrai, à lui seul, sans traitement, il est susceptible de donner des guérisons cliniques, et peut-être des immunités, pourquoi n’essaierionsnous pas d'agir sur lui, de le renforcer, de le modifier au

Page 1