INTRODUCTION
LA
L’iléus biliaire est une occlusion intestinale dûe à la présence d’un calcul biliaire enclavé dans l'intestin. C’est une affection très grave qui exige une intervention chirurgicale immédiate.
Or, pour une décision qu’il faut si prompte, le clinicien est loin de bénéficier d’un de ces symptômes d’alarme, qui dans quelques cas heureux, emportent le diagnostic. Il faut en effet distinguer deux éventualités : tantôt le diagnostic est facile — c’est exceptionnel, tantôt il est difficile — c'est la règle.
Dans le premier cas, le diagnostic s’impose. Un sujet âgé, qui de tous temps, a présenté des manifestations de lithiase biliaire et a récemment subi un épisode digestif douloureux et atypique, est pris subitement de douleurs abdominales. L’intensité de ces douleurs est parfois extrême. Dès le début surviennent des vomissements répétés à courts intervalles, mais le pouls et la température sont intacts. Puis une seconde phase commence pendant laquelle les douleurs se reproduisent par crises, séparées par des moments de tranquillité complète. Les vomissements, fréquents au début, deviennent rares ou même cessent complètement. L'arrêt des matières et des gaz n’est pas absolu, l'abdomen se ballonne lentement.
Si on laisse le malade évoluer, survient la troisième phase, terminale. Les douleurs cessent, le malade éprouve un grand soulagement. Cependant, des vomissements de
liquide fécaloïde se produisent, de plus en plus fréquents ; avec une grande brusquerie, d’une heure à l’autre, le pouls passe de 100 à 120, 140, la tension artérielle s’effondre, la diurèse devient nulle, la mort survient en quelques heures.
C’est l’occlusion intestinale dans ce qu’elle a de plus typique ; ce premier cas ne nous retiendra pas.
Mais, en général, l’iléus biliaire ne se dévoile pas par un tableau clinique aussi éloquent. C’est alors un syndrome abdominal atypique, sans vomissements, sans arrêt du transit intestinal. Les signes généraux sont bons, le ventre est souple, rien n’est perceptible en profondeur : telles sont les conclusions du premier examen. De plus, et c’est là encore une cause d’erreur, les antécédents de cholélithiase manquent de netteté ou font complètement défaut.
Comment, avec une telle symptomatologie, si pauvre, si rassurante même, porter un diagnostic exact ? C’est ce que nous voulons étudier.
Ainsi, de liléus biliaire, affection connue, bien étudiée depuis longtemps, une étude reste toujours d’actualité : celle d’un cas concret, celle d’un cas difficile.
Celui que nous allons envisager nous montrera deux vérités, cliniques et thérapeutiques, qui constituent le fond et le but de notre travail. D’une part, l'apparence clinique ne reflète nullement la gravité de l’affection. Trompeuse pour le malade, elle ne doit pas l’être pour le clinicien, «sur qui pèsent en même temps la plus lourde responsabilité etles exigences de l’analyse la plus pressée et la plus difficile » (Moxpor).
D'autre part, l’iléus biliaire est une occlusion et doit être traïtée comme telle, c’est-à-dire chirurgicalement. LERICHE a insisté depuis longtemps sur cette nécessité, nous y reviendrons sans crainte de redites. L'opération, pour être
do
efficace, ne souffre ni hésitation, ni retard : elle doit être systématique et précoce.
Nous avons, pour suppléer à notre manque d’expérience, fait appel à de nombreux auteurs, à M. H. Monpor en particulier, dont le livre sur les Syndromes abdominaux d'urgence montre avec un réalisme frappant les sévères problèmes de la clinique courante.
Mais surtout, l’observation que nous reproduisons nous semble riche d'enseignement. Nous la devons à l’obligeance de M. le Professeur P. FABRE qui a bien voulu nous guider de son expérience et avec la bienveillance qu’il nous a toujours témoignée dans le choix et la préparation de cette étude.
Contraints de terminer notre thèse en un temps très limité, nous lui demandons toute son indulgence pour un si modeste travail ; nous l’aurions préféré plus digne de lui.