‹ Contribution à l'Étude de l'Ictère Post-AbortumChapitre 6 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Notre modeste travail est, avant tout, constitué par la discussion du cas observé dans le service de notre maître le docteur Paraf. Nous étudierons ce cas tout d’abord, dans les moindres détails. Il servira de base.

Il n’est pas exceptionnel ; les faits de ce genre se sont multipliés, en ce qui concerne les ictères apparus dans les jours qui suivent une tentative d’avortement ; que cette tentative ait été ou non suivie du succès ; qu’elle ait consisté en ingestion de produits réputés abortifs ou en manœuvres intra utérines ou dans les deux à la fois.

Tantôt, il s’agit simplement d’un ictère léger, voire d’un subictère qui peut être imputé à l’action des anesthésiques ou à une infection légère. à

Le plus souvent le tableau clinique est infiniment plus grave. Non seulement l’ictère est marqué, mais il s'accompagne de signes généraux graves, température, anémie, hémorragies, associés généralement à des signes de néphrite azotémique réalisant le tableau d’une hépato-néphrite grave. Sans doute leur aspect clinique est-il'des plus variable. Tous les degrés existent dans la gravité apparente des symptômes : hépato-néphrite suraiguë à grand fracas ou, au contraire, simple ictère sans grands signes généraux. Parfois, c’est l’aspect

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d’une néphrite aiguë ; parfois encore, c’est le tableau dramatique d’une anémie grave progressive.

Quoi qu’il en soit, ces hépato-néphrites ressortissent à deux sortes de causes. Tantôt il s’agit d’une origine infectieuse et c’est alors dans la plupart des cas, le bacille perfringens qui est en jeu.

Tantôt, l’origine est toxique. Parmi les abortifs incriminés, l’apiol paraît avoir été retrouvé avec une certaine fréquence.

D'ailleurs, dans un certain nombre de cas, les deux facteurs infectieux et toxiques coexistent, la malade ayant eu successivement recours à des produits toxiques, puis à des manœuvres abortives. Il devient alors extrêmement difficile de faire un diagnostic étiologique.

Or, ce diagnostic précis est d’autant plus important qu’il préside au pronostic le plus souvent des plus graves, en particulier quand le bacille perfringens est en cause.

Cependant, les progrès de la biochimie humorale ont permis d’atténuer quelque peu l'extrême gravité de ce pronostic, permettant d’instituer une thérapeutique adéquate et nous avons tout lieu d’espérer que les guérisons seront de plus en plus fréquentes, comme dans le cas que nous rapportons.

L’apparition post-abortum d’un ictère même léger, d’une néphrite même isolée, est un fait non exceptionnel, toujours grave, soulevent de très délicats problèmes étiologiques, diagnostiques et pronostiques.

Observation de notre malade.

Mille L.. 29 ans, à la suite d’un retard de règles de trois mois absorbe le 1# octobre 1934 0 gr. 50 de quinine qui n’ont aucun effet. Elle. provoque alors l’avortement à l’aide d’une sonde intra-utérine. Des hémorragies se produisent le lendemain et nécessitent son hospitalisation le 3 octobre. On note, avant le curettage, un ictère léger. La température qui était à 38° le lendemain du eurettage revient en deux jours à la normale. Mais le subictère persiste et s'accompagne d’une oligurie trouble. De plus, la malade est très abattue. Le 12 octobre, nous sommes appelés auprès d’elle. A ce moment, la température est à 36°5, 37°, il n’y a presque plus d’ictère, mais le teint de la malade est extrêmement pâle, blafard, donnant l'impression d’une anémie extrême (et cependant les hémorragies qui avaient précédé et accompagné le curettage n’avaient pas été abondantes).

La malade vomit sans arrêt, rejetant immédiatement tout ce qu’ellé absorbe. Il y a une anurie presque complète.

L'examen viscéral est entièrement négatif. Poumons et cœur sont normaux ; la tension artérielle est à 15-10.

13 octobre. L'examen du sang donne les résultats

suivants :

Urée : 4 gr. Globules rouges : 1.040.000.

Globules blancs : 13.200, dont 90 de polynucléaires.

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Pas de formes anormales.

PH 10 RA 2 AVES Plasma ==. DM Glob — 1141 CT glob ose CI plasm.

Une hémoculture faite en milieu aérobie et anaérobie reste négative.

L’examen des urines fournit les résultats suivants :

Albuinine ere 0 gr. 50 par litre.

VTC EE 7 gr. 90 > ChlortmresS serrer enr 8 gr. 80 »

Le culot renferme des cylindres, des leucocytes, des hématies et de très nombreux bacilles. Gram négatifs, que la culture permet d'identifier à du B coli.

Cet état s'aggrave les jours suivants. La malade tombe dans un état de torpeur entrecoupé de vomissements. Les pupilles sont en myosis, on note des tressaillements musculaires.

Examen de sang de Mlle I...

Dales sn MR 15-10 17-10 20-10 22-10 2-11 UTP etes 4 gr. 5g.30 5g.20 4g.80 1g.75 Réserve Alcaline 42,4 48 46 °50 56 CL. Sang total.. 2,42 : 2,53 2,89

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