OBSERVATION II
Garçon de 4 ans 8 mois, entre à l'Hôtel-Dieu, le 25 août 1894 à 4 h. 1/2 de l'après-midi.
Enfant malade depuis le 22, vigoureux. Fausses membranes sur les deux amygdales et sur les piliers antérieurs. Ganglions engorgés.
Tirage manifeste, râles de bronchite dans toute la poitrine. Temp. 38°.
A 7 h. 1/2, tirage a augmenté. Intubation faile par notre collègue et ami Dufrêche. Tube n° 4, facilement introduit,
Soulagement grand. Enfant boit un peu de lait et s'endort.
26 août. Etat grave. Respiration facile, mais fréquente. Ràles fins de broncho-pneumonie. Temp. matin 395, soir 40°2.
27 août. Journée mauvaise. Etat S'est encore empiré.
A 6 h. 1/2, nous irouvons l'enfant au plus mal Dyspnée bronchique intense. Figure cyanosée, extrémités froides.
A tout hasard nous enlevons le tube que nous trouvons libre. Pas d'amélioration.
Quelques instants après nous le réintroduisons, l’enfant respire toujours mal.
Nous nous décidons alors a faire la trachéotomie après avoir de nouveau enlevé le! tube.
L'opération est très rapidement conduite et la canule facilement introduite sur le doigt. Mais l'enfant cesse aussitôt de respirer et ne peut être ranimé malgré 3/4 d'heure de respiration artificielle.
AUTOPSIE. — Amygdales et fond de la bouche tapissés de fausses membranes épaisses. Dans le larynx quelques fausses membranes adhérentes surtout au niyeau des vertricules.
La trachée est libre, mais au niveau de la naissance des bronches nous trouvons une énorme fausse membrane tubulée, épaisse, longue comme la trachée qui
est entassée et repliée sur elle-même de manière à obturer complètement les voies respiratoires.
Les bronches sont elles-mêmes garnies de fausses membranes.
Poumons congestionnés avec des foyers pneumoniques.
Cœur et reins sains,
Foie normal.
Cette observation nous montre que lacanule peut encore mieux que le tuberefouler les fausses mem-: branes. Et la moft de beaucoup d'enfants restés sur la table a eu sans doute pour cause ce mécanisme et non un réflexe quelconque.