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Ablfeld, dans 2 0/0 des cas.
Cette infection, peu fréquente, ne le cède en gravité à aucune des formes d'infection sévères du post partum ; sa répercussion sur les enfants dont la mortalité s’élève à 80 0/0 dans une statistique récente, en assombrit encore le pronostic.
L'étude de cette forme d’infection de par son pronostic offre donc un grand intérêt; son étiologie touche à la question en partie irrésolue de l'auto et de l’hétéroinfection, enfin son traitement qui doit envisager l’intérêt de la mère et celui de l'enfant, parties souvent adverses et pour l’une desquelles il est parfois nécessaire d'opter, soulève d’angoissants problèmes thérapeutiques.
Sur le conseil de M. le professeur agrégé Jeannin, nous avons entrepris une revue de cette question. Après un court rappel des caractères du liquide amniotique nous étudierons ses qualités comme milieu de culture et esquisserons la bactériologie de l'infection amniotique. Nous rechercherons ensuite l’origine de ces microbes et quelles sont leurs voies d'entrée dans le liquide amniotique. Une fois énumérées les causes prédisposantes de l'infection, nous en tracerons le tableau clinique et le diagnostic. Enfin deux points importants, le pronostic maternel et fœtal et le traitement, clôront notre étude.
Avant decommencer notre travail il nous est agréable de pouvoir remercier ceux qui furent nos maîtres durant nos années d'études. Comme stagiaire ou comme
externe, nous eûmes les leçons de MM. les D" Hirtz, de
ITote Beurmann, Muselier, médecins des hôpitaux, de M. le D: Michon, chirurgien des hôpitaux ; de M.le professeur Netter, médecin des hôpitaux, de MM. Berger et Le Dentu, professeurs de clinique chirurgicale, de M. Raymond, professeur de clinique des maladies nerveuses, enfin de M. le professeur Budin dont nous eûmes le dernier enseignement. Nous apportons à sa mémoire l'hommage de la respectueuse admiration que lui ont gardée tous ceux qui furent ses élèves.
Que M. le professeur Jeannin à qui nous devons l’idée de notre thèse et de qui nous suivimes les leçons érudites et claires lors de notre passage à la clinique Tarnier,trouve ici un trop faible témoignage de notre sincère gratitude. Sa grande bienveillance, jamais lassée, à notre égard, nous apporta une aide précieuse en maintes circonstances. Qu'il veuille bien accepter l’expression de notre plus profonde et durable reconnaissance.
A M. le professeur Walther, chirurgien des hôpitaux, près de qui nous fimes, comme bénévole, nos premiers essais chirurgicaux, nous adressons, pour sa grande affabilité envers nous, nos plus vifs remerciements.
Que M. le professeur Bar qui veut bien nous faire l'honneur de présider cette thèse reçoive ici l’expression
de notre vive reconnaissance.
LE LIQUIDE AMNIOTIQUE
Incolore, complètement séreux dans les œufs de deux à quatre mois, le liquide amniotique dans les œufs plus âgés, se trouble et prend un aspect d’eau de savon, dû aux grumeaux de matière sébacée fœtale qu'il tient en suspension.
Son odeur est fade, spermatique (Tarnier), sa réaction, alcaline ou neutre.
Sa quantité, très variable d’un sujet à l’autre et chez la même femme suivant l’âge de la grossesse est, en moyenne, de 500 grammes.
Égale en poids au fœtus vers le milieu de la gestation elle est, d’après Tarnier et Chantreuil, cinq ou six fois moindre au terme de la grossesse, La composition chimique du liquide amniotique a été établie par les analyses de Labruhe qui en donne la formule moyenne suivante, pour 1000 :matières extractives sèches, 12,07 ; NaCI, 5, 596 ; phosphate neutre de soude, 1,464 ; sulfate neutre de soude, traces ; pas de sels de chaux ni de potasse ; albumine (sérine),2,533 ; matières grasses,
0,368 ; urée, 0,42; mucine, albuminose, glycose, 1,689 ;
eau, 987,93. Chiffres à rapprocher de ceux de Hoppe- Seyler et de Bar et Belloy.
Dans vingt-cinq cas de liquide amniotique normal prélevé avant la rupture de la poche des eaux, Bondi a constamment décelé de la pepsine, du ferment amylolytique, le ferment dédoublant le salol, une enzyme analogue au fibrin-ferment et parfois de la lipase dont la .présence exceptionnelle a été établie par Garnier et A. Fruhinsholtz. Ce dernier caractère rapproche le liquide amniotique de l’urine qui, elle aussi, contient peu de lipase.
