NOR
fièvre à 39°-40°, avec nausées continuelles, diarrhée profuse, frissons, sueurs d'aspect pseudo-palustre. Des poussées fébriles de peu de durée ont de même été notées dans l’histoire de la. maladie de M. A.., de l’obs. n° 2, sans autres signes spéciaux, sauf au début de l’ictère où la fièvre élevée survient avec frissons, courbatures, langue sèche, nausées, troubles intestinaux, abattement. En plus de ces deux formes ictériques de leucémie lymphoïde, nous ne retrouvons la même allure aiguë, fébrile, avec courbatures généralisées et asthénie importante, que dans les deux leucémies aiguës ictérigènes de MM. DUTHOIT et DUPÉRIÉ. Dans les six autres observations, les signes généraux existent, mais paraissent moins manifestement en rapport avec l’ictère : ils n’ont pas été si intenses et n’ont pas eu une apparition aussi frappante : l'installation de l’abattement, de l’inappétence, de la fatigue, de l’affaiblissement, de la pâleur combinée à la coloration jaune de la peau, a été progressive.
b) Le syndrome ictérique :
L’ictère cutanéo-muqueux est d'intensité variable : comme nous le verrons à propos des types cliniques, il offre les différents degrés, de la variété subictérique, la plus fréquente, et qui existe dans la moitié des cas, à l’ictère franc de teinte jaune accusée, constatée dans trois observations, à côté de formes ictériques où l’intensité est moyenne. L’ictère peut s’accentuer, ou régresser ou même disparaître. Tantôt en effet, il est passager, prenant l'allure d’un phénomène épisodique survenu au cours de la maladie et ne persistant pas jusqu’à sa fin (cas n° 1 et n° 2, obs. de M. MONGES) ; tantôt c’est un symptôme continu se maïintenant jusqu’à l'issue fatale, au milieu des autres signes de leucémie, tout en restant susceptible d’accentuation ou de régression, moins intense semble-t-il dans les leucémies évoluant lentement, comme celles des premiers cas publiés, et plus net dans les cas de brève durée : leucoses aiguës des observations de M. DUTHOIT. et M. DUPÉRIÉ.
Les urines sont d'aspect normal le plus souvent : six cas sur dix. Dans quatre formes, où l’ictère était net, elles ont été brun acajou, très nettement ictériques.
Les matières fécales ont gardé une coloration normale dans la plupart des leucémies avec ictère : dans trois observations cependant il y eut des selles mastic. Une fois seulement elles parurent très colorées.
Un prurit généralisé n’a été présenté que par deux malades, et de facon intermittente par l’un d’entre eux.
c) Les signes physiques :
L’hépatomégalie existe toujours. Le foie est lisse, douloureux, ferme, ou même très fréquemment dur au palper. Cette augmentation du volume du foie est variable, rapide ou lente; généralement de moyenne importance, de l’ordre de trois à quatre travers de doigt, elle a pu être considérable et atteindre jusqu'à 28 centimètres. La région vésiculaire n’a jamais été particulièrement douloureuse au palper.
La splénomégalie est constante et l’augmentation de volume de la rate semble, à la palpation, varier de quelques centimètres à une trentaine dans le cas où elle est énorme et descend jusqu’au pubis. ;
Une ascite a été observée dans la seule leucémie aiguë de M. DUTHOIT.
L'existence de circulation collatérale a été signalée pour les deux malades de MM. MONGES, OLMER, GASCARD et TIXIER, TROISIER.
Des ædèmes des membres inférieurs ont été notés dans trois cas; ils étaient importants chez le jeune garcon de M. DUTHOIT,
Des hémorragies ont été constatées dans quatre formes : des épistaxis dans trois d’entre elles, des gingivorragies et des taches purpuriques avec signe du lacet au cours d’une leucémie lymphoïde.
d) Les signes biologiques :
Ils sont d’une grande importance pour la pathogénie. L’urobilinurie, lorsqu'elle a été recherchée, n’a manqué que dans la seule observation de M. CHAUFFARD. Elle a été nettement mise en évidence dans la moitié des cas. Cholurie et cholalurie ont été signalées une fois par MM. DUPÉRIÉ, DE LACHAUD et MON-
2e DRE
MAYOU en même temps que l’existence d’une forte cholémie de 85 mg. Cholémie également élevée pour M. M... avec une bilirubinémie indirecte augmentée de façon très caractéristique et égale à 1,25 unité de Van den Bergh, la bilirubinémie directe étant de 1,57 unité de Van den Bergh.
Une anémie nette est fréquente, avec anisocytose, poïkilocytose, et parfois de nombreuses hématies nucléées. Elle a pu faire défaut dans quelques cas, mais dans d’autres, elle a été tellement intense, avec atteinte sérieuse de l’état général, qu’elle a eu une allure pernicieuse et a entraîné des difficultés de diagnostic (obs. de MM. CHAUFFARD, MARCHAL, MONGES). Des hématies granulo-filamenteuses existaient au taux de 10 % dans le cas de M. MARCHAL.
Enfin, dernier signe de grande importance, la présence de fragilité globulaire a été remarquée chaque fois qu’on a pensé à en faire la recherche : légère dans quatre cas, elle était considérable dans deux autres (TIXIER, TROISIER et MARCHAL). Par contre, il n’a jamais été constaté d’hémolysines dans le sérum.
Il est permis de penser que ces signes biologiques auraient été mis en évidence à peu près constamment si les examens complémentaires nécessaires avaient été pratiqués.