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MALADIES COLONIALES ET LEURS SÉQUELLES

Nous croyons devoir envisager deux éventualités.

Le colonial rentre en France avee une apparente santé

Le colonial rentre en France avec des séquelles de maladies coloniales.

Le colonial rentrant en France avee une apparente santé a cependant besoin de se soigner; il doit se soigner, car l'Européen lransplanté sous les tropiques a été soumis aux influences d’un climat nouveau auquel son organisme à plus ou moins de mal à s'adapter. |

La météoropathologie coloniale est riche en exemples : les maladies climalériques, gros foie colonial « calore, troubles psvchiques des coloniaux, ete. La vie familiale, les affinités intellectuelles d’un colonial sont souvent perturbées, il est livré aux agressions d'agents pathogènes inhabituels auxquels son organisme n'offre qu’une résistance faible due à ce qu'il ne peut mettre en jeu une prémunition, une immunité antérieure. L'examen d’un colonial rentrant dans la métropole avec une apparente santé est souvent très instructif, car, minutieusement fait, il est exceptionnel qu'il ne révèle pas un foie un peu déficient, un intestin plus ou moins alone, un certain degré d’anémie ou d'intoxication.

C'est alors qu'une cure thermale précoce et judicieusement appliquée mettra l'organisme en meilleure posture, soil pour continuer une vie normale, soit pour supporter un nouveau séjour colonial.

Beaucoup trop de médecins ont encore lendance à voir dans la eure thermale le (traitement d’exceplion ou le lrailement que l’on applique en désespoir de cause, quand toul l'arsenal thérapeutique à élé épuisé. La cure thermale préventive devrait au contraire être le but essentiel du thermalisme, car nul traitement mieux qu'elle, ne peut faire disparaître des troubles fonctionnels à leur début, et permettre d'éviter une affection plus grave.

Ces données paraissent particulièrement évidentes en méde-

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cine coloniale, car la cure thermale offre un double avanage : ceux même de la cure, ceux du eliral, qui peut apparaîlre chez le colonial rapatrié comme réellement thérapeutique.

Nous croyons que tout colonial, même en apparente bonne santé, devrait à son retour dans la métropole, largement bénéficier des cures thermales et climatiques.

Le colonial rentre en France avec des séquelles d'affections coloniales :

La pathologie du celonial rapatrié peut être qualifiée de « pathologie des séquelles », que l’on pourrait classer très schématiquement en séquelles gastro-intestinales, séquelles hépatiques, séquelles sanguines, mais qui, en réalité, sont rarement aussi différenciées.

Le plus souvent, plusieurs organes sont touchés à la fois, et à des degrés divers. Les lésions sont la plupart du temps en élat d'interdépendance intime.

Une colite post-dysentérique s'accompagne généralement d'accidents hépatiques, et un «beau foie » paludéen ou dysentérique va généralement de pair avee un certain degré d'anémie.

La base de la thérapeutique des séquelles coloniales doit êlre une (hérapeulique physiologique d'ensemble. Elle comporlera une diélélique convenable, un elimat approprié, et un lrailement par excellence : la eure thermale. Lorsque ces trois moyens peuvent être combinés, on a le maximum d’effet curaleur. | :

Nous ne pouvons évidemment passer en revue les séquelles possibles des maladies coloniales et toutes les maladies coloniales que l’on peul constater dans la métropole pour en poser ensuile les indications thérapeutiques. Nous ne pouvons, dans le cadre de ce {ravail, que faire des considérations générales.

Toutefois, nous croyons que les affections le plus fréquemment rencontrées el que peu de coloniaux, après un séjour

plus où moins prolongé loin de la métropole, ne présentent pas, sont le paludisme et la dysenterie. Or l’une et l’autre sont

très justiciables de cures hydro-elimatiques qui vraiment sont actives contre les troubles hépatiques, sanguins, inteslinaux el l’état de dépression qui sont communs à ces deux affections.

Le paludisme paraît en outre être {ribulaire des cures d’alüitude.

