INTRODUCTION
Rarement observé en France jusqu’à ces dernières années, l’ileus alimentaire, ou occlusion due à un obstacle ingéré avec ia nourriture, a fait l’objet tout récemment de plusieurs communications. Il s'agissait de noyaux de cerise, de pépins de raisin, de morceaux de viande mal mastiqués et gloutonnement avalés. Dans la plupart des cas, on trouve un facteur favorisant, brides inflammatoires dues à une intervention antérieure, sujet édenté, ou psychopathe mastiquant mal. La recrudescence actuelle des iléus alimentaires paraît cependant aussi en relation avec les restrictions, qui incitent à ingérer de grandes quantités d’aliments lorsque ceuxei sont disponibles : fruits, légumes.
Etant donné la rareté de telles observations en France avant 1940, il nous a paru intéressant de rechercher dans la littérature médicale mondiale de ces trente-
cinq dernières années, les observations d’iléus alimentaire, d’en relever chaque fois les conditions étiologiques, l’âge et le sexe du sujet, les aliments responsables, les facteurs prédisposants, le traitement appliqué et ses résultats. Nous avons ainsi pu réniur une centaine d’observations, à la lumière desquelles il nous sera possible d'établir une statistique d'ensemble sur la question qui nous occupe.
Nous nous proposons donc dans un premier chapitre
d'exposer succinctement les observations que nous avons pu recueillir. Nous étudierons ensuite les facteurs étio-
logiques que l’on rencontre dans ces observations. Puis nous en verrons la pathogénie, et les conditions prédisposantes que l’on ÿ trouve le plus fréquemment. Enfin nous préciserons le siège de l’iléus, et l'intervention ou les manœuvres qui lui ont été opposées. Nous verrons que dans l’ensemble, ces accidents sont relativement bénins, et que la mortalité opératoire est assez réduite.