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certaines cellules qui ressemblent à des éléments ganglionnaires et contiennent du pigment.
A leur suite, Rauger, en 1894, observe la présence de fibres nerveuses et, le premier, décrit des éléments ayant l'aspect de cellules nerveuses.
En 1898, Comre affirme que le pigment, décrit auparavant par Tozpr, se rencontre d'une façon constante en plus des éléments névrogliques et conjonctifs dont la présence ne fait plus aucun doute. Depuis cet auteur, toutes les descriptions se rapportant au lobe nerveux font mention du pigment. Soyer insiste en particulier sur sa présence et sa morphologie.
Cependant l'emploi de la méthode de Golgi avait permis d'élever la neurhypophyse au rang d'organe nerveux. Cagaz y trouve des cellules étoilées et un riche plexus de fibres provenant, au moins chez le rat, d'un ganglion situé derrière le chiasma optique. Get auteur ne se prononce pas sur la nature des cellules dont le corps émet des expansions courtes, fines, à extrémilés verruqueuses, mais pas de cylindre-axe ; par contre, il démontre la nature nerveuse des fibres, tant par leur aspect que par leur origine, et leur trajet descendant tout le long de la tige pituitaire (TELLO).
BerkeLeY, en plus des fibres nerveuses et de la névroglie, conclut à l'existence de cellules nerveuses qu'il rapporte à six types différents.
KôüLcriker et RETzIUS, employant la méthode au chromate d'argent, décrivent eux aussi la névroglie. Pour Rerzius, elle est même si abondante que le tissu conjonctif est réduit aux seules gaines vasculaires.
Somme toute, dès cette époque, la constitution de la neurhypophyse est connue dans ses grandes lignes mal-
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gré quelques divergences d'opinions, Chacune des méthodes employées révélait spécifiquement certains éléments, exagérant ainsi leur importance. Au début, l'emploi des colorants électifs du tissu connectif explique la description unique d'éléments conjonctivo - vasculaires semblant occuper tout le lobe nerveux. Avec la méthode de Golgi, ReTzius exagère l'importance de la partie névroglique au détriment du tissu interstitiel qui, de l'avis de beaucoup d'auteurs, entre pour une large part dans la structure du lobe postérieur.
Grâce à l'emploi de procédés plus récents, comme la méthode à l'argent réduit ou ses modifications, la question neurhypophysaire semble être mise au point d’une facon complète. Citons Casaz, GEMELLI, GENTÈS, TELLO, Joris, SoyErR, parmi les histologistes qui ont contribué le plus à cette étude dont nous pouvons formuler ainsi les grandes lignes : le lobe nerveux est formé pour une grande part de tissu conjonctivo-vasculaire ; dans les interstices de ses mailles larges, on rencontre surtout des éléments névrogliques, des cellules épendymaires plus ou moins nombreuses, et des fibres nerveuses abondantes. ,
Le lobe nerveux possède donc bien une structure véritablement nerveuse. Bien que KôaN et BERKELEY concluent à l'existence de cellules nerveuses, les autres auteurs ne les ont point retrouvées et, à l'heure actuelle, on admet généralement qu’elles n'existent pas. Nous les passerons donc sous silence, dans la courte description que nous allons faire des éléments de la neurhypophyse, en nous reportant surtout aux travaux de GENTÈS, de TELLO, de SOYER.
Finres NERVEUSES. — Depuis l'emploi de la méthodè Cajal, elles ont été mises en évidence d'une façon nette et constante dans la neurhypophyse. Ce sont des fibres « nues », c’est-à-dire sans myéline et sans gaine de Schwann, Extrêmement nombreuses et délicates, elles descendent parallèlement le long de la tige pituitaire, divergent de plus en plus à angle aigu, en atteignant le lobe nerveux, pour donner passage aux nombreux vaisseaux qui les accompagnent et finalement forment un riche plexus périphérique sous-jacent au feuillet juxtanerveux, À ce niveau, les fibres atteignent leur calibre maximum.
Quelle est la destinée des ultimes ramifications des fibres de la neurhypophyse ? Plusieurs auteurs, tels que CAJAL, GEMELLI, GENTÈS, PIRRONE et TELLO, les ont vu entrer en relation par des extrémités libres, soit directement avec les cellules épithéliales qui tapissent les vésicules colloïdes de la région intermédiaire, soit avec des éléments épithéliaux transformés, inclus dans la paroi de ces vésicules et que les auteurs ont comparé à des cellules neuro-épithéliales. Ces dernières cellules s'observent particulièrement bien chez les animaux où la fente hypophysaire persiste pendant toute la vie, tels que le chat et le chien. Nous les avons retrouvées, et nous verrons ultérieurement ce qu'il faut penser et de leur nature, et de leur fonction.
