CHAPITRE HI
INTRADERMO-RÉACTION A L'HISTAMINE
Technique personnelle.
De nombreuses notions ont été acquises sur Les caractères analytiques de la réaction cutanée à l’histamine et sur sa valeur séméiologique, parfois même pronostique. En: vue de contribuer à son étude nous avons employé une technique nouvelle. La surface de l’érythème a fait seule Fobjet de nos recherches ; nous n'avons considéré qu'incidemment. les autres manifestations de la triade de Lewis pour la raison . que les catégories de malades auxquelles. nous nous sommes adressé ne fournissaient aucune variation caractéristique du point rouge ou. de l’œdème. La plupart du temps ces deux signes ne subirent aucune altération visible statique ou évolutive. .
La technique que nous allons décrire a été appliquée à un certain nombre de sujets. normaux pour établir des comparaisons. th uns 19
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La technique employée: .
JL” injection intra-dermique telle que nous he pratiquons, ne diffère en rien des injections intradermiques habituelles. Le sel d’histamine utilisé est le bichlorhydrate de $-imidasoléthylamine (Imido-Roche) présenté en ampoules dont chacune de 1 cc. contient ! milligramme du sel. A l’aide d’une seringue de 5 ce. et d’une aiguille fine et courte pour injection intradermique, on introduit dans l’épaisseur du derme deux dixièmes de centimètre cube d’histamine.
Mais au lieu de pratiquer une piqûre, comme il est fait ordinairement, nous en faisons systématiquement six ou huit toujours dans les mêmes régions : à la face externe des bras et avant-bras, à la face antérieure des cuisses et à la face antéro-externe des jambes, vers le milieu du segment du membre. Ainsi la dose injectée est de 1 cc. 2 à 1 ec. 6.
Le sujet est couché, les bras le long du corps et les jambes étendues pour éviter les modifications circulatoires susceptibles de retentir sur la réponse, modifications que Roussy et MosiNGEr, à la suite de diverses expériences, ont indiquées ; telles l'apparition retardée et l’étendue réduite de la plaque érythémateuse dans la position du bras levé au-dessus de la tête.
Nous pratiquons les injections dans l’ordre suivant : bras gauche, avant-bras gauche, bras droit, avant-bras droit, cuisse gauche, jambe gauche, cuisse droite, jambe ‘droite. La seringue est remplie ‘de 2 cc. d’histamine, de façon à ne laisser que l’intervalle minimum indispensable entre les injections.
DR Nr 4 LPUE
Certains auteurs ont introduit l’histamine dans le derme de la région préstérnale. Après quelques essais, nous avons abandonné ce procédé ; la trop grande variabilité des réponses érythémateuses soumises au sexe et à l’âge des sujets, la fréquence, chez la femme, d’un érythème pudique concomitant que peut rendre durable l'injection histaminique, la difficulté d’observation chez certains hommes au système pileux très développé, nous y ont contraint. Au cours des dix minutes qui suivent la première piqüré, on observe la constitution de la triade de Lewis et l'apparition possible des signes secondaires. A la dixième minute, on circonscrit, à l’aide d’un crayon dermographique, la boule d’œdème et l’érythème, dans le même ordre que celüi des injections. Sur un papier à décalquer on relève l’aspect topographique de ces réponses cutanées en même temps qu’on analyse les caractères de teinte et d’intensité.
Nous nous sommes attaché plus particulièrement. à l’examen de la plaque érythémateuse dont nous calculons la surface sans défalquer celle de la papule d'œdème, le plus souvent excentrique mais incluse dans cet érythème. Le calcul de cette surface est simple, il suffit de poser le papier transparent sur une feuille de papier millimétré et de compter les carrés et les portions de carrés circonscrits par le dessin. On lexprime en centimètres carrés. Il arrive, rarement d’ailleurs, que la plaque ait une aire géométrique. suffisamment caractérisée (ellipse) pour qu’on puisse calculer sa surface selon les règles mathématiques. mais le procédé n’est pas plus rapide.
EE à 2
- Dicxer découpe la reproduction calquée et la pèse. Ce procédé exige pour aboutir une balance de précision et un papier choisi d'épaisseur constante. Les poids sont de l’ordre des dizièmes de milligramme ; les particules de crayon peuvent à elles seules fausser les résultats. |
Provoquer six ou huit réactions simultanément en des points symétriques deux à deux, où la contexture du derme a le plus de chance d’être histologiquement et physiologiquement constante, permet de tirer des indices généraux moyens qui traduisent la sensibilité cutanée moyenne du sujet et des rapports entre les réponses aux différents étages. S'il s’agit de troubles nerveux portant sur un côté du corps, on peut rechercher le rapport existant entre le côté malade et le côté sain.
L'indice général est donné par la moyenne des surfaces de toutes les réactions.
L'indice du membre supérieur par celle des surfaces des réactions aux membres supérieurs.
L'indice du membre inférieur, par celle des surfaces des réactions aux membres inférieurs. |
Nous avons, de plus, établi dans chaque cas le rapport des deux indices en divisant le premier par le second. Ce rapport exprime la prédominance des lésions circulatoires dans l’un ou l’autre étage, mais il doit être examiné en présence de l'indice général qui traduit le degré d’altération de la réaction histaminique comparativement à la normale. Chez les individus sains, ce rapport oscille dans des limites assez larges (0,8 à 1,4) ; mais il ne saurait ici dépister