SOS
Nous connaissons tous le plaisir et la douleur. [ls ne sont jamais confondus avec la pensée, ils mettent la volonté en jeu. Quelquefois nous sommes excités où réveillés, nous sentons quelque chose qui n'est ni plaisir ni douleur. Tel est le choc de la surprise, telles sont aussi les émotions qui accompagnent souvent la cessation de
l'état de plaisir et de douleur proprements dits.
Ribot réduit à deux groupes les phénomènes causés par l’'ébranlement émotionnel : 1° modifications de l'innervation musculaire ; 2° modifications vaso-motrices.
Il décompose l’état émotionnel de Ia façon suivante :
1° Un état intellectuel, perception ou l'idée ;
>° Un état affectif, l'émotion ;
3° Les états organiques et les mouvements résultats de cette émotion.
« Les émotions, écrit Longe, sont des entités, des forces, des substances, des démons qui saisissent. l'homme et déterminent chez lui des manifestations physiques et mentales, la tristesse m'a saisi, une joie m'est venue, la colère me domine, l'effroi m'envahit. »
Elles provoquent et déterminent leurs expressions physiques, c'est-à-dire une sorte de réalisation physique.
Chaque émotion coïncide toujours avec les caractères physiques précis, elle à sa physionomie propre au point de vue mental et au point de vue organique.
Longe avait établi deux phénomènes primordiaux de
l'émotion : les phénomènes musculaires et les phénomènes vaso-moteurs. « L'émotion, écrit-il, n'est que la conscience des variations neuro-vasculaires. » Toutes les variations secrétoires, nutritives, motrices, thermiques ou psychiques qui la caractérisent sont, d'après lui, des conséquences de l'état circulatoire ou vaso-moteur.
« Les phénomènes moteurs et organiques, écrit Paul Dolché, qui résultent de l’ébranlement et de la diffusion sont sténiques ou asthéniques suivant que les émotions sont excilantes ou dépressives. »
« Le choc psychique a des effets soit d’excilation, soil de dépression, soit de déviation fonctionnelle. » (Dupré).
« Si l'intensité du choc émotionnel est un facteur de premier ordre, chez certains sujets les émotions répétées créent un état de déséquilibre nerveux qui s'exagère graduellement, à mesure qu'elles se répètent, et il se produit ainsi à la longue et quelquefois rapidement, une sorte d'hypersensibilité, un état d'oxaphylaxie émotive (Dupré) et chaque émotion tend de plus en plus à se traduire par des effets hors de proportion avec sa cause. L'épuisement nerveux, au moindre traumatisme, fera monter à la surface les conséquences de l'émotion. » (Dalché).
L’émotion ne peut se produire en dehors des variations physiologiques, physico-chimiques, mécaniques.
Suivant la quantité des éléments organiques et des éléments sensitifs correspondants qui font l'intensité de l'état émotionnel, chaque émotion agréable ou pénible se présente avec des troubles soit violents, soil durables.
Chaque émotion peut pour cela rentrer dans le domaine
HD
de la pathologie, parce qu'elle peut aller jusqu'à briser
les ressorts de l'organisme.
Mosso nous à appris les effets généraux vaso-constricteurs de l'émotion.
La réaction vasculaire périphérique qui produit la päleur s'accompagne volontiers d'une réaction vasculaire profonde consécutive, aboutissant à la congestion viscérale.
En même temps que la tachycardie émotive (Vaquez, Lian, Mallet), cause fréquente d'hypertrophie du cœur (Collet), l'émotion provoque une élévation de la pression artérielle suivie d’'hypotension (Etienne et Richard). Les émotions répétées amènent une hypertension permanente,, la pression, surtout la minima, s'élève d'une façon progressive (Delavierre). Ces états sont en rapport avec la vaso-constriction périphérique.
« La colère, Ta peur, la fatigue s'accompagnent souvent de changement dans la constitution du liquide sanguin, » (Ribot). Polyglobulie, hyperglycémie, diminu- Lion de lalcalinilé, augmentation de la coagulation sont les manifestations sanguines qui traduisent les changements dans la constitution du sang. Ces manifestations témoignent done l'influence qu'exercent les émotions sur les organes hématopoïétiques.
On à remarqué qu'une émotion vive peut provoquer des vomissements biliaires, de l'ictère, quelques perturbations gastro-intestinales, des crises de diarrhée, des
Lroubles urinaires (polyurie), des palpitations persistantes