L'existence de ces deux modes de ramescence des fibres dx lobe nerveux autorise à émettre l’hypothèse que les unes sont centripètes et transmettent au sensorium, par l'intermédiaire des cellules neuro-épithéliales, des excitations déterminées, sans qu'on connaisse d’ailleurs le point d'arrivée de ces excitations, tandis que les autres seraient centrifuges et peut-être de nature excito-secrétoire,
ÉLÉMENTS DE SOUTIEN. — Nous décrirons successivément le tissu glial et le tissu conjonctif de soutien, Le premier comprend à son tour les cellules névrogliques et
les cellules épendymaires.
Tissu névroglique. — Les cellules nerveuses décrites autrefois par KRAUSE et BERKELEY doivent rentrer sans doute, ainsi que l’a vérifié KôLLIRKER par la méthode de Golgi, dans le groupe des cellules névrogliques. Dans ce groupe, rentrent aussi beaucoup d'éléments, considérés primitivement comme de nature conjonetive banale. Cette erreur était due à l'emploi quasi-exclusif du liquide de Van Gieson qui colorait en jaune tout ce qui se trouvait dans les mailles conjonctivo-vasculaires, c’est-à-dire des noyaux nombreux, à corps cellulaire peu apparent et mal limité.
La méthode au chromate d'argent a permis de les identifier à des éléments névrogliques. GEnrës confirme qu'il s’agit bien de cellules névrogliques, mais fait observer que leur imprégnation est difficile à obtenir, contrairement à ce qui se passe pour la névroglie du névraxe, et que leur morphologie en est assez différente. Pour ReT- ZiuS, BERKELEY et GEMELII, cette différence va même en s’accentuant du cerveau à l’infundibulum et surtout de l'infundibulum à la neurhypophyse où la névroglie se présente avec une apparence de plus en plus grossière (SOYER).
TELLO, après coloration au bleu de toluidine, a décrit l'élément névroglique comme une cellule étoilée, possédant un noyau volumineux, sphérique, elliptique, ovoïde ou légèrement allongé, et un protoplasme abondant prolongé par de larges expansions ramifiées. Le tannate
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d'argent permet de déceler, dans certaines de ces cellules, des fibrilles pâles qui sillonnent le protoplasma et se continuent par les expansions.
La névroglie du lobe postérieur rentre-t-elle dans la variété protoplasmique à expansions courtes ou dans la variété fibreuse à expansions longues ? De l'avis de beaucoup d’histologistes et de CazaL en particulier, il semble qu'on ait affaire à des astrocytes à expansions courtes terminées par des extrémités verruqueuses, telles qu'on les observe dans la substance grise centrale, où elles constituent peut-être une glande interstitielle annexée au système nerveux. Îl est vraisemblable que c’est en partie sur l'observation de telles cellules névrogliques que Joris base l'hypothèse à laquelle nous ferons allusion dans un
instant.
Tissu épendymaire. — On sait que l’épithélium épendymaire tapisse toutes les cavités du névraxe ; il constitue donc les parois de l’ébauche nerveuse au début de son développement.
Ultérieurement, chez les animaux dont la cavité de la neurhypophyse subsiste pendant toute la vie, l’épithélium épendymaire se retrouve sous forme d’une couche de cellules cylindro-côniques, dont la base est munie de cils, et dont la pointe est prolongée par une expansion périphérique. Au fur et à mesure du développement, cette expansion perd toute connexion avec la périphérie du lobe nerveux et se termine librement après un court trajet.
Chez l’homme, la cavité ne persiste pas; aussi ne trouve-t-on de cellules épendymaires qu’à la partie toute supérieure de la tige pituitaire ou le ventricule moyen
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se prolonge en un tout petit diverticule. Les autres cellules épendymaires se sont transformées probablement en cellules névrogliques.
Pour Jorts, les cellules épendymaires seraient susceptibles de se mulliplier en donnant naissance, soit à des vésicules ciliées, incluses dans le stroma du lobe nerveux, soit à des cellules qui se mêlent aux éléments de la paroi postérieure de la poche de Rathke qu'elles seraient susceptibles de remplacer ; toujours est-il que cet auteur leur attribue une valeur nettement glandulaire.
