DE B
reportant aux travaux de M. RavauLr sur les artérites oblitérantes dés membres et sur la gangrène diabétique nous essayerons d’éclairer:ces faits & priort
se
paradoxaux.
De l’étude des signes artériels objectifs, des re-
cherches oscillométriques en particulier, et de l’étude anatomo-pathologique des lésions artérielles au cours des gangrènes des membres 1l se dégage deux faits :
a) La gangrène peut être due à l’oblitération d’un vaisseau de gros calibre, par exemple un vaisseau athéromateux atteint à la fois d’endartérite véBée tante et de thrombose. |
b) La gangrène peut être aussi le fait d’altérations localisées aux artères périphériques de fin calibre, alors que les artères situées en amont sont intactes ou du moins perméables. |
Dans le premier cas, on assiste au début à des signes d'arrêt circulatoire dans un territoire important ; avant qu'apparaisse la gangrène il se produit des phénomènes ischémiques, refroidissement, elaudication intermittente. Les oscillations sont diminuées, parfois complètement Que qu côté malade par rapport au côté sain.
Dans le second cas il n’y a pas de signes prémonitoires, la gangrène apparaît dans des: tissus chauds. sans être précédée de phénomènes ischémiques ; les artères de gros calibre ne sont pas! oblitérées, bien qu'elles présentent presqué toujours des lésions indiscutables (Bouvsser). Les oscillations sont conservées
et à peu près semblables des deux côtés, ou encore elles sont augmentées du côté malade par rapport au côté sain : il y a hyperpulsatilité paradoxale (Ra- VAULT, 1925). Ainsi «il y a coexistence de troubles ischémiques et même de gangrène avec une exagération paradoxale de la pulsatilité ». Ce qui illustre bien que « la pulsatilité d’une artère n’est pas toujours le reflet exact de sa perméabilité ét du degré d’irrigation sanguine qu'elle assure aux HisAUs » (Ra- VAULT.) :
En face de’ces deux formes anatomo-pathologiques de gangrène, l'interprétation de l’épreuve à l’histamine est effectivement éclairée :
A la première se rattache la majorité des artérites non diabétiques, en particulier les artérites séniles ; c’est une forme rarement observée dans les artérites diabétiques. Au contraire, celle-ci revêt le plus fréquemment la seconde forme : « L’artérite diabétique se distingue en effet par la rareté des oblitérations complètes, par leur localisation distale qui frappe des segments limités d’artères de fin calibre et épargne relativement les grosses. » (RAvAULT.)
C’est pourquoi il paraît légitime d'interpréter les résultats de l’épreuve à l’histamine selon l’hypothèse suivante :
Au cours de l’artérite diabétique la perturbation de l’érythème réactionnel semble résulter des lésions sténosantes des artérioles et des capillaires, alors qu’au cours des artérites non diabétiques ces vais-
seaux de fin calibre étant intacts, ils gardent vis-à-vis de l’histamine leur faculté de réaction ; ce que semble établir la constitution d’un érythème normal.
En outre, il apparaît qu’au cours du diabète, l'épreuve à l’histamine puisse mettre en évidence le siège et l’étendue des lésions artério-capillaires, et ceci avant les premières manifestations cliniques d’artérite. Au contraire, dans les artérites non diabétiques cette épreuve ne nous permet pas actuellement de conclusions de cet ordre.