Le Prof. M. Guiart, de Lyon, a écrit en effet : « L’altitude exerce à elle seule.une véritable action spécifique sur le paludisme en provoquant une hyperglobulinisation du sang et en amenant un afflux de globules rouges dans les vaisseaux périphériques où les parasites sont sans doute plus facilement allaqués par la quinine.

L'un de nous (M. Guiart), chef du 2° secteur anti-paludéen et adjoint au Service de Santé de la 14° Région conseilla d’organiser des Hôpitaux de paludéens dans les Alpes, afin de rendre impossible une épidémie dans la population civile. II arriva que dans les hôpitaux d'altitude les résultats furent infiniment supérieurs à ceux que l’on obtenait dans les hôpitaux de plaine, le climat de montagne à lui seul paraissait exercer une action thérapeutique sur le paludisme en réduisant le nombre des accès, en favorisant la régénération des hématies et de l’hémoglobine, en diminuant lPhypertrophie de la rate, en améliorant l'état général ».

Il pourrait sans doute en être de même de l’amibiase.

Le paludisme et lamibiase frappent électivement le foie qui réagit fort bien du reste, au traitement médicamenteux de ces affections. Il ne paraîl plus guère influencé au contraire, quand des lésions de sclérose sont venues allérer son parenchyme.

C’est dans ces cas que la cure d'Eaux, visant particulièrement le foie aura sur les troubles fonctionnels une action qui ne pourra être comparée à celle d'aucune autre lhérapeulique.

L'anémie tropicale sera elle aussi tribulaire des cures hydro-climatiques, les eaux arsenicales réussissant parlieuliérement bien dans ces cas.

Nous croyons que les coloniaux, en dehors des affections parasilaires el microbiennes qui relèvent du trailementmédi-

camenteux approprié ont des troubles généraux ou locaux causés en grande partie par la méléoropathologie el sont tributaires à leur retour dans la métropole, de l’action compensatrice de nos meilleurs climats et de nos eaux thermales. Guérir le mal par le bien, où plus exactement rendre largement ce dont un organisme a pendant longtemps élé privé, semble dans ce cas la formule juste. 1

Du reste, l’affluence {rès grande des coloniaux dans nos stations indique bien que cette notion est bien comprise du corps médical el facilement admise par le grand public.

Pour les coloniaux en apparente bonne santé, nous pouvons, crovons-nous, dire que le fait d’avoir subi pendant un temps suffisamment long l'atteinte climatique du milieu tropical provoque le plus généralement sur l'organisme des altérations d'intensité variable allant du simple trouble d'ordre général occulte, au dysfoncltionnement cellulaire, et que ces cas sont toujours lributaires d’un elimal compensateur et de la cure (hermale susceptible, mieux que tout autre, d'amener el de rétablir une santé parfaite.

BIBLIOGRAPHIE

BLANC el BORDES. — Les maladies coloniales dans la pratique des. pays tempérés.

GUIART, GARIN, Marcel LÉGER. — Précis de médecine coloniale.

Ch. Joyeux et A. SICE. — Précis de médecine coloniale (Masson el Cie, éditeur). ‘

J.-J. MATIGNON et ABATTUCCI. — Le bréviaire (hermal du colonial.

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LE TRAITEMENT THERMAL ET CLIMATIQUE DES PETITES AFFECTIONS CHRONIQUES ET DÉS SÉQUELLES DES MALADIES AIGUES

On nous excusera de passer (rès rapidement sur ce chapitre et de nous contenter d'en signaler l'importance ; il est en connexion avec loute la pathologie médicale et chirurgicale, et nous voudrions le {railer en détail, mais nous pensons qu'un travail complet comportant plusieurs volumes y suffirait à peine. Nous serons donc obligé d’être brefs.

Nous devons signaler dans le traitement des petites affections chroniques et des séquelles des maladies aiguës le double point de vue curatif et préventif.

Dans le domaine ceuratif, tout le monde sait trop bien quelle action bienfaisante sur une insuffisance hépatique peut avoir une cure bicarbonalée sodique, genre Vichy ; sur les asthmaliques, une cure du Mont-Dore, ele., ete, et nous pourrions multiplier les exemples à linfini.