Tissu conjonclivo-vasculaire. — Il est essentiellement représenté par la coque d'enveloppe périphérique d’une part, et par un trousseau fibreux axial d'autre part. Ces deux systèmes fondamentaux sont complétés par des travées principales qui les relient l'un à l’autre en formant les gaines des vaisseaux. À leur tour, ces travées principales sont reliées par de fines anastomoses connectives mises en évidence par les méthodes d'Achucarro et de Bielschowsky beaucoup mieux que par le procédé de Van Gieson (TELLO).
Cette description cadre avec celle de SOYER : pour ce dernier, la charpente conjonctive divise le lobe nerveux en massifs primaires el secondaires.
Le tissu conjonctif est représenté par des cellules allongées, fusiformes, munies d’un noyau en bâtonnet aux deux pôles duquel s'accumule un protoplasme ‘étiré ct dont les caractères sont ceux des fibroblastes.
Nous rattacherons au tissu connectif certains éléments que l’on rencontre d'une façon plus ou moins constante au sein de la neurhypophyse :
— selon l'âge et l'espèce
le pigment, les corps énigmatiques, les éléments d'ori-
gine mésenchymateuse, enfin les cellules palléales immigrées. Nous adoptons cet ordre et cette nomenclature pour rester en accord avec le travail de SOYER qui nous servira de guide dans le résumé suivant :
Pigment. — Le pigment n'apparaît pas comme une formation quelconque, localisée au hasard. Il se présente sous forme de grains d'aspect et de coloration variables, disposés en amas plus ou moins étoilés, en connexion les uns avec les autres. Ces amas ressemblent à des cellules à pseudopodes dont le contenu seul est révélé et qui constituent les pigmentophores. Soyer leur attribue une origine mésenchymateuse et un rôle double : celui d'incorporer et de véhiculer toutes sortes de détritus nerveux, névrogliques ou épendymaires, et celui de remplacer les éléments détruits ou usés du manteau, en se transformant peu à peu en cellules éosinophiles. C’est ce que l’auteur qualifie « d’épithélialisation par pseudo-parasitisme ».
Pour Livon et PEYRON, au contraire, les pigmentophores seraient des cellules névrogliques élaborant leurs granulations pigmentaires aux dépens des produits du lobe glandulaire et plus particulièrement des cellules palléales éosinophiles et basophiles en voie d'immigration.
Au point de vue chimique, le pigment hypophysaire, de nature mélanique, est comparable au pigment de la zone réticulée des capsules surrénales.
Corps énigmatiques. — Outre les pigmentophores, il existe, disséminés en de rares endroits du lobe nerveux, des corpuscules réfractaires aux colorants, ne possédant pas de noyau propre, mais accompagnés de noyaux con- Jonctifs. Bien que Livon et PEyroN les considèrent comme
le terme ultime de l'involution des éosinophiles et des basophiles issus du lobule paranerveux, Soxer préfère les qualifier « d’énigmatiques » bien que leur aspect rappelle d'une part les corps de Glüge et d'autre part certaines
images de neurophagie.
Eléments d'origine mésenchymaleuse. — Ge sont des lymphocytes généralement groupés en foyers et qui se rapprochent des pigmentophores par leur tendance à l'hyperchromasie, Pour Soyer, cette hyperchromaticité caractériserait tous les éléments envahisseurs non voués à un rôle de soutien, mais fonctionnant comme régé-
nérateurs.
Cellules palléales immigrées. — Les cellules palléales ou constitutives du manteau forment un revêtement épithélial à la moitié antérieure du lobe nerveux. Au point de vue cytologique, elles sont caractérisées par leur aspect granuleux et leur éosinophilie accentuée (SOYER).
Ce revêtement, plus ou moins curviligne en bordure de la fente hypophysaire, présente sur la face opposée des aspérités qui s'enfoncent comme des coins dans le tissu de la neurhypophyse et donnent, en coupe, une image festonnée. Au niveau des pointes, Îles cellules forment des traïnées terminales de moins en moins compactes. Quelques-unes se détachent complètement pour s’enfoncer, isolément ou par groupes, dans l’épaisseur du lobe postérieur. Les cellules ainsi entraînées semblent dégénérer très vite en formant de petites nappes colloïdes, tantôt mal endiguées et répandues en flaques peu visibles, tantôt amassées en vésicules erratiques parfaitement limitées. Nous avons vu plus haut que Joris attribue à ces
vésicules erraliques une origine épendymaire, Quoi qu'il
Mer
en soit, il existe au sein de la neurhypophyse des formations colloïdes qui rappellent en petit celles qu'on observe en plus grande abondance dans la région cystiforme.