CRITIQUE DE L'IODO-RÉACTION
Nous avons dit au cours de ce travail que, dans les réactions tant négatives que positives, l’iode n’existait pot à l’état libre dans l’urine après addition d’iodoréactif. |
M. le pharmacien-major Ebren, dont la bonté fut inépuisable, a bien voulu faire sur ce point quelques recherches de contrôle. Dans l’ensemble des cas notre proposition reste vraie. Mais il existe toutefois une exception que M. Ebren qualifie du nom d’iodo-réachon fausse. Il s’agit d’urines qui, sans présenter l’iodo-réaction proprement dite, ne fixent point l’iode libre qui peut de ce fait en imposer pour une 10doréaction positive.
Tout d’abord l’on peut ainsi classifier les urines précédemment examinées :
1° Urines ne présentant pas l’iodo-réaction. — Si à ces échantillons, traités suivant la technique de l’auteur, l’on ajoute quelques gouttes d’empois d'amidon, celui-ci reste totalement incolore, mais 1l est possible de mettre l’iode en liberté (vraisemblablement combiné sous forme minérale, d’iodure) par l’action d'acide nitrique nitreux; par agitation avec du chloroforme il est possible de séparer ce dernier, coloré en violet. |
2% Urines présentant l’iodo-réaction. — Il semble que l’on doive les ranger en deux classes : |
a) Urines présentant une iodo-réaction vraie : dans ce cas, l’empois d’amidon n’est pas coloré après son addition à l’essai; ce sont des urines qui absorbent, dans l’essai qui sera décrit plus loin, une notable proportion d’iode.
b) Urines présentant une /awsse 1odo-réaction : dans ce cas, la solution d’empois d’amidon se colore en bleu intense par suite de liode libre ; ce sont des urines qui, dans l’essai d'absorption, absorbent une faible quantité d’iode ; d’ailleurs, ces urines présentent ou ne présentent pas l’iodo-réaction suivant le moment de l’émission chez le même mdividu.
Dans les deux cas, a) et b) le traitement par l’acide nitrique nitreux met en liberté de l’iode caractérisable : sans doute parce qu’à la réaction positive de l’iodo-réaction se superpose la réaction habituelle des urines normales (cf. 1°).
Lorsqu'on essaie de se rendre compte de la quantité d’iode que peuvent absorber 10 centimètres cubes d’urme, l’on remarque, en effet, que ces urines pré— sentant la fausse 1odo-réaction, qui se comportent sensiblement comme une solution très diluée, absorbent une quantité de solution décinormale d’iode, inférieure pour la prise d’essai à 1 centimètre cube, voisine le plus souvent de 0,3 centimètre cube. Les urines normales ne présentant pas l’iodo-réaction absorbent en moyenne 1 centimètre cube de la même solution. Enfin, les urines présentant une iodo-réac— üon vraie absorbent une quantité de solution déci-
À | SA 6 —… normale d’iode qui paraît élevée, voisine le plus souvent de 1,5 centimètre cube et parfois égale à 2 centimètres cubes. En outre, la coloration bleue persistant quelques secondes et qui est la coloration finale est précédée de teintes intermédiaires.
Les essais qui précèdent, et que nous empruntons littéralement à M. Ebren, ont été obtenus par lui au moyen d’une technique qu’il a ainsi fixée :
10 centimètres cubes d’urine sont dilués à 50 centimètres- cubes de l’eau distillée et additionnés de solution d’empois d’amidon. L’on y verse goutte à goutte une solution décinormale d’iode jusqu’à obten— üon de la teinte bleue persistante et sans tenir compte des colorations intermédiaires.
A l'appui de ce qui précède, nous publions les deux tableaux suivants, dont l’un concerne l’absorption de l’iode par l’urine normale et l’autré par l’urine pathologique. Pour ce dernier tableau, 1l s’agit de malades précédemment examinés dont nous ferons paraître l’observation sous la rubrique déjà employée.
Sujets normaux.
Iode absorbable par 10 centimètres cubes d'urine dans les conditions d'essai relatées :
Echantillons : 3 o cm 95 ne 22. 870 2 WE cm? ne présentant pas ki DE SC CA3 l’iodo-réaction.
= ARTE LE & | 1 cm — 5 . 5 o cm® #4 Iodo-réaction intense, mais sans
doute fausse. Iodo-réaction : coloration intense de l’empois d’amidon, Un échantillon, recueilli chez le même sujet quelques heures après et le lendemain, n’a pas présenté l’iodo-réaction. La quantité de solution absorbée était alors de 1 centimètre cube.