Dans les séquelles des maladies aiguës. la méthode qui, je crois, a fait depuis si longlemps ses preuves, de changement d'air et de cure climatique de convalescence et de repos, a suffisamment d'exemples heureux à son actif pour qu'il nous soit nécessaire de faire autrement que de la signaler.

Mais il est des cas où vraiment, hors de ces indications générales, une cure s'impose. Nous noûs contenterons d’indiquer ce que peut faire sur une albuminurie persistante après scarlatine, une cure d'eaux appropriée,

et sur une adénopathie trachéo-bronchique survenue chez l'enfant à la suite d'une maladie infeclieuse, une cure arsenicale, associée au grand air.

Dans le domaine préventif, l’action des cures hydro-chimaliques paraît offrir un intérêt tout particulier, Chez l'adulte, le rôle du Médecin des Caisses d’Assurances sociales et du Médecin d'usine, ainsi que nous l'avons défini, pourrait avoir une aelion particulièrement bienfaisante, en dépistant les affections dès leur début et en essayant de les prévenir par

ce puissant moven que nous possédons dans l'Hydrologie el la Climatologie.

L'œuvre de ces praticiens ne serait pas seulement humainement bienfaisante, elle le serait aussi socialement et scienlifiquement. Combien de cas de maladies, grands fléaux sociaux, pourraient êlre ainsi évités, tuberculose, rhumatismes graves, affections cardiaques, ele.

Le médecin d'usine et le médecin des Caisses d’Assurancees sociales qui peuvent contrôler l’élat sanitaire des classes laborieuses et les faire bénéficier en temps voulu des traitements appropriés, peuvent actuellement beaucoup par une utilisation éclairée el socialement intelligente de nos richesses hydro-climatiques nationales dans un but sanitaire général du plus grand intérêt. È

Celte action sera particulièrement utile quand elle s'appliquera à l'enfance, car c'est vraiment chez elle, comme nous l'avons dit dans notre chapitre sur la prophylaxie de la lubereulose, que l’hydroclimalolthérapie produit les plus héureux effels. C'est à l'enfant que les cures hydro-minérales sont les plus profilables, à dit à maintes reprises le Professeur Landouzy.

Certes, pour arriver à ce programme, qui se place uniquement au point de vue médical, de nombreuses difficultés restent à vaincre.

Les médecins praticiens paraissent souvent méconnaîlre l'importance des effels eurateurs qu'ils peuvent trouver dans lhydroclimalolhérapie.

Une campagne de presse médicale serait utile pour leur rappeler ces notions pourtant évidentes, Il y aurail des difficullés matérielles à vaincre, des organisations à instituer. Nous ne pouvons nalurellement pas envisager la question ni en législateur ni en économiste.

Nous allons nous contenter, après avoir jeté un très rapide coup d'œil sur le passé, de voir ce qui peut se faire à l'étranger el de dire ensuile ce qui peut se faire en France, assurés que LôE ou lard, suivant les possibilités de l'heure, l'hydroclimalisme social étendra progressivement son action bienlaisante aux classes laborieuses,.

PIN ie

Dans ce chapitre à la fois trop long et trop court, peut-être (puisque parfois il neus a été seulement possible de signaler des faits que nous aurions aimé développer pour Putilité de notre sujeb, « sur les buts de l'hydro-climalisme social ». nous nous sommes efforcés de montrer que l'hvdro-clima- ‘üisme élail d'une utilité incontestable dans la lutte contre les maladies sociales. Puisque lhydro-climatothérapie représente un facteur de lelle importance dans la Médecine sociale, nous, allons essayer de nous rendre compte de la façon dont les économiquement faibles peuvent en bénéficier, pour leur bien, celui de leur famille, celui de la Société.

Mais auparavant nous allons, en envisageant seulement quelques maladies sociales, voir nos ressources hydro-climatiques, pour bien objectivement rappeler nos richesses nationales.

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