TUE
Le gain devient l'idéal conscient ou non, qui maiti-
tient et sollicite sans cesse la tendance au risque. « Le jeu est une chasse dont le gibier est l'or. »
« Comme les jeux de hasard impliquent l'espoir d'un profit matériel ou pécuniaire ou simplement l'honneur d'avoir lriomphé, il y a les émotions de la lutte contre les adversaires présents ou contre cet inconnu qui est le hasard : plaisir de la victoire, douleur de la défaite suivie d’une réaction vers la revanche, exaltation et dépression. Tout cela constitue cet état de perpétuelle alerte qu'on nomme la fièvre du jeu. Gest l'attente concentrée et exaspérée. Le contenu de cet état d'attente est : gain ou perte, victoire ou défaite. » (Ribot.)
Tel individu n'a qu'une tendance, qu'un désir : exposer l'or qu'il a gagné aux mêmes chances. Jouer est sa vie.
La soif de l'or, l'espoir d'un gain facile, la richesse d'émotions violentes et variées, l’oisiveté, tels sont les éléments que l'analyse découvre dans eette maladie morale, l’une des plus contagieuses et des plus funestes.
La physionomie morale de cette passion varie selon les différentes espèces de joueurs et, d'un autre gôté, des sensations contraires qui les agitent, se détruisant réciproquement, ne présentent que des traits confus et presque insaisissables,
Tour à tour insouciant et inquiet de l'avenir, il fuit la solitude et les plaisirs ordinaires qui sont insipides.
Le joueur aime les émotions du jeu et n'aime que cela.
Dévoré d'impatience concentrée, le joueur se raidit dans une inimobilité de statue.
5es yeux ont par instant un éclat terrible. Une fièvre élrange s'allume dans son sang et dans son cerveau. Il oublie l'heure du repos : la faim et les autres besoins sont comme suspendus,
Le docteur Veron a observé plusieurs joueurs dont la santé était parfaite tous les jours de gains, tandis que tous les jours de perte ïls souffraient du fer chaud acconipagné de nausées, de vomissements, de douleurs de la tête, d'une soif ardente et d'un malaise général.
La mélancolie, la pauvreté, la folie, le meurtre, le suicide sont les aboutissants habituels de cette déplorable passion, lorsqu'elle atteint ses paroxYÿsnres frénétiques.
Le retentissement qu'elle exerce sur les organes n’est pas moins direct et bien des joueurs finissent comine des cardiaques.
M. B. Levraud a remarqué que les joueurs étaient très sujets aux engorgements des viscères abdominaux, ainsi
qu'aux anévrysmes de la crosse de l'aorte.
Que dirons nous des courses dont Ja mode parait ôtre aujourd'huifà son apogée ?
La passion des courses est proportionnellement moins émotionnelle mais plus contagieuse que celle du jeu.
L'influence qu'exerce cette passion sur les fonctions organiques dépend du degré de Ja sensibilité propre de l'individu.
NO
Les palpilations, syncopes, crampes d'estomac, crises de diarrhée sont souvent la conséquence de l'émotion qu'elle produit.
A la suite de leurs émotions, l’anémie, faiblesse générale, troubles digestifs, troubles cardiaques, troubles ncr°veux — consistant sutout en insomnie, hypérexcibilité — sont l'apanage fréquent de cette funeste passion.
On parvient souvent à surmonter ces passions si dangereuses et si nuisibles en s'imposant à soi-même une volonté de ne pas salisfaire leurs désirs. Ici encore la puissance de la volonté est justiciable du traitement mo-
rale de l’homme entrainé par ces passions.