D’après Xonstantinovitch, la teneur en graisse varie entre 0,80 et 4,5 pour 1000 avec une moyenne de 2,50.
Enfin on a rencontré dans le liquide amniotique diverses variétés d’albumines (Iscovesco), de la cholestérine, des savons, de la créatine et de la créatinine.
Cette composition si complexe varie avec l’âge de la grossesse. D’après Labruhe, à mesure que celle-ci approche de son terme normal, les matières extractives sèches, l’albumine et les sels fixes diminuent tandis que l’urée semble augmenter. Pour Prochownick (in Dieulafé et Gilles) le degré de concentration du liquide amniotique eroîtrait dans la première moitié de la gestation pour diminuer rapidement dans la seconde moitié.
Les éléments cellulaires contenus dans le liquide d’un œuf normal à terme sont presque exclusivement, d’après Daniel, des cellules épidermiques fœtales, quelques rares cellules amniotiques, quelques leucocytes, surtout polynucléaires, et exceptionnellement des g'l0-
bules rouges. Seules les cellules épidermiques et am-
Pose |
niotiques doivent être regardées comme entrant dans la cytologie normale du liquide amniotique. La présence des leucocytes serait, pour Daniel, sousla dépendance de l'infection bien que, deux fois sur cinq, il ait rencontré des globules blancs (lymphocytes surtout) en l’absence de microbes.
L'origine du liquide amniotique dont nous venons de rappeler les caractères physicochimiques, est une des questions qui ont suscité le plus d'hypothèses ingénieuses, d'expériences contradictoires et qui reste encore, à l'heure actuelle, sujet à controverse.
Pour Prochownick le liquide amniotique serait un produit de sécrétion de la peau et des reins du fœtus, des reins surtout pour le professeur Bar.
D’autres auteurs regardent le liquide amniotique comme un transsudat des vaisseaux maternels et fœtaux ; pour d’autres enfin, à cette source viendrait se joindre tardivement la sécrétion urinaire fœtale.
Les expériences se sont multipliées en faveur de chacune de ces opinions. Les plus nombreuses ont établi l'existence de courants dirigés du liquide amniotique vers la circulation maternelle et inversement, sans emprunter la voie fœtale, montrant ainsi la réalité de l’apport maternel dans la genèse du liquide amniotique.
Rappelons seulement les expériences de Tærngren (Comptes rendus de la Société de Biologie, 1888) avec l’iodure de potassium, de Vicloux avec l'alcool, de Bar, de Gusserow, ete.
Les recherches cryoscopiques faites en vue d’éluci-
der le problème, ont montré que le liquide amniotique
à la fin de la grossesse est hypotonique par rapport au sang maternel et au sang fœtal(Keim) et qu’il doit, par suite, exister des courants de l'œuf vers la mère et le fœtus.
Récemment L. Jacqué utilisant la méthode cryoscopique a constamment trouvé les sérums sanguins maternel et fœtal équimoléculaires entre eux et hypertoniques vis-à-vis du liquide amniotique.
De ses recherches sur le mouton, le lapin et la femme, il conclut que « l’eau et les sels dissous du lipuide allantoïdien semblent bien être fournis, à part peut-être une petite quantité initiale, par l’urine fœtale. L'eau du liquide amniotique procède de la mème origine ; ses sels lui sont fournis en partie par les vaisseaux fœtaux d’où ils sortent par diffusion etpeut-être aussi, dans les stades avancés, des vaisseaux de lamuqueuse utérine, par un mécanisme analogue ».
Mais ces recherches ni les précédentes expériences ne donnent une solution parfaite du problème. De plus, il semble qu’il faille tenir compte de l’activité sécrétoire de l’épithélium amniotique que Mandl a eonstatée dans le cas d’hydramnios expérimentale par néphrectomie double chez une lapine pleine, et Carlo Pinto sur des coupes histologiques d’amnios normal.
Sans adopter absolument l’une ou l’autre de ces solutions qui contiennent sans doute chacune une part de vérité, nous retiendrons seulement, de cet exposé, l'existence entre le liquide amniotique et la circulation maternelle de relations étroites qu’utiliseront les toxi-
nes de la mère pour pénétrer dans l’œuf.